Voeux de Kim Jong-Un, Pyongyang, le 01/01/22
Voeux de Kim Jong-Un, Pyongyang, le 01/01/22
Voeux de Kim Jong-Un, Pyongyang, le 01/01/22 ©AFP - Jung Yeon-je
Voeux de Kim Jong-Un, Pyongyang, le 01/01/22 ©AFP - Jung Yeon-je
Voeux de Kim Jong-Un, Pyongyang, le 01/01/22 ©AFP - Jung Yeon-je
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Résumé

Le dirigeant nord-coréen inquiète à nouveau ses voisins avec un deuxième tir balistique en moins d'une semaine ; après 10 ans au pouvoir, Kim semble se chercher une doctrine politique. Un chirurgien d'origine pakistanaise et musulman à l'origine de la première greffe de cœur porcin sur un humain.

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Ce matin, des nouvelles de la Corée du Nord.

... Et sans surprise connaissant le régime de Pyongyang, ces nouvelles  prennent la forme d’un gros missile balistique lancé depuis le territoire nord-coréen vers la Mer du Japon. L’alerte a été lancée tôt ce matin par l’agence Yonhap de Corée du Sud. Comme toujours, le projectile s’est abîmé en mer sans atteindre les eaux japonaises et sans faire de dégât… mais le message lui est bien passé, d’autant plus que c’est le deuxième tir d’essai mené par l’armée de Kim Jong-un en moins d’une semaine après le tir d’un soi-disant missile hypersonique la semaine dernière, une nouvelle technologie de lancement cinq fois plus rapide que la vitesse du son, capable, nous dit l’américain Newsweek, de tromper les systèmes anti-missiles japonais et sud-coréens à l’inverse des précédents missiles plus facilement interceptables.

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D’ailleurs, les experts sud-coréens et américains avaient émis de forts doutes, la semaine dernière, sur le fait que le missile tiré était bien de technologie hypersonique ; mais tout de même, Pyongyang avait réussi à attirer à nouveau l’attention sur elle, comme un enfant délaissé qui envoie littéralement des scuds pour qu’on s’intéresse à lui. La nuit dernière le deuxième tir de l’année a eu lieu, note le South China Morning Post, juste après la fin d’une réunion à huis-clos du Conseil de Sécurité de l’ONU pour évoquer justement la question nord-coréenne. Pas le temps de définir une réponse commune donc au premier tir, que la deuxième salve arrivait déjà.

Mais qu’est-ce que Kim Jong-un le "dirigeant suprême" de Corée du Nord veut dire au reste du monde avec ces démonstrations de force balistique ? Comme l’écrit Ayumi Davis à nouveau dans Newsweek, le dictateur en rajoute sur ses supposées avancées technologiques (il y a sans doute pas mal d’esbroufe dans tout cela) pour rappeler qu’il est un pouvoir de nuisance, qu’il exige toujours la levée des sanctions internationales très lourdes qui contribuent à maintenir son pays à un niveau de pauvreté et de sous-développement extrême… mais qu’il n’est plus question de négocier officiellement avec les États-Unis de Joe Biden, vu l’impasse dans laquelle s’est rapidement retrouvée la tentative de dialogue plus médiatique qu’autre chose tentée par Donald Trump.

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Et puis (c’est une analyse très éclairante signée Gabriela Bernal, à lire chez le japonais Nikkei Asia), ce qui consume Kim Jong-un de l’intérieur, alors qu’il vient de célébrer ses dix ans de règne, c’est ce désir de laisser une trace dans l’histoire de son pays, de définir sa propre idéologie pour se démarquer de son père et de son grand-père, les fondateurs et consolidateurs de la dictature dont les portraits tutélaires d’ordinaires omniprésents avaient d’ailleurs disparu des cérémonies d’anniversaire à la mi-décembre.

En se poussant du col à l’international avec des tirs de missiles, faute d’avoir d‘autre moyen d’expression, Kim troisième du nom cherche aussi à renforcer son image de puissant en interne, auprès de son propre peuple, éreinté par les conséquences économiques de la pandémie et de la fermeture des frontières avec la Chine. Selon toujours Gabriela Bernal et Nikkei, 2022 sera l’année de l’affirmation officielle d’un "Kim-Jong-un-isme", un terme qui circule vraiment là-bas paraît-il mais dont on ne sait pas encore bien quelle idéologie il porte.

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Kim Il-sung avait énoncé le "Juche", littéralement la "pensée du corps-maître" qui avait posé les bases de la dictature communiste en vase clos ; son fils Kim Jong-il était lui à l’origine de la doctrine politique dite de "Songun", la primauté de l’armée sur toute chose. Reste à savoir ce que cela laisse comme terrain à leur héritier pour se démarquer et s’affirmer, d’autant que d’après certains connaisseurs de la politique nord-coréenne, Kim Jong-un, à l’inverse de ses aïeuls, n’est pas entouré de conseillers particulièrement brillants, avec une image d’amateur en politique qui lui colle à la peau même après dix années au pouvoir.

Ce qui est sûr c’est que, plutôt qu’une idéologie nouvelle, les Nord-Coréens en 2022 vont surtout avoir cruellement besoin de renouer des liens économiques avec l’extérieur, la Chine mais aussi les États-Unis où Joe Biden laisse la porte ouverte à une reprise du dialogue. Et sur ce plan-là la seule doctrine du "missil-isme" si on peut l’appeler ainsi, risque d’être un peu courte.

Et puisque l’on parle des États-Unis, arrêtons-nous y un instant pour saluer une avancée inédite dans le monde médical.

Un vrai pont entre l’animal et l’humain… à l’avantage du second, bien sûr : The Washington Post nous annonce qu’une équipe de chirurgiens du Maryland vient de greffer pour la première fois au monde le cœur d’un porc génétiquement modifié sur un homme de 57 ans. Un homme, reconnaissent les médecins, qui a eu "un sacré courage" d’accepter de servir de cobaye à cette première, mais David Bennet - puisque c'est son nom - se savait condamné à court terme : il ne restait en vie que grâce à un respirateur et un cœur artificiel. Alors oui, ce cœur porcin lui sauve la vie : trois jours après l’opération, son état est jugé satisfaisant, pas de signe pour le moment de rejet de la greffe qui devrait pouvoir fonctionner seule sans assistance extérieure, nous dit-on, ce mardi où le patient va donc être débranché.

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Volà pour le bilan de santé ; mais figurez-vous que cette information est particulièrement relayée en Inde où le Times of India salue le fait qu’à l’origine de cette prouesse, il y a un homme d’origine pakistanaise… le docteur Mohammed Mohiuddin, émigré aux États-Unis depuis les années 1990 et véritable pionnier dans le service de chirurgie qu’il dirige de ce qu’on appelle les xénotransplantations : le fait de greffer des cellules, des tissus ou donc désormais des organes entiers depuis des animaux vers des humains. En la matière, le porc est le candidat idéal, son programme génétique étant suffisamment proche de celui des hommes pour pouvoir être greffé moyennant des modifications génétiques assez accessibles.

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Alors oui, en bon musulman le professeur Mohiuddin a eu quelques appréhensions théologiques, avant de mêler ainsi le porcin et l’humain, mais malgré l’avis contraire des dirigeants religieux dans son pays, il assure au média turc TRT que le Coran prohibe de manger la chair du cochon, pas d’en utiliser les organes en xénotransplantation. Ceci explique peut-être cela : ce matin la presse pakistanaise est beaucoup plus réticente que sa voisine indienne, à se réjouir de cette histoire de cœurs de porcs qui sauvent des vies…