Le Premier ministre Yaïr Lapid, le 18 septembre 2022. ©AFP - RONALDO SCHEMIDT / POOL / AFP
Le Premier ministre Yaïr Lapid, le 18 septembre 2022. ©AFP - RONALDO SCHEMIDT / POOL / AFP
Le Premier ministre Yaïr Lapid, le 18 septembre 2022. ©AFP - RONALDO SCHEMIDT / POOL / AFP
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Résumé

Devant l'Assemblée générale de l'ONU ce jeudi 22 septembre, le Premier ministre israélien Yaïr Lapid prend position en faveur d'une solution à deux États pour mettre fin au conflit israélo-palestinien. Électoralisme ou non, la proposition fait déjà réagir.

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Pour Yaïr Lapid, la séparation avec les Palestiniens doit refaire partie intégrante de la vision diplomatique israélienne. Cette vision, c'est celle qu'il va défendre, selon plusieurs sources proches du Premier ministre citées notamment par le Times of Israel, lors de sa prise de parole, tout à l'heure devant l'Assemblée générale de l'ONU. Yaïr Lapid, assurent ces sources, estime donc que l'Etat Hébreux "doit faire un pas vers une solution à deux Etats" pour mettre fin au conflit avec les Palestiniens.

Cette déclaration, qu'elle ait finalement lieu ou non, a déjà fait beaucoup parler. Il faut dire que dans la bouche d'un chef de gouvernement israélien, il y a bien longtemps que l'expression "solution à deux Etats", n'a pas été entendue, souligne le quotidien Yediot Aharonot. Ce serait également une première pour Yaïr Lapid, qui ne s'est jusqu'à présent jamais positionné publiquement en faveur d'un tel engagement politique et diplomatique, même quand Joe Biden, une nouvelle fois en juillet dernier, a appelé de ses vœux au retour de cette solution.

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Conséquence, de très nombreuses réactions, dont certaines très virulentes, y compris dans le gouvernement, comme le rapportent le Jerusalem Post et le Times of Israel. À commencer par Gideon Sa’ar, un ancien proche de Benyamin Netanyahou, ministre de la Justice du gouvernement Lapid, qui considère qu'une solution à deux états revient à établir un état terroriste en Judée-Samarie — La Cisjordanie. Une mise en danger de la sécurité d'Israël. Plus problématique, la réaction son allié de coalition : Naftali Bennet, l'ancien Premier ministre qui a précédé Lapid l'année dernière. "On est en 2022, pas en 1993", dit-il, renvoyant la solution à un passé révolu, celui des accords d'Oslo. Pour lui, "il n'y a ni lieu ni logique à relancer l'idée d'un État palestinien".

La seule réaction qui n'est pas surprenante, c'est celle de Benyamin Netanyahou pour qui ce serait une trahison faite au peuple israélien. Toutefois il y a une certaine hypocrisie dans la critique de l'ex Premier ministre, dont s'amuse Times of Israel, en ressortant une vidéo d'une de ses prises de paroles : "Je sais que beaucoup d'entre vous ont renoncé à la paix. Mais je veux que vous sachiez que je n'y ai pas renoncé. Je reste attaché à une vision de paix fondée sur deux États pour deux peuples." Ces propos Benyamin Netanyahou les a tenus lorsqu'il était Premier ministre, à l'Assemblée générale de l'ONU lui aussi, il y a seulement six ans, en 2016.

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Pourquoi cette prise de position aujourd'hui de la part de Yaïr Lapid ? Peut-être faut-il y voir, selon Yediot Aharonot, un appel du pied à l'électorat de gauche du pays, car Lapid, avec sa coalition de gouvernement effritée, jouera son avenir à la tête de l'Etat Hébreux lors des prochaines élections législatives le 1er novembre. Mais pour être crédible, il faudrait que ce ne soit pas que des mots. Yaïr Lapid a l'occasion de rouvrir le dialogue en personne avec le Président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, qui est présent à l'Assemblée générale de l'ONU.

Cisjordanie : Une nouvelle génération de combattants désabusés et déterminés

La plupart de ceux interrogés par le Wall Street Journal et le Guardian n'étaient même pas nés au moment des accords d'Oslo, ils étaient tout petits au moment de la deuxième intifada. Pour le quotidien Haaretz, ils pourraient être les acteurs de la troisième intifada à venir si les tensions en Cisjordanie ne baissent pas très vite. Depuis avril, l'opération "Wavebreaker" menée par l'armée israélienne pour réduire les capacités d'attaque vers Israël, avec des raids à la tombée de la nuit dans les secteurs de Jénine et de Naplouse, fait face à une résistance acharnée menée par de jeunes combattants.

Des jeunes qui se lancent à corps perdu dans une guérilla à chaque raid de Tsahal, qui ne croient plus en autre chose qu'une résistance armée. Mohammad est un jeune de 20 ans, orphelin qui a grandi dans le camp de réfugiés de Batala. Il explique au Wall Street Journal que s'ils ont "recours aux armes" c'est parce qu'il "n'y a pas d'alternative". Il a longtemps cru en la paix, mais elle n'est pas arrivée. Il ne voit que des "morts, des checkpoints et toujours plus de colonisation en Cisjordanie". Et il n'est pas seul. Un restaurateur d'une cinquantaine d'années raconte au Guardian que tous les jeunes aujourd'hui portent une arme, et que "chaque raid israélien les rend plus déterminés à riposter".

Ils sont un danger, estiment autant les autorités israéliennes que palestiniennes car ils n'ont aucune emprise sur eux, ni même aucun dialogue avec eux. Cette nouvelle génération en colère, peut-on lire, méprise l'Autorité palestinienne, l'accuse d'être nulle et corrompue. Elle n'est même pas liée à un mouvement de résistance identifié, ni au Jihad islamique palestinien, ni au Hamas. Elle n'a pas de leader. Elle est incontrôlable et imprévisible.

Inde : Le port du voile fait l'objet d'un débat passionnant

Tout a commencé en début d'année, quand plusieurs établissements scolaires de l'état du Karnataka, dans le sud de l'Inde, ont décidé d'interdire le voile islamique dans les classes. La raison avancée : il y a un uniforme réglementaire pour tous les écoliers, le hijab n'en fait pas partie. De nombreuses jeunes filles ne se sont pas laissées faire, si bien que des manifestations de la minorité musulmane ont été organisées. Et tout cela bien entendu a donné lieu à des tensions avec les nationalistes hindous.

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Après une décision de justice en défaveur des militants pour le port du voile à l'école, ces derniers ont saisi la Cour suprême, la plus haute juridiction nationale. Et depuis dix jours maintenant, elle mène des auditions afin de trancher définitivement. Les comptes rendus des débats sont à retrouver sur les sites du Hindustan Times et de LiveLaw, et ils sont, il est vrai, passionnants, car ils donnent à voir une autre nature de débat autour du voile que celui auquel nous avons l'habitude en France par exemple.

Les enjeux ne sont pas les mêmes. Au-delà de la question de la liberté des femmes, il est surtout question de liberté religieuse en Inde, car les musulmans sont régulièrement discriminés. Le pouvoir nationaliste encourage la violence à leur encontre. Ainsi, pour les défenseurs du voile à l'école, l'autoriser à l'école, c'est donner à voir à tous les enfants la diversité religieuse et culturelle du pays. C'est un pas vers la tolérance. Autrement dit, et c'est le plus intéressant à noter : au moment où en Iran le voile est brûlé par les femmes — car symbole du patriarcat meurtrier du régime, il peut devenir un moyen d'émancipation pour des millions de musulmans en Inde face à un pouvoir qui les opprime.