Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a dit espérer que les autres Etats de l'organisation entendraient ses "inquiétudes"
Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a dit espérer que les autres Etats de l'organisation entendraient ses "inquiétudes"
Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a dit espérer que les autres Etats de l'organisation entendraient ses "inquiétudes" ©AFP - Adem ALTAN
Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a dit espérer que les autres Etats de l'organisation entendraient ses "inquiétudes" ©AFP - Adem ALTAN
Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a dit espérer que les autres Etats de l'organisation entendraient ses "inquiétudes" ©AFP - Adem ALTAN
Publicité
Résumé

Alors que la Finlande et la Suède frappent à la porte de l’OTAN, jusqu’ici la Turquie s’oppose à leur adhésion. Au Liban, "le baptême du feu" des nouveaux députés.

En savoir plus

La Turquie va-t-elle jouer les trouble-fête dans la famille de l’OTAN en voie d’élargissement ? C'est la question que se pose le quotidien suisse Le Temps. Helsinki et Stockholm ont officiellement déposé leur dossier mercredi 18 mai, mais la Turquie a clairement exprimé son intention de ralentir la procédure, voire de la bloquer alors que l’unanimité des membres de l'Alliance est impérative pour acter cette double adhésion jugée historique, mais dont le processus s’annonce bien plus difficile que prévu, estime le Washington Post.

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.

Le président Recep Tayyip Erdogan reproche en fait aux deux pays et surtout à la Suède d’abriter des membres du PKK, le Parti des travailleurs du Kurdistan, contre lequel la Turquie est en guerre depuis près de 40 ans, et qu’elle considère comme une organisation terroriste.

Publicité

Ankara demande ainsi à la Suède et à la Finlande d’extrader 33 personnes, soupçonnées de "terrorisme" par la justice turque. Il s’agit surtout de proches du PKK, mais aussi de membres présumés du mouvement güleniste, du nom de cet ancien allié d’Erdogan, accusé par le président d’avoir organisé la tentative de coup d’état en 2016. L’ambassadeur de Turquie en Suède a également réclamé la fin de tous les liens entre Stockholm et la milice kurde YPG, active en Syrie, rapporte le quotidien suédois Aftonbladet.

L’Expressen a de son côté publié dans un éditorial à part, ces propos de la présidence turque : "L’adhésion de la Suède ne peut pas se faire tant que les inquiétudes fondées de la Turquie ne seront pas dissipées. Si vous voulez que la deuxième armée de l'OTAN vous défende en cas d'agression, vous devez accepter cette réalité".

Et en Suède, l'affaire provoque un véritable débat sur l’indépendance du pays en matière de politique étrangère, commente ainsi Le Temps. Stockholm, qui abrite une forte diaspora kurde, s’est toujours montrée prête à accueillir des personnalités plus "proches" du PKK. La question se pose désormais : la protection de l’OTAN vaut-elle de céder sur cette question, pour un pays qui s’enorgueillit de protéger les droits de l’homme ?

Une conséquence douloureuse mais nécessaire

Aftonbladet par exemple, donne son avis. Et se souvient que la plupart des demandes d’extradition émises par la Turquie ces dernières années concerne des journalistes, muselés dans leur pays. "La Suède doit clairement signaler à Erdogan que la liberté d'expression est sacrée, souligner que les opinions et les actes terroristes sont deux choses très différentes", plaide le quotidien.

Les confrères du Dagens Nyheter donnent eux la parole à Halil Karaveli, chercheur en politique de sécurité et dont la position est plus pragmatique. La Turquie joue indéniablement un rôle crucial au sein de l’OTAN. Et selon ce chercheur, la Suède, une fois membre, aura de toute façon besoin d’Ankara en cas de menace. La conséquence, douloureuse mais nécessaire est que Stockholm devra reconsidérer son soutien aux responsables kurdes.

L'autre raison de cette opposition turque

Si elle veut continuer à être un pilier essentiel de l’Alliance atlantique, l’armée turque a cruellement besoin de nouveaux avions de combat. Problème : les États-Unis refusent de lui livrer des F-35, depuis l’achat par Ankara de missiles russes F-400 en 2019. Cette bravade aux airs de chantage sur l'adhésion suédoise et finlandaise pourrait être un moyen de mettre la pression sur Washington, qui de son côté s'active sur le plan diplomatique pour débloquer la situation, explique Le Temps. Diplomatie et politique, deux cartes qui, avec un peu de patience, pourraient permettre à Erdogan obtenir in fine ce qu'il veut de l'OTAN conclue le site consacré au Moyen-Orient Al Monitor.

Baptême du sang, baptême du feu pour les nouveaux députés libanais

C’est l’expression employée par L'Orient le Jour, après la percée des candidats issus de la contestation sociale de 2019 aux législatives de dimanche 15 mai. Le mandat du Parlement sortant se termine samedi 21 mai. Le quotidien libanais se projette déjà, imaginant l’arrivée des nouveaux élus dans le grand bâtiment, qui abrite l’hémicycle. Un moment "vertigineux" qui sera précédé d’un autre passage, moins séduisant : celui des barbelés et des rangées de blocs de ciment renforcés lors du soulèvement d’il y a trois ans. Ironiquement, poursuit le quotidien, la brigade du Parlement devra, au premier jour de la nouvelle législature, ouvrir les grilles aux 13 protestataires devenus députés et sur lesquels peu avaient parié au sein de l'establishment libanais.

Ce sera donc un grand moment d’émotion pour ces révoltés d’octobre, qu’ils soient médecins, architectes, militants pour le climat, juristes ou autres, qu'une partie des Libanais ont porté là où ils pourront défendre leurs ambitions pour un pays enfin apaisé.

Tout change et rien ne change

Mais passé cet élan très lyrique de L’Orient le Jour, se pose aussi, plus brutalement, la question d’une nouvelle paralysie politique qui empêcherait tout changement pour aider le pays à sortir enfin de sa longue crise économique et financière. Car la situation est à double tranchant, explique le site Al Arabiya. L’arrivée de ces nouveaux députés, au détriment du Hezbollah et de ses alliés qui ont perdu la majorité, pourrait ouvrir le pays à la communauté financière et à l’aide internationale. Mais ce parlement reste très fragmenté, sans majorité donc. De quoi mettre en péril le plan du Fonds monétaire international, qui exige de nombreuses réformes. Ce qui implique, et on arrive au cœur du problème, de former un gouvernement au plus vite.

"Tout change et rien ne change" en somme, prédit, plus pessimiste cette fois, L’Orient le Jour qui craint que le pays ne reste à nouveau sans exécutif pendant encore des mois.