Daech, effondrement bancaire et sécheresse : les menaces qui pèsent sur l'Afghanistan des talibans

Jeune marchand de maïs dans les faubourgs de Kaboul, Afghanistan, le 19/11/21
Jeune marchand de maïs dans les faubourgs de Kaboul, Afghanistan, le 19/11/21 ©AFP - Hector Retamal
Jeune marchand de maïs dans les faubourgs de Kaboul, Afghanistan, le 19/11/21 ©AFP - Hector Retamal
Jeune marchand de maïs dans les faubourgs de Kaboul, Afghanistan, le 19/11/21 ©AFP - Hector Retamal
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Trois mois après leur arrivée au pouvoir en Afghanistan, les talibans font face à des défis majeurs à commencer par la lutte contre Daech qui prolifère sur la défiance d'une population menacée par la famine. Boris Johnson perd les pédales en plein discours et inquiète la presse britannique.

Ce matin, retour en Afghanistan avec l’Émirat Islamique des talibans aux prises avec le groupe État islamique.

Émirat contre État, talibans contre djihadistes de Daech, c'est un reportage dans la région de Jalalabad à l'Est de Kaboul signé Susannah George pour The Washington Post où l'on mesure les difficultés que rencontre le nouveau pouvoir afghan, trois mois après son arrivée aux commandes du pays, face à la menace croissante que représente le groupe État islamique. 

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Dans cette région du Nangarhâr, Kaboul a déployé le mois dernier plus de 1 300 talibans pour tenter de contrer l'avancée des djihadistes ; une armée de bric et de broc qui multiplie les raids, de nuit, contre les positions du groupe État islamique au Khorasan, faisant des centaines de prisonniers et en exécutant aussi bon nombre sans autre forme de procès. 

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"Notre responsabilité, c'est d'éradiquer Daech, non seulement en Afghanistan mais aussi dans le monde entier" récite un soldat taliban à la journaliste américaine... "alors oui, c'est brutal, et si l'ennemi ne se rend pas, eh bien on l'abat". Il faut dire, que le danger ne fait que croître depuis trois mois, avec dans cette région qui touche le Pakistan, une propagande très active du groupe Etat islamique qui incite la population à prendre les armes, présentant Daech comme la première force de "résistance" aux talibans. 

Le recrutement va bon train depuis trois mois, estimait récemment un rapport de l'ONU selon qui Daech au Khorasan est désormais implanté dans toutes les provinces d'Afghanistan. Les attentats très meurtriers que l'organisation terroriste a mené le mois dernier, en particulier à Kaboul, mettent une pression énorme sur le nouveau pouvoir afghan. La contre-offensive talibane est donc féroce... avec la crainte, soulevée par le reportage du Washington Post, que cette campagne très violente ne fasse que terroriser un peu plus la population afghane et la pousse plus encore dans les bras de Daech.  

Il y a aussi des raisons économiques qui affaiblissent le pouvoir des talibans : c'est l'autre défi majeur des maîtres de Kaboul qui ont été jusque-là incapables de maintenir debout un semblant d'économie en Afghanistan, c'est désormais, d'après le média anglophone Tolo News la menace d'un effondrement "colossal" du système bancaire afghan, crainte brandie par l'agence onusienne pour le développement. 

Dans un pays comme à l'arrêt et coupé du reste du monde avec le retrait des investisseurs étrangers, de plus en plus d'Afghans ne peuvent plus rembourser leurs crédits, et comme ils sont très inquiets pour leur avenir ils gardent le peu d'argent qu'ils ont chez eux sous leur matelas ; les caisses des banques sont donc désespérément vides, et tout le système bancaire jusque-là maintenu par les aides internationales menace de collapser. 

Pour ne rien arranger, la sécheresse qui frappe une grande partie du pays menace plusieurs millions d'Afghans de famine cet hiver. Maigre soulagement, on lit dans The Times of India que l'Inde et le Pakistan sont sur le point de se mettre d'accord (et ce n'est pas chose facile entre ces deux-là) pour que le Pakistan laisse passer vers l'Afghanistan 50 000 tonnes de blé d'aide humanitaire indienne. 

Mais d'ores et déjà la sécheresse vient renforcer le drame afghan : le magazine américain The Atlantic nous raconte comment des familles démunies en arrivent à donner - pour ne pas dire vendre - leurs filles en mariage de plus en plus jeunes, certaines même à 11 ou 12 ans... parce que comme l'explique une mère de famille, le seul choix qu'il leur reste c'est de "consentir à ce mariage, ou bien préparer des funérailles". 

Dans ce reportage de l'indienne Ruchi Kumar, on voit comment les fléaux se combinent : dérèglement climatique, chaos politique, abandon diplomatique et obscurantisme religieux, pour prolonger encore le calvaire d'un pays et de ses habitants.

Au Royaume-Uni Boris Johnson a décidément le talent d'être là où on ne l'attend pas.  ... Mais là ça va très loin avec ce moment gênant - il n'y a pas d'autre mot - du Premier ministre dimanche pour son discours très attendu sur l'économie post-Covid au Royaume-Uni devant l'équivalent britannique du Medef. 

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Dans ces extraits vidéo compilés par The Sun, Boris Johnson se perd d'abord dans ses feuilles, ne trouve pas son discours... ça dure déjà très longtemps... puis pour sauver la face, apparemment, il se lance dans un long discours sur sa visite, quelques heures plus tôt, au parc d'attraction inspiré par l'univers de Peppa Pig, ce dessin animé britannique un peu gentillet pour très jeunes enfants. 

Boris Johnson explique que ça lui a beaucoup plu, "la propreté des rues, la discipline des enfants à l'école, l'organisation des transports en commun, la glorification de l'inventivité britannique". Et ça ne s'est pas arrêté là, ensuite détaille Skynews : le Premier ministre a longuement imité le bruit d'un moteur de voiture, s'est comparé à Moïse, etc.

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Tout ça se voulait certes très improvisé et un peu narquois, mais a surtout semblé "bizarre, chaotique et confus" au sérieux journal The Times, surtout devant un parterre de chefs d'entreprises qui attendaient beaucoup de ce discours de politique économique. Alors forcément, vous l'imaginez bien, la presse anglaise ce matin revient largement sur ce naufrage en direct, mais pas forcément sur un ton humoristique : on sent une réelle préoccupation pour l'état de santé mentale de Boris Johnson qui semble "perdre le contrôle et dans le même temps la confiance de certains élus de son parti conservateur", selon The Guardian

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Le quotidien en veut pour preuve la "rébellion", hier soir dans la foulée du "discours Peppa Pig", d'un groupe de Tories à la chambre des Communes qui ont refusé de voter en faveur de la réforme de la sécurité sociale voulue par le gouvernement Johnson et accusée d'affaiblir dangereusement la couverture maladie des plus pauvres.  

Mais le pire dans ces égarements de Boris Johnson, c'est que ça passe toujours : The Independent en veut pour preuve la victoire, à la fin, du Premier ministre qui a réussi à mater la rébellion et a finalement obtenu la majorité des voix de parlementaires pour sa réforme de la couverture maladie.

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