Ecole détruite par un bombardement russe sur Kharkiv, Ukraine, le 28/02/22
Ecole détruite par un bombardement russe sur Kharkiv, Ukraine, le 28/02/22
Ecole détruite par un bombardement russe sur Kharkiv, Ukraine, le 28/02/22 ©AFP - Sergey Bobok
Ecole détruite par un bombardement russe sur Kharkiv, Ukraine, le 28/02/22 ©AFP - Sergey Bobok
Ecole détruite par un bombardement russe sur Kharkiv, Ukraine, le 28/02/22 ©AFP - Sergey Bobok
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Résumé

L'armée russe intensifie son offensive sur les villes de l'est et du sud de l'Ukraine et n'hésite plus à viser des cibles civiles. Elle concentre aussi ses troupes au nord de Kiev, ce qui fait craindre un assaut massif. La coopération spatiale autour de l'ISS sera-t-elle plus forte que la guerre ?

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La Russie durcit son offensive contre l'Ukraine

Une intensification des opérations militaires résumée par une image et une ville : Kharkiv.

L'image, qui saute aux yeux quand on ouvre la plupart des sites de grands journaux étrangers, c'est celle, prise depuis un satellite américain, d'une colonne de blindés russes qui avance vers Kiev par le nord-ouest, depuis la frontière biélorusse. Mais pas n'importe quelle colonne, constate The Guardian, puisque le convoi militaire s'étendrait sur soixante kilomètres, avec parfois trois véhicules de front. Plus tôt dans la journée de lundi 28 février, la société d'imagerie satelitte Maxar qui a publié ces clichés, indiquait que le même convoi ne mesurait que 27 kilomètres de long : la Russie est donc en train de masser ses troupes et ses canons à une vingtaine de kilomètres seulement du centre de Kiev.

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Au sixième jour de la guerre, l'heure ne semble plus aux attaques-éclairs menées par des véhicules isolés, envoyés en première ligne pour percer (sans succès) les défenses ukrainiennes. Face aux déconvenues et à la frustration des premiers jours, Moscou s'apprête, selon le quotidien allemand Die Welt, à lancer "la seconde phase de son assaut", une nouvelle tentative de percée militaire vers la capitale ukrainienne, mais cette fois, avec une force de frappe beaucoup plus massive  et des soutiens logistiques, derrière la ligne de front, qui pourraient permettre à l'armée russe de tenir le siège pendant plusieurs jours voire plusieurs semaines.

"La guerre est entrée dans une nouvelle phase", confirme The Economist, et désormais plus aucune illusion n'est possible sur le fait que les Russes visent et tuent bien des cibles civiles, contrairement à ce que Vladimir Poutine assurait hier encore au téléphone à Emmanuel Macron. Pour preuve, il suffit de regarder les images du pilonnage de quartiers résidentiels pendant des heures hier dans la ville de Kharkiv, la seconde plus grosse du pays. On dénombre, au bas mot, 11 civils morts. "Si les frappes russes évitaient jusque-là les quartiers les plus peuplés pour se concentrer sur les cibles militaires, la donne a changé pour le pire à Kharkiv", explicite le New York Times. Bien sûr, ce ne sont pas (encore) les tapis de bombes que les Russes avaient fait tomber sur Grozny en Tchétchénie en 1999 ou plus récemment sur Alep en Syrie en 2016. Mais c'est bien cela, la menace qui est contenue dans cette montée en puissance de l'artillerie et des forces aériennes utilisées pour la première fois sur des civils hier à Kharkiv : bien plus que de faire tomber la ville sous contrôle russe, il s'agit de semer la terreur et de faire pression sur les négociations qui ont péniblement débuté ce lundi 28 février, sans donner pour le moment aucun résultat probant.

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Dans le même registre, l'Ukraine accuse l'armée russe d'utiliser des armes interdites par le droit international. La presse ukrainienne, à l'image du quotidien Sohodny, évoque - et c'est une première depuis le début de la guerre - d'importantes pertes militaires : dans la petite ville de Okhtyrka, au nord-ouest de Kharkiv, "on a préparé 70 nouvelles places au cimetière" pour y enterrer les 70 soldats (là encore c'est une estimation basse) tués dans le bombardement de leur caserne. Les Russes auraient utilisé des armes thermobariques, un type de bombe particulièrement destructeur qui combine explosion, onde de choc et effet de dépression pour ensuite causer un maximum de dégâts sur les installations militaires et sur les hommes. Selon les experts militaires, c'est le niveau juste avant l'arme nucléaire, en terme de létalité.

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Des journalistes avaient bien repéré, avec effroi ces derniers jours sur les routes ukrainiennes, l'énorme camion qui transporte le lance-roquette à têtes thermobariques TOS-1, mais jamais jusque-là on avait eu la preuve qu'ils avaient été utilisés dans ce conflit. C'est apparemment chose faite à Okhtyrka, selon les autorités ukrainiennes... et, tout comme les civils bombardés à Kharkiv, cela pose la question des violations de la Convention de Genève par la Russie d'après le spécialiste de droit international anglais (bien connu des auditeurs de France Culture pour sa série de podcast La Filière) Philippe Sands qui signe une tribune dans The Financial Times où il affirme que ce que l'on a vu ces derniers jours autour des villes ukrainiennes relève bien des crimes de guerre ou même crime contre l'humanité qui sont de la compétence de la Cour Pénale Internationale.

Or, professe Sands, la Russie reconnait cette compétence et la CPI pourrait donc inculper Vladimir Poutine. C'est ni plus ni moins, remarque le site d'info Ukrainska Pravda, que ce qu'évoquait hier le président Volodymyr Zelensky quand il jurait de traîner la Russie devant un tribunal international pour les civils bombardés et tués à Kharkiv. Et le procureur de la CPI, Karim Khan, a fait un pas dans cette direction ce lundi 28 février.

Des craintes, à présent, de voir cette guerre se décliner dans l'espace ?

Plusieurs médias se posent la question de comment vit-on le conflit et la mise au ban de la Russie à bord de la station spatiale internationale (ISS) où cohabitent en ce moment deux cosmonautes russes avec 5 collègues occidentaux.

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Ce que l'on en sait, d'après la revue spécialisée américaine Ars Tecnica, c'est que la NASA suit de très près le conflit, et même si le programme de coopération sur l'ISS n'a pas été touché par les sanctions, l'agence américaine réfléchit très concrètement à comment réorganiser la gestion de la station pour ne pas que de possibles tensions diplomatiques mettent en danger la sécurité du programme spatial et de ses participants.

Il faut dire, avec le New York Post, que jeudi dernier le directeur de l'agence spatiale russe Dmitry Rogozin avait semé la panique, en lançant une série de messages très virulents sur Twitter où il expliquait quand même que "ce serait dommage si la station spatiale s'écrasait sur la Terre parce qu'une rupture de la coopération avec les Russes aurait rendu son maintien en orbite impossible".

La menace était claire, surtout que Rogozin ajoutait que "l'ISS ne passe pas au-dessus de la Russie mais principalement au-dessus de l'Amérique, de l'Europe, de l'Inde et de La Chine". Il n'en fallait pas plus pour que le site d*'India Today* publie immédiatement une vidéo bien alarmiste annonçant que les Russes allaient faire tomber la station de 400 kilomètres de haut sur la tête des Indiens.  Mais le magazine américain Time se veut rassurant : il rappelle que c'est loin d'être la première fois que la Russie fait ce genre de menace sans jamais la mettre à exécution. L'espace, nous dit-on, reste la dernière zone de non-agression où domine le professionnalisme des scientifiques quelle que soit leur nationalité. Pourvu que ça dure... à se demander si le prochain round de négociations entre Kiev et Moscou ne devrait pas se dérouler, justement, à bord de la station spatiale internationale.