Le navire australien Adelaide au mouillage aux îles Tonga, le 26/01/22
Le navire australien Adelaide au mouillage aux îles Tonga, le 26/01/22
Le navire australien Adelaide au mouillage aux îles Tonga, le 26/01/22 ©AFP - Mary Lyn Fonua / Matangi Tonga
Le navire australien Adelaide au mouillage aux îles Tonga, le 26/01/22 ©AFP - Mary Lyn Fonua / Matangi Tonga
Le navire australien Adelaide au mouillage aux îles Tonga, le 26/01/22 ©AFP - Mary Lyn Fonua / Matangi Tonga
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Résumé

Dévastées par une éruption volcanique et un tsunami, les îles Tonga ont cruellement besoin d'aide humanitaire ; celle-ci doit composer avec la pandémie qui a déja fait annuler plusieurs convois. Le patron de la FIFA veut résoudre l'émigration des Africains avec plus de Coupes du Monde de football.

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10 jours après l'éruption volcanique et le tsunami qui ont dévasté l'archipel des Tonga, dans le Pacifique sud, l'aide humanitaire commence à arriver, mais ça n'est pas sans poser de difficultés.

D'abord parce que comme je vous l'expliquais la semaine dernière, les Tonga sont géographiquement très isolées, à 2 000 kilomètres de la Nouvelle-Zélande et 3 500 de l'Australie, et aussi parce que le raz-de-marée soulevé par l'éruption très intense d'un volcan sous-marin a coupé le cable qui relie les îles au reste du monde.

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Il a donc fallu du temps avant que l'on mesure exactement la gravité des dégâts, qu'on évalue quels étaient les besoins les plus urgents, et qu'on affrête des navires humanitaires. Avec le Japon et le Royaume-Uni, l'Australie a été la première à s'en charger : comme nous l'explique un journal local, le Newcastle Herald, elle a dépêché sur place le porte-hélicoptère Adelaïde avec ses cales pleines de vivres, d'eau, de médicaments, de matériaux de construction et de nettoyeurs haute-pression pour retirer les cendres volcaniques qui ont tout recouvert... Bref, tout ce qui fait cruellement défaut aux Tongiens.

Oui mais voilà, un problème s'est vite posé : sur le bateau australien, pendant la traversée, on s'est rendu compte qu'une partie de l'équipage, 29 personnes sur 600 en tout, étaient positives au Covid19. Or, les Tonga sont l'un des très rares pays à avoir réussi à échapper à la pandémie, avec un seul cas détecté en près de deux ans, et des mesures très strictes de quarantaine à l'entrée dans l'archipel. Celui-ci s'est donc retrouvé face à un dilemme cornélien ainsi résumé par la chaîne CNN : risquer de propager le virus sur des îles qui ne l'ont pas encore connu et qui ne sont pas forcément équipées pour faire face à une multiplication rapide des cas, ou bien renoncer à une aide humanitaire cruciale pour la survie à court terme de la population encore sous le choc du tsunami ?

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Le choix qui a été fait, rapporte le quotidien tongien Matangi Tonga, c'est de prendre le risque en essayant de le réduire au maximum : le navire australien a donc été déchargé avec un luxe de précautions sanitaires, un équipage ultra-désinfecté avant l'opération, aucun échange direct entre les insulaires et leurs visiteurs, une cargaison qui va être placée à l'isolement trois jours avant d'être distribuée malgré l'urgence des besoins...

"Une livraison sans contact", résume le Newcastle Herald qui nous rappelle que ce n'est pas la première fois que l'aide aux Tonga est perturbée par le covid : un premier envoi australien, par avion cette fois, avait dû faire demi-tour en plein vol quand une personne à bord s'était avérée positive. Et ce n'est guère mieux avec l'aide envoyée par le Japon : après un premier débarquement d'eau potable samedi dernier, les autorités nippones ont dû annuler le reste de leur convoi humanitaire à cause de plusieurs cas de contamination là encore dans leur équipage ; et sur l'archipel, 36 personnes qui ont été en contact avec l'équipage japonais pour décharger les milliers de bouteilles d'eau ont dû être placées en quarantaine renforcée par mesure de précaution.

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Vous l'avez compris, la pandémie complique sérieusement l'aide attendue par les Tongiens et promise par leurs voisins de cette région indo-pacifique. Une solidarité internationale qui n'est d'ailleurs pas dénuée d'arrières-pensées, comme l'analyse depuis Tokyo le Yomiuri Shimbun : si le Japon s'est à ce point dépêché de voler au secours des Tonga, c'est aussi "pour concurrencer et prendre de vitesse l'aide promise par la Chine", qui fait tout pour affirmer sa présence dans le Pacifique sud et y poser ses pions dans la bataille stratégique qu'elle livre aux Etats-Unis et leurs alliés dans la région. Avec tout ça, les Tongiens croulent sous les propositions d'aide ; tant mieux pour eux, ils en ont bien besoin... mais gare au prix à payer ensuite, bien au-delà du seul Covid-19.

Entre l'Afrique et l'Europe à présent, une polémique prend forme autour de propos tenus hier par le patron de la FIFA, la Fédération internationale de football.

Des propos tenus par Gianni Infantino devant l'assemblée du Conseil de l'Europe à Strasbourg où il a dû justifier notamment, nous dit le site d'info européenne Politico, les liens très étroits entretenus par son organisation avec le Qatar qui va organiser la prochaine Coupe du monde de foot dans des stades climatisés construits par des ouvriers étrangers qui meurent par milliers sur les chantiers...

Mais ce qui a retenu l'attention, ce sont surtout les propos du patron de la FIFA sur la nécessité selon lui d'organiser ces Coupes du monde non pas tous les quatre ans comme actuellement mais tous les deux ans. Et vous allez voir que ce n'est pas du tout une question d'argent, de droits de diffusion télé ou de merchandising, pas du tout :

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L'enjeu, dit Gianni Infantino avec emphase, c'est "d'impliquer tout le monde et pas seulement l'Europe, de donner de l''espoir au reste du monde, à commencer par les Africains pour qu'ils ne risquent plus leur vie en tentant de traverser la mer Méditerranée. Redonner des opportunités et de la dignité à ces jeunes Africains, non pas en leur faisant la charité mais en leur permettant de participer". Je rappelle qu'on parle là d'organiser une coupe du monde de football tous les deux ans au lieu de tous les quatre ans...

Résoudre donc l'insondable question migratoire mondiale en donnant plus de matchs de football à l'Afrique, il fallait y penser ; mais bizarrement ça n'emporte pas l'adhésion de tout le monde, constate Politico : même le directeur de l'organisation européenne des supporters, Ronan Evain, a qualifié ces propos de "dégoûtants" et de "mégalomanes".

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The Middle East Eye relaye lui aussi la colère exprimée par des joueurs africains en particulier... et sur le site de la Gazette du Fennec, en Algérie, on y va d'un cinglant "Monsieur Infantino, l'Afrique n'est pas Rome et vous n'êtes pas Jules César", pour dire qu'il ne suffira pas de donner des jeux, en l'occurrence des matchs de football aux jeunes Africains pour régler tous leurs problèmes. La Gazette rappelle d'ailleurs au patron du foot mondial que parmi ces exilés africains qui ont traversé la Méditerranée au péril de leur vie, ils sont nombreux à l'avoir fait attirés, justement, par le miroir aux alouettes du football européen. Certains sont morts pendant la traversée, d'autres sont devenus des stars mondiales. Alors oui, "Gianni Infantino a complètement raté sa frappe", conclut le site des supporters de l'équipe nationale algérienne, et il mérite bien le carton rouge qui lui est infligé aujourd'hui.