Si l'armée finlandaise ne compte que 13 000 professionnels, le pays de 5,5 millions d'habitants affiche un nombre impressionnant de 900 000 réservistes.
Si l'armée finlandaise ne compte que 13 000 professionnels, le pays de 5,5 millions d'habitants affiche un nombre impressionnant de 900 000 réservistes.
Si l'armée finlandaise ne compte que 13 000 professionnels, le pays de 5,5 millions d'habitants affiche un nombre impressionnant de 900 000 réservistes. ©AFP - Heikki Saukkomaa / Lehtikuva / AFP
Si l'armée finlandaise ne compte que 13 000 professionnels, le pays de 5,5 millions d'habitants affiche un nombre impressionnant de 900 000 réservistes. ©AFP - Heikki Saukkomaa / Lehtikuva / AFP
Si l'armée finlandaise ne compte que 13 000 professionnels, le pays de 5,5 millions d'habitants affiche un nombre impressionnant de 900 000 réservistes. ©AFP - Heikki Saukkomaa / Lehtikuva / AFP
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Résumé

Alors que leur pays se sent menacé par Moscou, beaucoup de Finlandais se présentent volontairement pour le service militaire, tandis qu'en Russie voisine, la conscription est moins évidente. Joe Biden assouplit plusieurs mesures de l'ère "Trump" envers Cuba.

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Un contraste frappant que nous livre le magazine Foreign Policy, qui raconte : le 11 avril dernier, alors que le monde avait, ce jour-là encore les yeux rivés sur l'Ukraine, 98 stars du sport finlandais, athlètes de hockey sur glace, joueurs de basket-ball, ou encore skieurs de fond, commençaient leur service militaire, avec pour certains la boule au ventre.

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En Finlande, le service est obligatoire pour tous les hommes entre 18 et 30 ans. Il dure six mois et peut être différé mais jusqu’à 28 ans maximum. Beaucoup de ces nouveaux conscrits confient qu'ils regrettent de ne pas l’avoir fait plus tôt : six mois, c’est terriblement long dans une carrière sportive. Mais il a bien fallu ranger maillots, baskets, cross et combinaisons, l’esquive étant considérée dans le pays comme socialement honteuse. Résultat, pratiquement tous les Finlandais se présentent volontairement pour le service militaire.

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De l’autre côté de la frontière en revanche, en Russie, la situation est toute autre. Là-bas, la conscription est considérée "comme une blague" au sein de la classe moyenne, qui l'évite grâce à des méthodes aussi louches que connues pour certaines, comme l’universel faux certificat médical, nous dit Foreign Policy. Le résultat, c’est que Moscou dépend des groupes les plus vulnérables du pays pour remplir les rangs de son armée, ceux qui n’ont pas les moyens de soudoyer qui que ce soit, et qui sont en moins bonne santé aussi. Foreign Policy évoque à plusieurs reprises les problèmes d'alcoolisme chez les jeunes Russes.

Le sol empoisonné de la conscription en Russie

Ce sol "empoisonné de la conscription" donne ainsi "de mauvais fruits" en Ukraine, où une armée peu motivée, peu qualifiée, est repoussée par une armée ukrainienne finalement plus compétente. Et cela ferait une énorme différence si Vladimir Poutine décidait d’annoncer la mobilisation générale. Mais servir n’est "pas vraiment quelque chose que son peuple semble attendre avec impatience", note un expert russe sur les questions de défense.

Et même si le chef du Kremlin prenait cette décision, les infrastructures nécessaires pour former les civils n’existent plus, note le New York Times. Le quotidien américain explique aussi ces difficultés pour l’armée russe de recruter, par un taux de natalité en baisse, des salaires trop bas, une corruption endémique. Et une culture soviétique qui perdure. Les soldats sont notamment évalués sur leur capacité à obéir aux ordres, davantage qu’à penser sur le champ de bataille.

"L'armée soviétique a été construite pour pouvoir mobiliser des millions d’hommes dans des tas de divisions, avec des stocks d’équipement inépuisables", explique un chercheur au New York Times. Elle a été conçue pour une "troisième guerre mondiale", la guerre contre l’OTAN qui, jusqu’ici, n’a jamais eu lieu. Ce qui pourrait aussi faire réfléchir Moscou avant de menacer Helsinki pour son adhésion à l’alliance atlantique, estime Foreign Policy.

Vladimir Poutine colonel ou brigadier ?

Cette difficulté sur le terrain ukrainien tiendrait aussi à la façon dont Vladimir Poutine s’implique personnellement dans la guerre en Ukraine. Peut-être un peu trop, selon le Guardian, qui cite des sources occidentales décrivant un président russe qui prend des opérationnelles et tactiques "au niveau d’un colonel ou d’un brigadier".

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En étroite collaboration avec le commandant des forces armées, le chef du Kremlin envoie ses instructions aux généraux sur le terrain, opérant de façon beaucoup plus "descendante" que dans les armées américaines ou britanniques. Tout cela donne, des résultats militaires plus que mitigés à l’heure actuelle. Plusieurs responsables occidentaux et notamment britanniques ayant souligné ces derniers jours que Moscou n’avait enregistré aucune victoire substantielle sur le terrain.

Washington lève plusieurs restrictions concernant Cuba

C'est peut-être un pas vers "l'après-Trump" dans la politique américaine envers l'île communiste. L'administration du président Biden a annoncé lundi 16 mai le rétablissement d’un programme de regroupement familial, suspendu par son prédécesseur. Davantage de demandes de visas vont pouvoir être traitées à la Havane, le nombre de vols entre les deux pays va augmenter, précise l’agence espagnole EFE, qui parle d'un "assouplissement".

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La limite de 1 000 dollars par trimestre imposée aux "remesas", l’envoi d’argent à la famille, est aussi levée. Les investissements dans des entreprises privées cubaines devraient par ailleurs être autorisés. Et ce dernier point serait une première en 60 ans, note, positif, El Nuevo Herald. Mais qui n’aurait de sens que si le gouvernement cubain permettait, en échange aux investisseurs américains, de participer à un secteur privé encore très fragile.

Crise humanitaire vs pression politique

Cela intervient alors que l’île est confrontée à une des pires crises économiques de son histoire, le nombre de Cubains qui cherchent à partir bat des records. Ce qui a poussé Washington et La Havane à se parler le mois dernier sur cette question migratoire, pour la première fois en quatre ans, note le Washington Post. Le ministère cubain des affaires étrangères, salue, du bout des lèvres, "un pas limité dans la bonne direction", mais ajoute que cela ne change rien au blocus, toujours en place depuis maintenant 60 ans, rapporte le site indépendant Cubanet.

Ces mesures interviennent surtout après des mois d’hésitation, indique le Washington Post. Joe Biden avait promis d’assouplir sa politique envers Cuba. Mais il y a eu, l’an dernier, quelques mois après l’arrivée du démocrate à la Maison Blanche, la répression de manifestations historiques partout sur l’île pour réclamer à manger et la liberté. Des centaines de personnes ont été incarcérées.

Et puis surtout, comme ses prédécesseurs, Joe Biden doit affronter une opposition politique aussi farouche que transpartisane concernant toute éventuelle main tendue vers l’île communiste. Le Los Angeles Times cite plusieurs républicains qui se sont déjà offusqués de ces annonces. Mais la situation humanitaire pousse Washington à donner un peu d'oxygène au peuple cubain.

El País y voit aussi une raison plus géopolitique. Le sommet des Amériques doit se tenir début juin à Los Angeles. Cuba, le Venezuela et le Nicaragua, jugés anti-démocratiques, n’ont pas été invités par l’administration Biden. Conséquence : le Mexique, qui plaide pour une levée de l’embargo américain sur l’île, menace de boycotter ce sommet. Mais selon Radio Marti, média cubain en exil, le département d’état, interrogé sur ce point, a démenti tout lien entre ces décisions et ce sommet des Amériques.