Jose Anonio Kast en tête du 1er tour de la présidentielle au Chili, Santiago le 22/11/21 ©AFP - Ernesto Benavides
Jose Anonio Kast en tête du 1er tour de la présidentielle au Chili, Santiago le 22/11/21 ©AFP - Ernesto Benavides
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Résumé

Au Chili, le candidat d'extrême-droite José Antonio Kast devance de peu son rival de gauche Gabriel Boric : le second tour de la présidentielle sera décisif pour un Chili polarisé entre deux modèles de société antagonistes. L'armée française est mise en déroute par des manifestants au Burkina Faso.

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Le Chili à la croisée des chemins : les résultats du premier tour de l'élection présidentielle confirment le diagnostic d'un pays politiquement très divisé. 

... Avec un avantage, il faut bien le reconnaître, pour le candidat de l'extrême-droite chilienne, tout arc-bouté sur la question sécuritaire et la dénonciation du péril communiste : José Antonio Kast, le candidat qui n'a cessé de louer comme ses modèles le brésilien Bolsonaro ou l'Américain Trump, arrive en tête de ce premier tour mais, note le quotidien La Tercera, avec une avance d'une étroitesse jamais vue en plus de 20 ans au Chili.

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Kast récolte près de 28% des voix, contre 26% pour son grand rival, le candidat du front élargi de la gauche Gabriel Boric. Pour Kast et son parti Républicain, souligne La Tercera, un tel résultat était inespéré au vu des sondages et des dernières déroutes électorales de la droite.  "La tâche s'annonce donc complexe" pour Gabriel Boric, 35 ans, issu des mobilisations étudiantes et citoyennes de ces deux dernières années au Chili. 

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Mais dans ce résultat si serré et polarisé, "il y a de la place pour une surprise", analyse le site argentin InfoBae. Après tout, cette élection présidentielle nous avait été annoncée comme "la plus incertaine de l'ère post-Pinochet", elle tient ses promesses... et la surprise de ce premier tour a un nom, selon BioBioChile : elle s'appelle Franco Parisi, candidat libéral du "parti des gens", un ingénieur commercial qui a fait campagne sans mettre les pieds au Chili, complètement à distance depuis l'État américain d'Alabama où il vit. 

Alors que les partis traditionnels de centre gauche et droit sont en déroute au profit des extrêmes, le libéral Franco Parisi arrive troisième avec 12% des voix, ce qui en fait l'objet de toutes les convoitises de la part de Gabriel Boric comme de José Antonio Kast, lesquels ont multiplié les appels du pied aux électeurs de Parisi au cours de la soirée électorale qui s'achève. Pour le moment, dans les colonnes d'El Mostrador, le candidat se fait désirer : il garde le suspense complet sur une éventuelle consigne de vote à ses électeurs... et sur la date d'un possible retour au Chili pour venir secouer l'entre-deux tours.

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Le premier tour, lui, a déjà bien bousculé le paysage politique chilien. C'est dans la droite lignée de ce qu'a vécu le pays ces trois dernières années, depuis le début du soulèvement populaire contre la crise économique et les inégalités sociales nourries par la droite au pouvoir et pour en finir aussi avec la Constitution de l'ère Pinochet : une vague de fond qui a d'ailleurs déjà débouché sur la mise en place d'une Assemblée constituante bien plus mixte et diverse que les précédents parlements. 

Pour El Pais America, le court avantage que récolte la droite très dure incarnée par José Antonio Kast semble bien être un mouvement de peur et de réaction, prévisible, d'une partie de la population chilienne face à ces bouleversements ; mais Gabriel Boric semble déterminé à aller chercher les voix nécessaires pour poursuivre l'élan historique initié par la gauche chilienne depuis 2019. 

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C'est bien là l'enjeu du second tour qui aura lieu le 19 décembre, dans quatre semaines : l'affrontement entre deux modèles de société très antagonistes, pour refonder le Chili et le faire sortir une bonne fois pour toute de l'ère Pinochet... ou bien pour l'y replonger avec toute la nostalgie et la révérence que lui porte José Antonio Kast. 

Ce qui est sûr, conclut El Mundo toujours dans la presse espagnole, c'est que le Chili referme là trente année de politique au centre pour flirter à nouveau avec les extrêmes... même si le journal parle d'une gauche "dure" contre une droite, elle, bel et bien "extrême".

Dans les journaux du Burkina Faso, on continue beaucoup à parler d'un événement qui n'a connu que très peu d'écho en France. 

... Et pourtant,  cet événement implique très directement notre pays et son armée, puisqu'entre jeudi et samedi, un convoi militaire français d'une trentaine de véhicules qui se rendait depuis la Côte d'Ivoire vers le Niger a été bloqué par une foule d'habitants du village de Kaya, au nord de la capitale Ouagadougou. 

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Le convoi, précise le quotidien Le Pays, avait déjà été accueilli dans plusieurs localités burkinabées avec des manifestations d'hostilité, mais à Kaya  il a dû interrompre sa route jeudi, des coups de feu de semonces ont été tirés pour disperser, en vain, la foule en colère, et les militaires n'ont pas pu bouger avant la nuit de samedi à dimanche, pour (d'après RFI) rebrousser chemin et aller stationner, sans doute en attendant de nouvelles instructions, dans un village plus au sud.

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Sur ces images des manifestants de Kaya tournées par France 24, on voit une foule très jeune qui brandit à certains moments un drapeau russe... et l'on se demande qui a bien pu le leur fournir pour mettre de l'huile sur le feu des relations géopolitiques très tendues au Sahel en ce moment, avec la Russie qui place ses pions dans le vide laissé par la France. 

Il y a bien sûr chez ces Burkinabés gagnés par le sentiment anti-français, le reproche fait à notre armée de ne pas avoir réussi depuis son déploiement dans la région à vaincre les terroristes qui continuent d'y semer la mort, avec pas plus tard qu'il y a une semaine, le massacre qui a fait 53 morts dans l'attaque d'un détachement militaire burkinabé à Inata. 

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Il y a donc ce fameux sentiment anti-français dont parle Aujourd'hui au Faso mais il ne doit pas basculer comme cela a pu être le cas à Kaya dans une "posture de la France bouc-émissaire" devant endosser tous les problèmes qui minent le Burkina Faso. Chez ceux qui bloquaient le convoi militaire en fin de semaine dernière, note Wakat Sera, on a aussi beaucoup entendu de slogans exigeant la démission du président burkinabé Roch Marc Christian Kaboré, jugé trop proche de Paris mais surtout incapable de nourrir ses soldats que l'on a vu affamés et désorganisés lors de l'attaque d'Inata, incapable donc d'assurer la sécurité de la population face aux groupes armés non identifiés.  

"L'armée française est tombée dans le piège burkinabé", conclut Morin Yamongbé de Wakat Sera. Ce à quoi Aujourd'hui au Faso dans son édito répond que le sentiment français dans ses emportements actuels est aussi bel et bien "dû également au louvoiement de cette France qui tape sur le Mali, tolère le Tchad et tient un discours dont on sent qu’il est causé par un recul de son influence et l’arrivée d’autres puissances comme la Chine, la Russie et la Turquie" .