Mahamat Idriss Déby saluant le lancement du Dialogue national inclusif et souverain le 20 août 2022.
Mahamat Idriss Déby saluant le lancement du Dialogue national inclusif et souverain le 20 août 2022. ©AFP - AURELIE BAZZARA-KIBANGULA / AFP
Mahamat Idriss Déby saluant le lancement du Dialogue national inclusif et souverain le 20 août 2022. ©AFP - AURELIE BAZZARA-KIBANGULA / AFP
Mahamat Idriss Déby saluant le lancement du Dialogue national inclusif et souverain le 20 août 2022. ©AFP - AURELIE BAZZARA-KIBANGULA / AFP
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La coalition d'opposition et d'acteurs de la société civile s'oppose au Dialogue national inclusif et souverain débuté il y a deux semaines. Que ce soit par la persuasion ou la force, toutes les actions et promesses de la junte militaire et ses alliés ne parviennent pas à convaincre.

On a déjà un aperçu de la situation avec le le site d'infos Ialtchad qui écrit qu'aux yeux des autorités, "le meilleur dialogue, c’est avec les coups de matraques et de gaz lacrymogène". C'est littéralement ce qu'ont reçu ces derniers jours, les militants du parti d'opposition Les Transformateurs. Jeudi 1er septembre, 84 d'entre-eux, 279 même selon le parti, ont été arrêtés à Ndjamena, la capitale, alors qu'ils appelaient dans la rue à participer à un grand rassemblement le 3 septembre contre le dialogue de réconciliation nationale. Un dialogue qu’ils qualifient plutôt de "monologue", raconte le site d'infos burkinabé Wakat Sera.

Voila maintenant deux semaines que le DNIS est en place. DNIS pour Dialogue national inclusif et souverain : une sorte de grand forum, censé rassembler tous les représentants des composantes de la société tchadienne, et qui doit aboutir sur des élections libres et démocratiques. C'est le chef de la junte au pouvoir, le général Mahamat Idriss Déby, le fils du président Idriss Déby mort en avril 2021, qui l'a lancé le 20 août dernier, après quasiment un an et demi de promesses de transition démocratique.

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Le problème c'est qu'une majeure partie de l'opposition, ainsi que de nombreuses organisations de la société civile et des corps de métiers, critiquent ce DNIS, contestent sa direction en particulier, et tour à tour, annoncent leur boycott des travaux. Ils considèrent notamment qu'il ne s'agit que d'un simulacre pour préparer une présidence Déby. Parmi eux ces derniers jours, on citera l’Ordre des avocats du Tchad ou encore, les représentants de l'église catholique samedi 3 septembre. L'évêque Waingué Bani Martin l'a même justifié en conférence de presse, explique Tchadinfos : "Nous avons l'impression d'assister à une campagne électorale avec, d’un côté ceux qui soutiennent le changement et un renouvellement de la classe politique, et de l’autre côté, ceux qui bloquent tout et veulent continuer comme avant, en mettant en place une machine savamment orchestrée.

Seulement, la junte et le DNIS ne l'entendent pas de cette oreille et tentent, chacun à leur manière, de faire revenir tout le monde autour de la table. La direction du DNIS, baptisée présidium, s'est essayée à la diplomatie avec la mise en place d'un comité ad-hoc mercredi 31 août. Raté. Le Journal du Tchad et le site d'info Ialtchad nous apprennent que la Coalition Wakit Tamma, qui regroupe la majorité des mouvements de l'opposition et des organisations de la société civile, rejette ce comité, soupçonné là aussi d'être aux mains des militaires. La seule médiation acceptable à leurs yeux est celle d'un autre groupe, le Comité des religieux et des ainés dont l'œuvre serait impartiale et désintéressée.

L'autre méthode en revanche, celle de la junte, est beaucoup plus radicale. Il y a donc eu les arrestations de jeudi 1er septembre, l'impossibilité pour l'opposition de manifester samedi 3 août et un blocus militaire débuté jeudi au QG du parti des Transformateurs, qui se trouve être aussi le domicile de son leader, Succès Masra. Le siège du bâtiment - pourrait-on dire plutôt que blocus - ne s'est achevé que dimanche 4 août, notamment grâce à la médiation du Comité des religieux et des ainés, peut-on lire sur le site Alwihda Info. A cette heure, les militants Transformateurs ont en principe tous été libérés. Mais on ignore si un compromis a été trouvé pour réintégrer le processus démocratique. La réussite de la transition démocratique semble en tout cas de plus en plus compromise. Pour l'opposition, les discussions aboutiront quoiqu'il arrive à une présidence de Mahamat Idriss Déby qui refuse toujours d'écrire noir sur blanc qu'il ne briguera pas le pouvoir.

Suicide ou expulsion en Afrique : le dilemme des migrants arrivés au Royaume-Uni

Le Guardian fait notamment parler un jeune syrien de 21 ans sur son périple jusqu'en Angleterre, à travers la Libye et la Turquie, puis la Manche. Lui qui n'a toujours pas pu faire soigner sa cuisse et faire retirer la balle qui s'y trouve depuis que l'armée syrienne a fait feu dans son village en 2014. Il se sait expulsable, alors il confie : "J'ai peur du passé, du présent et du futur. Je n'arrive plus à le supporter". Là où il vit, tous les migrants autour de lui disent de façon plus directe : "Plutôt se suicider que d'aller au Rwanda".

Abandonner tout espoir jusqu'à abandonner la vie, c'est le résultat de l'accord récent passé entre Londres et Kigali. Le Royaume-Uni externalise sa politique migratoire en expulsant les migrants arrivés illégalement sur son sol vers le Rwanda. Pour l'instant aucun avion n'a quitté le sol britannique à cet effet, mais la procédure a déjà des conséquences graves très concrètes pour les migrants. C'est à lire le site de The Independant et du Guardian avec des articles et des témoignages qui évoquent le risque de suicide chez les migrants à qui ce sort est réservé.

Les journaux s'appuient également sur un rapport de l'association Medical Justice intitulé "Who's paying the price ?". Qui paie le prix ? Le rapport revient notamment sur le premier vol qui était prévu en juin, avant d'être annulé par une décision de la Cour européenne des droits de l’homme : des migrants en centres de rétention qui avaient leur place réservée de force se sont automutilés, ont menacé de se suicider et ont même été soumis à une contention brutale par les agents après avoir supplié de ne pas être expulsé du Royaume-Uni.

Aux États-Unis, le sentiment d'abandon des habitants de la ville de Jackson

Cela fait près d'une semaine et demi que la presse aux États-Unis relate la situation de cette ville du Mississipi, théâtre d'inondations en fin d'été qui ont fini d'achever un réseau et des installations de traitement de l'eau potable vétustes. Récemment, il avait été question au niveau de l'État du Mississipi d'accorder une enveloppe de 47 millions de dollars à Jackson pour des réparations du réseau d'eau justement. Seulement 3 millions ont finalement été accordés, déplore le Washington Post.

Ce matin, CNN revient encore sur le calvaire des 150 000 habitants, précaires pour bon nombre d'entre eux - les autres ont fuit la ville depuis des années - qui sont privés d'eau courante pour la plupart ou avec une eau impropre à la consommation : impossible de se laver normalement, de tirer la chasse d'eau des toilettes, et impensable bien entendu de la boire. Les autorités et les associations de leur côté, fort heureusement, ont pu ravitailler la ville avec des camions transportant des centaines de milliers de litres d'eau en bouteille. Pourquoi est-ce arrivé à Jackson, où la précarité est immense, où les populations afro-américaines sont touchées en premier lieu, et non dans les villes aux alentours plus aisées et blanches ?

La réponse est dans la question pour le Washington Post et la BBC, avec un pays qui abandonne les plus fragiles à leur sort, qui laisse mourir une ville, pourrir ses routes, ses réseaux électriques et ses réseaux d'eau. Selon CBS News et Axiom, les réparations seraient terminées ce lundi 5 septembre au matin pour la plupart des habitants, et la pression au robinet revenue à la normale. Mais pour combien de temps...