Mary Lou McDonald présidente du Sinn Feinn (g) avec la dirigeante du parti en Irlande du Nord Michelle O'Neill, Belfast le 04/04/22
Mary Lou McDonald présidente du Sinn Feinn (g) avec la dirigeante du parti en Irlande du Nord Michelle O'Neill, Belfast le 04/04/22
Mary Lou McDonald présidente du Sinn Feinn (g) avec la dirigeante du parti en Irlande du Nord Michelle O'Neill, Belfast le 04/04/22 - Paul Faith
Mary Lou McDonald présidente du Sinn Feinn (g) avec la dirigeante du parti en Irlande du Nord Michelle O'Neill, Belfast le 04/04/22 - Paul Faith
Mary Lou McDonald présidente du Sinn Feinn (g) avec la dirigeante du parti en Irlande du Nord Michelle O'Neill, Belfast le 04/04/22 - Paul Faith
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Résumé

Les législatives en Irlande du Nord jeudi 5 mai pourraient bien soulever un séisme politique sans précédent sur l'île britannique, livrant le pouvoir aux nationalistes du Sinn Féin et ouvrant la voie à une réunification des deux Irlandes. À Dubaï, grève inédite et victorieuse des livreurs Deliveroo.

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L'Irlande du Nord joue gros dans les élections qui vont s'y dérouler jeudi 5 mai

Les élections législatives auront lieu dans cette partie de l'île irlandaise qui, rappelons-le, fait partie intégrante du Royaume-Uni. Mais depuis que le Brexit a réinstauré des contrôles douaniers européens en mer d'Irlande - pour éviter d'en imposer sur la frontière terrestre entre les deux Irlandes - l'île semble s'éloigner de la Grande-Bretagne.

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En ce qui concerne les enjeux de cette élection, tout semble partir du rejet, par l'immense majorité des Nord-Irlandais, de ce protocole post-Brexit qui les éloigne du reste du Royaume-Uni, analyse d'emblée The Irish Times... et les rapproche de la République d'Irlande au sud.

S'il n'y avait que ce rejet du protocole nord-irlandais, le scrutin de jeudi 5 mai serait sans grand intérêt, puisque les deux partis qui dominent la scène politique, les nationalistes irlandais du Sinn Féin - partisans d'une réunification des deux Irlandes - et les unionistes du DUP - favorables au maintien dans le Royaume-Uni - s'entendent pour dénoncer l'accord post-Brexit. Alors même que les unionistes étaient, au départ, favorables au Brexit.

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Pourtant, les législatives du 5 mai s'annoncent déjà comme un séisme politique, comme le prévoit le Washington Post : car les nationalistes du Sinn Féin, à en croire les sondages, semblent en mesure de remporter l'élection et d'imposer comme Première ministre leur dirigeante Michelle O'Neill... Du jamais vu en un siècle de domination de tous les gouvernements nord-irlandais par les unionistes.

Si tel était le cas jeudi 5 mai, ces mêmes unionistes auraient le droit de nommer un vice-Premier ministre issu de leur rang. C'est le principe de cogestion du pouvoir imposé par l'accord dit du Vendredi saint, mis en place en 1998, pour pacifier l'Irlande du Nord. Mais les cadres du DUP laissent - pour le moment - entendre qu'ils pourraient refuser cette cohabitation, ce qui ferait basculer la politique nord-irlandaise dans une nouvelle ère d'inconnu et de négociations qui pourrait durer des mois.

Si l'on se projette encore au-delà, il y a aussi derrière cette élection la perspective d'une réunification des deux Irlandes. D'après The Irish Examiner, si le Sinn Féin l'emporte jeudi 5 mai du côté nord de la frontière et au vu de sa popularité montante depuis quelques années en République d'Irlande, il se pourrait qu'à terme, du côté sud, le parti nationaliste et pro-réunification se retrouve au pouvoir dans les deux Irlandes en même temps, là encore du jamais-vu. Il aurait dès lors les clés en main pour organiser un référendum proposant l'intégration de l'Irlande du Nord à la République irlandaise ; c'est d'ailleurs son objectif affiché, même si pour le moment les études d'opinion indiquent qu'une majorité de nord-irlandais ne semble pas favorable à cette solution.

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En attendant, dans la presse irlandaise, le Sinn Féin est tancé en cette fin de campagne, sur les liens troubles qu'il ménage avec la nouvelle IRA qui n'a pas renoncé à la violence. Mais aussi sur le double discours que le parti est accusé de tenir côté nord et côté sud, et le flou de son programme quant aux questions très concrètes de pouvoir d'achat ou de maintien d'un système de santé publique de qualité. Ce sont des préoccupations déterminantes pour les électeurs d'Irlande du Nord, bien au-delà des grands enjeux cités précédemment.

Pour The Irish Independent, le vrai test pour le Sinn Féin ne sera pas tant l'élection du 5 mai que l'après et la manière de gérer la victoire sans excès de triomphalisme, sans oublier de gouverner pour toutes les communautés nord-irlandaises, et non seulement celles qui l'auront porté au pouvoir.

À Dubaï : une grève qui finit bien dans un pays où toute action syndicale est interdite

Ce pays ce sont les Émirats arabes unis et la grève en question, signalée par Al Jazeera, est celle qu'ont mené dimanche 1er mai à Dubaï des milliers de livreurs à deux-roues de la plateforme de livraison de repas Deliveroo. En ce 1er mai, mais surtout en ce dernier week-end du ramadan particulièrement stratégique pour leur employeur, ils ont décidé de s'unir pour refuser de travailler. Leur rassemblement dénonçait les hausses de coût de l'essence, couplées aux baisses de salaires et les journées de travail toujours plus longues que Deliveroo tentait de leur imposer : jusqu'à 12 heures de suite.

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"Nous sommes des humains, pas des ânes", voilà comment l'un de ces livreurs dubaïotes résumait la détermination des siens dans cette grève. Deliveroo l'a bien senti : dès ce lundi 2 mai - rapporte The Middle East Eye - la société a annoncé mettre sur pause les changements salariaux dénoncés par ses livreurs.

Une victoire d'autant plus tonitruante que toute action collective de travailleurs est proscrite par la loi aux Émirats arabes unis : les grévistes affirment avoir reçu des messages de menaces leur intimant de reprendre le travail au plus vite dimanche 1er mai. Mais ils ont tenu bon et ont eu gain de cause. Le Middle East Eye laisse entendre qu'après les salaires et les heures de travail, un autre combat attend encore les livreurs de Dubaï : celui de leur sécurité sur la route, avec des accidents les impliquant qui ont augmenté d'un tiers en un an. À ce sujet, une campagne de sensibilisation des usagers vient d'être lancée : elle s'intitule "ça peut attendre", contre la pression mise sur les livreurs pour arriver toujours plus vite à destination.