Manifestation de défense du droit à l'avortement aux Etats-Unis, Los Angeles le 26/06/22 ©AFP - Apu Gomes
Manifestation de défense du droit à l'avortement aux Etats-Unis, Los Angeles le 26/06/22 ©AFP - Apu Gomes
Manifestation de défense du droit à l'avortement aux Etats-Unis, Los Angeles le 26/06/22 ©AFP - Apu Gomes
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Résumé

Comment continuer à faire respecter le droit des femmes américaines à disposer librement de leur corps après la décision de la Cour suprême de remettre en cause le droit à l'avortement pour tous garanti depuis 1973 ? L'Inde revend-elle du pétrole russe en contournant les sanctions internationales ?

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C'est une colère qui ne retombe pas, aux États-Unis, après la décision de la Cour suprême d'annuler l'arrêt de 1973 qui garantissait le droit à l'avortement à toutes les femmes américaines.

Colère et indignation tout le week-end de voir l'Amérique emportée dans un recul aussi assourdisant du droit des femmes à disposer de leur corps... et cette idée très souvent croisée au fil des articles de presse selon laquelle la société américaine est revenue en un instant à ce qui préexistait à l'arrêt Roe contre Wade annulé vendredi, à une époque donc où il était illégal de mettre fin à une grossesse non désirée.

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Dans le magazine The Atlantic, rien qu'hier, on a pu lire deux papiers, l'un signé par l'écrivaine et autrice de podcast Molly Jong-Fast, intitulé "ce que ma mère m'a raconté de l'Amérique d'avant 1973", où il est question d'une lutte acharnée de femmes pour la liberté et l'égalité, un combat qui semble bel et bien aujourd'hui à refaire.

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Récit personnel aussi, toujours dans The Atlantic, de la professeure de lettres américaines et historienne justement des luttes féministes Ellen Gruber Garvey, à propos de l'aide apportée aux femmes souhaitant accéder à l'avortement avant feu l'arrêt Roe contre Wade... Là encore il s'agit de raconter aux jeunes femmes d'aujourd'hui ce qui les attend, dans ce grand bond en arrière, leur donner des armes pour s'adapter à la nouvelle donne sans renoncer à un droit aussi essentiel.

Mais est-ce vrai qu'on en revient d'un coup 50 ans en arrière ? Il faut tout de même introduire certaines nuances, ce que fait Pam Belluck du New York Times sans rien minimiser de la portée de la décision de la Cour suprême vendredi : la journaliste explique que la médecine, la pharmacopée ont heureusement évolué en un demi-siècle, et notamment qu'il existe aujourd'hui l'IVG médicamenteuse, la possibilité d'interrompre une grossesse, après avis médical et dans un cadre bien précis, par la prise de deux pilules.

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Forcément depuis vendredi, dans la moitié des États américains qui ont fait fermer les cliniques, les demandes de renseignement sur ce mode d'avortement se sont envolées. Après une simple consultation (qui peut se faire à distance avec un médecin) qui lui se trouve dans un État où le droit à l'avortement est toujours respecté, les femmes peuvent recevoir les pilules par la poste, en toute discrétion ; bien sûr c'est moins rassurant que d'aller dans une clinique, en terme de prise en charge et d'accompagnement mais c'est, au moins, une alternative à une grossesse non désirée.Mais même là, les États anti-IVG commencent à tenter de s'opposer, à faire la traque aux courriers, aux téléconsultations à tel point que les associations qui tentent de populariser l'avortement médicamenteux pour pallier à la fermeture des cliniques doivent s'adapter à la nouvelle donne répressive : elles envisagent par l'exemple de créer des cliniques mobiles, dans des camions aménagés qui se rendraient aux frontières de États où l'IVG est interdite, pour y accueillir les femmes de ces États sans les obliger à multiplier les kilomètres, et pratiquer des avortements  en quelque sorte "en zone libre". On est là vraiment dans le concret de ce fossé qui s'est encore creusé vendredi entre les deux Amériques.

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Mais l'article du New York Times ne se fait pas d'illusion : l'avortement médicamenteux est la nouvelle bête noire des anti-IVG, et les associations qui le défendent s'attendent à ce qu'il soit à son tour remis en cause devant la Cour suprême. Le Boston Globe enfonce le clou, en listant les recours et batailles juridiques qui s'annoncent dans ce combat fondamental autour du droit à l'avortement. La controverse va être au centre des débats politiques désormais dans chaque Etat, attisée par la campagne pour les élections de mi-mandat à l'automne. Les cours de justice vont être prises d'assaut, par les pro-IVG aussi qui n'ont vraiment pas dit leur dernier mot. Attention tout de même, prévient Elie Mystal pour The Nation, la ccour suprême a montré vendredi qu'elle était engagée dans un combat idéologique "extrémiste" dans lequel le droit n'avait plus le premier rôle... mais qui visait surtout à préserver l'idée d'un pays, les États-Unis, "fait par des hommes blancs, pour des hommes blancs".

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En réponse à notre question de départ, dans le New Yorker, l'essayiste Jia Tolentino affirme que l'Amérique ne revient pas à la situation d'avant 1973... mais à une situation bien pire, dans laquelle il faut s'attendre à une criminalisation grandissante de tout ce qui concerne la reproduction et les grossesses. Une information tout de même pour garder espoir : le soutien au droit à l'avortement dans la société américaine n'a jamais été aussi élevé, avec plus de deux-tiers des Américains qui affirmaient être favorables au maintien de l'arrêt Roe contre Wade. et à voir comment le sujet reste trois jours plus tard au coeur des débats médiatiques, on se dit que jamais la question des droits des femmes n'avaient été aussi largement et clairement posée... et qu'il peut encore en sortir quelque chose de positif.

Terminons avec ces doutes autour de la facture énergétique indienne...

L'Economic Times de New Delhi constate que les importations indiennes de pétrole brut en provenance de Russie ont été multiplié par 50 en quelques semaines. C'est l'effet bien sûr de l'invasion de l'Ukraine, des sanctions occidentales, la Russie cherche à vendre ses stocks et fait des rabais conséquents pour trouver de nouveaux clients en Asie notamment... La Russie est dont très vite en mai passée devant l'Arabie saoudite comme pays fournisseur de l'Inde; le principal restant tout de même l'Irak.

La conséquence de celà, note The Guardian, c'est que ce nouuveau débouché indien amenuise très largement les conséquences des sanctions sur l'économie russe, et permet au Kremlin de continuer à financer sa guerre contre l'Ukraine avec les profits de son pétrole. Mais le quotidien britannique soupçonne aussi et surtout l'Inde de servir de porte dérobée à la Russie pour contourner les sanctions : rien en effet ne nous garantit, c'est même plutôt l'inverse, que des sociétés indiennes via leur flotte de supertankers que l'on voit débarquer ces jours-ci dans des ports européens, ne nous revend pas discrètement du pétrole qu'elle a acheté brut à la Russie et a raffiné chez elle avant de nous l'envoyer. Comme pour accréditer ces soupçons, l'Indian Express révèle comment des tankers russes se refont une virginité ces derniers mois en se faisant enregistrer par les autorités maritimes indiennes, via une société basée à Dubaï, pour pouvoir continuer à exporter le pétrole russe partout dans le monde malgré les sanctions. Si ce n'est pas un pavillon de complaisance pétrolier, en tous cas ça commence à beaucoup y ressembler.