La station spatiale ISS et le module russe Soyuz, le 29/07/21
La station spatiale ISS et le module russe Soyuz, le 29/07/21 ©AFP - Oleg Novitsky/Roscosmos
La station spatiale ISS et le module russe Soyuz, le 29/07/21 ©AFP - Oleg Novitsky/Roscosmos
La station spatiale ISS et le module russe Soyuz, le 29/07/21 ©AFP - Oleg Novitsky/Roscosmos
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Les États-Unis accusent la Russie d'avoir détruit un vieux satellite soviétique pour tester leur lanceur de missiles sol-espace, générant des milliers de débris qui ont gravité dangereusement près de l'ISS. En Chine, le sort d'animaux de compagnie suscite l'indignation contre les protocoles Covid.

Notre principal titre du jour nous emmène à 420 kilomètres au-dessus de nos têtes. 

420 kilomètres au-dessus de la Terre, c'est l'orbite à laquelle gravite la station spatiale internationale ISS où s'est livré la nuit dernière un étrange et inquiétant ballet raconté entre autres par Al Jazeera : les sept astronautes qui vivent en ce moment dans la station ont reçu un message d'alerte avertissant que l'ISS allait traverser un nuage composé d'environ 1500 débris spatiaux jusque-là jamais encore observé. L'équipage a donc dû se réfugier dans le module spatial Soyuz, avec le sas fermé, à trois reprises toutes les heures et demi environ. Ce rythme correspondant aux trois fois où l'ISS s'est retrouvée à une proximité dangereuse des débris. 

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Alors bien sûr, la vraie question c'est celle de l'origine de ces milliers de déchets dans l'espace... selon la Nasa, citée par le site d'info russe Vzgliad, pas de doute possible ; les débris proviennent d'un vieux satellite soviétique, COSMOS 14-08, lancé en 1982 et qui a servi de cible à une grande première pour l'armée russe. Elle a en effet procédé à un essai de missile sol-espace qui a donc visé et détruit, 400 kilomètres plus haut, le vieux satellite qui ne servait plus à rien.

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Il n'en fallait pas plus pour que la Maison Blanche dénonce l'irresponsabilité de la Russie, et son hypocrisie dans la mesure où, récemment encore, les Russes se disaient hostiles à toute militarisation de l'espace. C'est pourtant bien de cela dont il est question, s'emporte Jonathan Amos de la BBC, en se demandant "comment on pourrait prendre ces essais de missiles antisatellites comme autre chose qu'une forme de folie" dangereuse. Amos s'interroge aussi sur "ce qu'ont pu penser les deux cosmonautes russes présents dans l'ISS, symbole de coopération internationale, quand leur vie et celle de leurs camarades américains et allemands a été mise en danger par leur propre agence spatiale ?"  

"La Russie a lancé ce lundi une bombe à fragmentation dans l'espace", déplore The Washington Examiner, sous la plume de Tom Rogan, selon qui le pays de Vladimir Poutine a surtout par ce tir prouvé à ses rivaux en la matière, Américains bien sûr mais aussi Indiens et Chinois, que son lanceur de missiles antisatellite baptisé Nudol fonctionne bien et peut donc détruire depuis la Terre des satellites-espions ou de communication placés en orbite basse. 

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Mais au-delà de la course à l'armement, selon l'expert américain, les Russes par ce tir-test et le nuage de débris qu'il a généré, entendent faire pression sur les États-Unis pour qu'ils prennent conscience des dangers de cette militarisation de l'espace et acceptent de limiter leurs propres projets de missiles balistiques à très longue portée. 

David Ignatius pour The Washington Post ne se fait aucune illusion : "l'espace est déjà un champ de bataille entre super-puissances militaires, écrit-il, et cette idée a quelque chose de vraiment effrayant"... d'autant plus que les puissances en question ne se concertent pas avant de mener leurs tirs et de générer des milliers de débris supplémentaires. Et le journaliste de plaider pour qu'à minima, comme après la crise des missiles à Cuba en 1962, un téléphone rouge soit mis en place entre Moscou et Washington pour se prévenir en cas de tir. La guerre froide, que ce soit sur Terre ou dans l'Espace, c'est parfois simple comme un coup de fil...

En Chine, le principe de précaution extrême appliquée face à la recrudescence des cas de Covid-19 commence à susciter des critiques dans la population.  

...  Des critiques de plus en plus nombreuses que l'on peut lire sur les réseaux sociaux chinois, en particulier depuis quelques semaines où de sombres histoires d'animaux de compagnie tués suscitent l'indignation générale. C'est à lire dans le South China Morning Post : plusieurs personnes qui ont dû partir en quarantaine forcée quand un cas de Covid a été détecté dans leur voisinage se sont rendu compte que pendant leur absence des agents de l'administration locale étaient venus chez eux, sous prétexte de désinfecter leur appartement, mais qu'ils avaient au passage tué leur animal domestique, chien ou chat, de peur qu'il ne puisse lui-même transmettre le coronavirus.  

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Le dernier témoignage de ce genre a d'autant plus frappé les esprits qu'il se basait sur une vidéo filmé par une caméra de surveillance d'un appartement ou l'on voit les agents sanitaires frapper à mort à coup de barre de fer un petit chien de la race Welsh Corgi qui est très à la mode en ce moment. Sur ce dernier cas, précise The Wall Street Journal, l'administration de la ville concernée s'est excusée et a licencié l'agent mis en cause... mais ce fait-divers a délié les langues en ligne et depuis, des voix de plus en plus nombreuses critiquent l'aspect ultra-autoritaire et intransigeant des protocoles sanitaires chinois qui envoient des milliers de personnes en quarantaine dès le moindre soupçon, qui autorisent des gens à rentrer chez eux en leur absence et à tuer leur chien ou leur chat sans même les en informer. Une remise en cause de l'intérieur du totalitarisme chinois est-elle en marche ? C'est loin d'être sûr mais si c'est le cas, on se souviendra un jour que le premier martyr de cette révolte-là aura été un très mignon petit chien corgi.    

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Je prends encore quelques secondes pour saluer notre consœur Caroline Hayek, du grand quotidien francophone libanais L'Orient-Le Jour. Caroline Hayek c'est un nom que je cite régulièrement dans mes revues de presse pour la qualité de ses reportages et de ses analyses ;  ce lundi, elle a été récompensée par le prestigieux prix Albert Londres pour ses travaux dont nous avions parlé ici-même, sur les séquelles profondes laissées dans la société libanaise par l'explosion du port de Beyrouth le 4 août 2020.  

"Ces reportages, d'après le lauréat de l'an passé Allan Kaval du Monde, nous parlent d'une violence qui n'est pas celle de la guerre mais qui est plus insidieuse, celle de la corruption, de l'incurie de certains pouvoirs publics et de ses conséquences pour les plus faibles", ces "invisibles" qui sont au cœur du travail de Caroline Hayek. Une démarche et une "écriture lumineuse qui transforment l'injustice en colère et la colère en politique... et en espoir". Belle définition au passage du journalisme ; félicitations à Caroline Hayek et longue vie à L'Orient-Le Jour !