Image satellite de l'éruption d'un volcan sos-marin aux tonga, le 15/01/22
Image satellite de l'éruption d'un volcan sos-marin aux tonga, le 15/01/22
Image satellite de l'éruption d'un volcan sos-marin aux tonga, le 15/01/22 ©AFP - Institut national de l'information du Japon
Image satellite de l'éruption d'un volcan sos-marin aux tonga, le 15/01/22 ©AFP - Institut national de l'information du Japon
Image satellite de l'éruption d'un volcan sos-marin aux tonga, le 15/01/22 ©AFP - Institut national de l'information du Japon
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Résumé

L'explosion d'un volcan sous-marin dans l'archipel des Tonga (Pacifique-Sud) a généré un tsunami qui a fait deux morts au Pérou, 10 000 km plus loin. Sur place, les Tonga sont coupées du monde, ce qui empêche de mesurer l'ampleur des dégâts. En Egypte, musique populaire VS censure réactionnaire.

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Pacifique : violente éruption volcanique aux îles Tonga

L’archipel de Polynésie est à l’épicentre de ce qui a été vendredi 14 janvier l’un des plus impressionnants phénomènes volcaniques depuis des décennies : l’éruption, ou plutôt l’explosion en un énorme panache de cendres, du volcan sous-marin qui répond au charmant nom de Hunga-Tonga-Hunga-Ha’apai. "L'équivalent de 1000 fois Hiroshima", tel que décrit par le quotidien australien Sydney Morning Herald qui publie à l’appui des photos-satellites montrant le nuage en forme de champignon dont les cendres volcaniques ont recouvert depuis samedi le ciel des Tonga.

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Mais le pire, poursuit le journal, c’est le tsunami qui a pris forme avec l’explosion, et qui a parcouru "1200 kilomètres à l'heure" pour aller secouer quasiment toutes les rives du Pacifique. Le Japon, à plus de 7000 kilomètres, a été touché par le raz-de-marée qui y a retourné les bateaux dans le village de pêcheurs de Muroto, sans trop plus de dégâts rassure l'Asahi Shimbun… Mais au Pérou, à plus de 10 000 kilomètres à l'est de l’épicentre, la vague a emporté deux personnes, qui se promenaient sur la côte. Au Pérou, le journal El Comercio relaye les inquiétudes de la population sur de possibles répliques à ce mystérieux malheur venu de l’autre côté de l’immense océan : on a craint cette nuit une nouvelle explosion du volcan, un nouveau tsunami… mais l’alerte a finalement été levée.

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Que penser, alors, de ce qu’ont dû vivre les habitants des îles Tonga, qui se trouvent à 40 kilomètres du monstre sous-marin ? En lisant le media en ligne local, le Matangi Tonga, on devine l’ampleur des dégâts, par l’absence de nouvelles : le dernier article mis en ligne date de samedi 15 janvier, juste avant que la vague ne frappe ; on y revit l’époustouflante éruption de l’Hunga-Tonga-Hunga-Ha’apai, à travers les récits d’une courageuse équipe de géologues tongiens partis observer le phénomène de leurs yeux, sur l’eau. Ils racontent les explosions massives, l’extrémité émergée du volcan qui convulse et crache sur 5 kilomètres de haut son panache de cendres, l’orage volcanique de milliers d’éclairs apocalyptiques qui strient la nuit pacifique pendant des heures, la mer qui se contracte et renvoie l’onde de choc, cette alerte rouge au tsunami lancé par les autorités de l’archipel… et puis plus rien, aucun nouvel article depuis sur le site du Matangi Tonga.

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Et pour cause, professe The New Zealand Herald : la puissance de l’éruption a endommagé le câble sous-marin qui relie les Tonga au reste du monde, en tout cas qui les raccorde à l’internet mondial. Pour l’archipel, nous dit-on, c’est "le pire des scénarios, les réparations pourraient prendre deux semaines, et en attendant, il est quasiment impossible de mesurer l’étendue des dégâts sur les îles tongiennes", si ce n’est à travers quelques vidéos envoyées depuis leurs téléphones portables par des sinistrés. Le média australien SBSNews nous apprend que Canberra et Auckland, en voisins préoccupés, ont envoyé des avions de reconnaissance sur la principale île des Tonga pour y dresser un premier état des lieux de l'assistance à apporter. Il se dit aussi dans la presse néo-zélandaise qu’une ressortissante britannique serait portée disparue… voilà donc des bribes d’informations qui émergent de la nuit communicationnelle, comme quoi le fil internet qui est censé nous relier tous jusqu’au beau milieu du Pacifique est finalement bien ténu et fragile.

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L’Otago Daily Times toujours en Nouvelle-Zélande, décrit le climat d’angoisse qui tient tous les exilés tongiens dans les îles voisines, en quête d’informations sur le sort de leurs proches restés là-bas. Si la crainte d’un nouveau tsunami existe au Pérou, celle-ci est encore plus forte aux Tonga où, comme l’explique le Prix Nobel de physique australien Brian Schmidt dans le Sydney Morning Herald, on sait que ces éruptions explosives de volcans sous-marins peuvent produire ensuite un phénomène d’effondrement du cratère, ce qui génère des tsunamis plus violents encore. Le risque semble faible pour cette fois, mais dans cette région d’Océanie on sait que la nature est puissante, rapide, et imprévisible... comme un tsunami.

Egypte :  la musique n'adoucit pas les mœurs

A lire le reportage de Mona El-Naggar dans les pages internationales du New York Times, la musique peut même soulever une véritable "guerre culturelle". En l'occurrence, il s'agit d'une guerre menée par la "vieille garde égyptienne" à un courant musical né à la fin de la dernière décennie et qui n’en finit pas de séduire et faire danser la jeunesse du monde arabe. Aussi appelé l'électro chaâbi, le Mahraganat, interdit en 2021 par le principal syndicat de l’industrie musicale égyptienne parce qu’il ose parler, sans les filtres traditionnels, de la vie des jeunes issus des classes populaires : des petites histoires d’ennui, de galère, de drague et de chagrins d’amours. Rien de nouveau dans le registre de la chanson réaliste version 2020… sauf que le Mahraganat est tellement réaliste que ses chanteurs n’hésitent pas à dire qu’ils vont noyer leur chagrin dans l’alcool et le cannabis, comme par exemple dans ce tube de 2019 "L**a fille des voisins", par le chanteur Hassan Shakosh, l'un des classiques du genre.

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Pour en savoir plus sur ce cocktail musical entre déprime contemporaine de la jeunesse égyptienne et rythmes électro entraînants, il faut lire l’article du New York Times qui narre les efforts des autorités culturelles du Caire pour faire taire cette voix jugée trop licencieuse, comme cela a été d‘ailleurs le cas ces dernières années en Iran avec des musiques similaires. A chaque fois, la censure ne fait que renforcer l’engouement du public et dynamiser une scène musicale clandestine qui donne encore plus de légitimité populaire au genre décrié.

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Dix-neuf artistes sont donc interdits de chanter en public depuis un an en Egypte, mais leurs chansons sont écoutées des dizaines de millions de fois sur internet. Sur le site du Middle East Eye, l’Egyptien Joseph Fahim raconte comment "le mahraganat, avec sa vulgarité et sa description sans tabou de la vie dans les classes les plus inférieures de la société égyptienne, l’a réconcilié avec ses origines modestes et son identité égyptienne". Ce courant musical, écrit-il, est "la voix des pauvres livrée sans le filtre de l’industrie musicale, et donc des classes moyennes", porte forcément un poids politique qui déstabilise le vieux pouvoir réactionnaire. Comme quoi l’histoire des musiques populaires est un éternel recommencement, où que l’on se trouve sur le globe…

À lire aussi : Alaa Abdel Fattah, figure de la révolution égyptienne incarcérée depuis sept ans