Un électeur dans un bureau de vote à Kibera (Kenya), le mardi 9 août 2022. ©AFP - Tony Karumba / AFP
Un électeur dans un bureau de vote à Kibera (Kenya), le mardi 9 août 2022. ©AFP - Tony Karumba / AFP
Un électeur dans un bureau de vote à Kibera (Kenya), le mardi 9 août 2022. ©AFP - Tony Karumba / AFP
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Résumé

Plus de 22 millions d'électeurs sont appelés à choisir un nouveau président, ce mardi au Kenya. Les bureaux de vote ont ouvert tôt le matin. Le duel s'annonce serré entre Raila Odinga, vétéran de l'opposition désormais soutenu par le pouvoir et William Ruto, vice-président sortant.

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Plus de 22 millions d'électeurs sont appelés à choisir le nouveau président du Kenya, le successeur de Uhuru Kenyatta. Les bureaux de vote ont ouvert mardi matin, un scrutin observé par le reste du monde, et pour cause. Les résultats contestés "de la dernière présidentielle, en 2017 ont été annulés", rappelle la BBC, après des manifestations réprimées qui ont fait des dizaines de morts.

À l'époque, la Cour suprême a finalement estimé "que la commission électorale n'avait pas respecté la loi, en ce qui concerne la transmission électronique des décomptes de voix". Ce mardi, quatre candidats s'affrontent, mais tout se joue entre le vice-président, William Ruto et Raila Odinga, vétéran de l'opposition, désormais soutenu par le parti au pouvoir.

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"Une victoire de William Ruto pourrait signifier un changement considérable dans le paysage politique", estime le Daily Nation. "Une victoire de Raila Odingua, en revanche, serait la récompense de toute une vie de politique de protestation, de lutte contre la dictature et de campagnes pour un ordre économique et social juste", ajoute le journal kenyan. Elle permettrait aussi à sa colistière Martha Karua de devenir la première femme vice-présidente de l'histoire du pays.

"Quel que soit le résultat, cette élection pourrait être un tournant pour le pays", affirme le Daily Nation,

Le Kenya fait face à une flambée du coût de la vie

L'inflation était d'environ 8% au mois de juin, précise la BBC. Les prix de certains aliments se sont envolés, comme la farine de maïs. "Et avec la sécheresse qui touche actuellement trois millions de Kenyans", la pire depuis quarante ans, "beaucoup ont du mal à se procurer de la nourriture", selon le média britannique.

Le prix de l'essence a aussi grimpé et pour cela le gouvernement a également mis en place des aides, "mais cette politique, écrit la BBC, a un coût important - 141 millions de dollars en juillet - qui risque de s'ajouter à l'énorme dette du pays." Ces élections - car il y en a six en tout, concernant également les députés, sénateurs, etc. - "devraient mettre à l'épreuve la plus grande économie d'Afrique de l'Est", estime le Business Daily Africa.

"Nairobi, la capitale, est depuis longtemps le centre d'affaires de la région, rivalisant avec des villes africaines telles que Johannesburg, Le Cap, Le Caire et Lagos. Les entreprises domiciliées dans le pays espèrent une transition en douceur." "Nairobi [...] peut se targuer de disposer d'une main-d'œuvre anglophone qualifiée et de rivaliser avec les meilleures villes du monde en matière d'infrastructures informatiques, ce qui a convaincu des multinationales comme Google, Microsoft, Visa et Amazon d'y installer des centres régionaux", explique le plus important quotidien économique du Kenya.

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Le pays est considéré comme une "oasis de paix" dans une région instable

Mais "les fantômes des violences de 2007-2008 continuent de hanter les importateurs des pays voisins et les transporteurs du corridor nord, ainsi que la communauté internationale", se souvient le Business Daily Africa.

À cette époque, la victoire de Mwai Kibaki avait aussi été contestée. La situation avait dégénéré en violences ethniques, faisant plus de 1100 morts et des centaines de milliers de déplacés. "Nous devons voter pacifiquement et élire de bons dirigeants", affirme le Daily Nation dans un édito.

Les échanges pendant la campagne ont été "animés", mais le climat en général est resté pacifique. "Nous espérons que la tranquillité prévaudra pendant le vote, le dépouillement des bulletins et l'annonce des résultats", écrit le journal.

"Les candidats, note le quotidien, ont signé un code de conduite électoral". Ils doivent "résister à la tentation d'inciter les gens à la violence", affirme, autant qu'il l'espère, le Daily Nation. Environ 150 000 officiers seront déployés pour assurer la sécurité des bureaux de vote. La société civile kényane, l'Union africaine, et l'Union européenne entre autres ont aussi envoyé des centaines d'observateurs.

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11 min

À Cuba, l'incendie d'un dépôt pétrolier reste hors de contrôle

Le dernier bilan fait état d'un mort et quatorze disparus. "Tout a commencé vendredi soir", raconte le journal suisse Le Temps. "La foudre aurait frappé l’un des huit dépôts de pétrole de Matanzas", ville située à 100 kilomètres à l'est de La Havane. Ce réservoir contenait 26 000 mètres cubes de pétrole brut. Depuis, le feu a détruit un troisième réservoir et en menace un quatrième.

Les autorités considèrent déjà cette catastrophe comme la "plus grande perte industrielle de l'histoire du pays", selon El Pais, qui décrit le peu qu'on peut encore observer sur place : "Les explosions, avec des colonnes de feu de plusieurs dizaines de mètres, ont formé un rideau d'épaisse fumée noire".

Un hélicoptère verse de l'eau sur le lieu de l'incendie à Matanzas (Cuba), le 8 août 2022.
Un hélicoptère verse de l'eau sur le lieu de l'incendie à Matanzas (Cuba), le 8 août 2022.
© AFP - YAMIL LAGE / AFP

Difficile pour Cuba de maîtriser cet incendie sans une aide internationale. "Des équipes spécialisées du Mexique et du Venezuela, qui ont une expertise pétrolière dont ne dispose pas Cuba, sont arrivées ce week-end dans l’île", indique Le Temps qui ajoute :"Signe de la gravité de l’évènement, les autorités communistes ont accepté l’aide technique des États-Unis, avec qui les relations sont pourtant à couteaux tirés depuis 1958."

Au-delà de cette tragédie, Le Temps prévient : "l’état de décrépitude total de la plupart des infrastructures nationales laisse présager d’autres catastrophes industrielles". "Le pays subit de plein fouet l'embargo des Etats-Unis depuis soixante ans" et toujours, les conséquences de l'effondrement de l'URSS, détaille Le Temps. La disparition de l'union soviétique "a signifié du jour au lendemain la fin des subventions et la possibilité de maintenir les infrastructures industrielles en état."

A cause (en partie) de cet incendie, "le pays n'a pu répondre qu'à 60% de la demande d'électricité aux heures de pointe" hier, écrit El Pais. La catastrophe risque de faire monter encore un peu plus les tensions dans l'île, où la population manifeste pour réclamer de l'électricité, expliquait mi-juillet le site cubain indépendant 14ymedio, relayé par Courrier International. Dans la nuit du 14 au 15 juillet, des centaines d'habitants de Los Palacios, dans l'ouest du pays, ont manifesté spontanément. Un "ras le bol, selon le site, aggravé par la chaleur de l'été."

9 min
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Margot Delpierre
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