Cellule surpeuplée à la pour anciens combattants de Daech de Ghwayran, Syrie, le 26/10/2019
Cellule surpeuplée à la pour anciens combattants de Daech de Ghwayran, Syrie, le 26/10/2019
Cellule surpeuplée à la pour anciens combattants de Daech de Ghwayran, Syrie, le 26/10/2019 ©AFP - Fadel Senna
Cellule surpeuplée à la pour anciens combattants de Daech de Ghwayran, Syrie, le 26/10/2019 ©AFP - Fadel Senna
Cellule surpeuplée à la pour anciens combattants de Daech de Ghwayran, Syrie, le 26/10/2019 ©AFP - Fadel Senna
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Résumé

Le groupe État islamique a lancé jeudi l'assaut de la plus importante prison de djihadistes du nord-Syrie, libérant des centaines de ses anciens combattants au nez et à la barbe des forces kurdes et de leurs alliés américains. Mutineries et tentation du coup d'État militaire au Burkina Faso.

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Daech : un nom qui s'impose à nouveau dans la presse internationale.

Ce nom que l'on avait voulu reléguer aux plus sombres archives de la décennie passée : le groupe État Islamique, se rappelle aujourd'hui à notre souvenir au travers de ce qui est en train de se passer depuis quatre jours dans la ville syrienne d'Hassaké ou Al-Hasakah. Et pour cause, rapporte The New York Times : cette localité du Rojava, la région sous contrôle kurde au nord-est du pays, est le théâtre depuis quatre jours de très violents combats entre les Forces démocratiques syriennes et des combattants de Daech qui - jeudi 20 janvier - ont pris d'assaut la gigantesque prison de Ghwayran, le plus grand camp de détention d'anciens djihadistes et leurs familles en Syrie.

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On dénombre déjà plus de 185 morts de part et d'autre. En soutien aux forces kurdes, la coalition menée par les États-Unis a déployé des hélicoptères de combat qui ont bombardé les poches de mutinerie et de résistance. A présent, signale Jane Arraf du New York Times, à en croire les autorités kurdes la menace serait "contenue"... mais des centaines de prisonniers ont bel et bien réussi à s'évader.

L'assaut qui les a libéré semble avoir été patiemment préparé, analyse cette fois le Wall Street Journal, selon qui il s'agit là de "l'opération la plus complexe menée par ce qu'il reste de Daech depuis la perte de ses derniers territoires en 2019". Des cellules dormantes avaient été installées parmi les gardiens de la prison : ce sont elles, en même temps que des explosions de voitures piégées, qui ont lancé l'attaque dans la nuit de jeudi, armant les prisonniers de l'intérieur et déclenchant donc quatre jours de combats acharnés.

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Depuis, comme le montre ce reportage d'Al Jazeera, les forces kurdes et leurs alliés américains livrent une guerilla urbaine, rue par rue, maison par maison dans le quartier pauvre d'Al-Hasakah qui borde la prison, pour tenter d'en extirper les évadés. Des milliers d'habitants de ce quartier ont été contraints à la fuite, au beau milieu d'un hiver syrien particulièrement froid.

Cette attaque de la prison de Ghwayran pourrait bien signaler le retour en force de Daech trois ans après sa défaite militaire, craint Al Jazeera qui nous explique que ce coup d'éclat vise très précisément à envoyer un message aux soutiens de l'organisation terroriste : le groupe État islamique n'oublie pas les siens emprisonnés et a les moyens de leur rendre la liberté... au nez et à la barbe de combattants kurdes qui, nous dit-on encore, sont de plus en plus fragilisés, dans cette région autonome du Rojava, par "le ressentiment qui grandit dans la population locale, à majorité arabe et qui s'estime discriminée par le pouvoir aux mains de la minorité kurde". Les conditions de détention des anciens de Daech, rappelle encore le Washington Post, sont également un motif de critiques adressées aux Forces démocratiques Syriennes, avec en tout dans la région plus de 10 000 anciens djihadistes présumés détenus dans des camps surpeuplés et insalubres, depuis des années et bien souvent sans procès digne de ce nom, et avec leurs femmes et enfants.

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Le reportage du New York Times évoque d'ailleurs le sort de quelques 700 enfants qui vivent dans le camp assiégé de Ghwayran et qui y sont, d'après les forces kurdes, "utilisés comme boucliers humains par les mutins". Il y a aussi la question des détenus étrangers, européens et français notamment : certains ont-ils réussi à s'évanouir dans la nature à la faveur de cet assaut et parviendront-ils à venir renforcer les rangs du phénix Daech en train de renaître de ses cendres ?

Il n'existe pas encore de réponse à ces questions, mais le groupe État islamique a affirmé dans sa revendication de l'attaque, avoir libéré 800 de ses hommes ; dès lors il semble difficile de croire complètement les forces kurdes, clairement dépassées par la tâche qui leur avait été confiées, quand elles affirment "qu'aucun djihadiste ne parviendra à échapper au cordon de sécurité qui a été déployé tout autour d'Al-Hasakah".

Au Burkina Faso : retour sur "un dimanche pas comme les autres"

"Un dimanche pas comme les autres", c'est l'euphémisme employé par le journal en ligne Wakat Séra pour qualifier cette journée vécue par les habitants de la capitale Ouagadougou, "entre crépitement des balles, mutineries dans les camps militaires et rumeurs de coup d'État". Dès quatre heures du matin, les habitants ont été réveillés par des échanges de tirs entendus dans plusieurs casernes qui faisaient écho aux tirs, la veille, pour réprimer plusieurs manifestations interdites dénonçant l'inaction des forces armées face au terrorisme sahélien et réclamant la démission du président Kaboré.

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"La confusion est totale", résume l'éditorial de Morin Yamongbé, et le couvre-feu imposé dans la soirée n'a pas semblé convaincre les Burkinabés que les troubles sont derrière eux. Les mutins de l'armée nationale, eux, exigent plus de moyens pour répondre à l'urgence de la menace terroriste : un "refus d'aller au casse-pipe" bien compréhensible, d'après l'édito d'Aujourd'hui au Faso qui met tout de même en garde contre les "vélléités prétoriennes" que pourraient nourrir certains chefs militaires en se convaincant qu'ils sont la réponse à "la chienlit et au pourrissement qui affaiblissent le pouvoir" en place depuis des mois.

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La tentation d'un coup d'État militaire fait jour, comme vu récemment au Mali, au Tchad ou en Guinée : le quotidien burkinabé met ses lecteurs en garde contre cette fausse bonne idée de l'armée comme dernier recours. Même avertissement dans les pages de l'Observateur Paalga qui exhorte tous les acteurs politiques et militaires à ne pas suivre le contre-exemple malien, à "éviter la solution du pire" et l'instabilité au sommet du pouvoir qui ne ferait que renforcer les terroristes et leur livrer des pans entiers de territoire dans le nord du pays.

Références

L'équipe

Camille Magnard
Production