Femme ukrainienne devant le mur des soldats tués au Donbas, Kiev, le 21/01/22
Femme ukrainienne devant le mur des soldats tués au Donbas, Kiev, le 21/01/22
Femme ukrainienne devant le mur des soldats tués au Donbas, Kiev, le 21/01/22 ©AFP - Sergei Supinsky
Femme ukrainienne devant le mur des soldats tués au Donbas, Kiev, le 21/01/22 ©AFP - Sergei Supinsky
Femme ukrainienne devant le mur des soldats tués au Donbas, Kiev, le 21/01/22 ©AFP - Sergei Supinsky
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Résumé

Comment les Ukrainiens vivent-ils la menace de plus en plus insistante d'une possible intervention militaire russe contre leur pays ? Reportages croisés dans les rues de Kiev. Le putsch au Burkina Faso, symbole d'une implosion de la Françafrique et échec africain d'Emmanuel Macron ?

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En Ukraine : comment les Ukrainiens vivent la menace imminente d’une invasion militaire russe ?

Ce mardi 25 janvier 2022, plusieurs journaux internationaux publient des articles qui prennent la tangente des grandes tractations diplomatiques et des mouvements de troupes qui se multiplient autour de l'Ukraine, pour aller plutôt interroger les habitants de ce pays. Comment vivent-ils au quotidien avec l’épée de Damoclès russe juste au-dessus de leur tête ? Avant tout en essayant de garder leur calme, constate, dans les rues de Kiev, le correspondant du Guardian Luke Harding.

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Dans la capitale, pas de signe de panique, où la vie suit son court presque comme si de rien n’était… si ce n’est cette atmosphère générale décrite comme plus sombre, plus préoccupée à mesure que les signaux extérieurs d’aggravation de la crise entre l’OTAN et la Russie se multiplient : en la matière l’annonce ce lundi 24 janvier par Washington du rappel des personnels diplomatiques américains en poste en Ukraine, n’a clairement pas détendu l’atmosphère, pas plus d’ailleurs que les déclarations qui ont suivi au Pentagone, le placement en alerte renforcée de 8 500 soldats de l’alliance atlantique prêts, au cas où, à se déployer aux confins Est de l’Europe.

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"Il ne va rien se passer du tout", continue pourtant de croire Sacha le barbier kiévien, certain que les Russes ne prendront jamais ni Kiev où il travaille, ni Karkiv, où il est né, plus à l’Est. Car, dit-il, "s’il le faut nous nous battrons pour les défendre". Dans un reportage similaire d*’El Pais,* une artiste de la même génération (celle qui n’a quasiment pas connu l’URSS mais a toujours vu la Russie faire obstruction à ses velléités d’émancipation vers l’Ouest), explique que cette menace de voir des troupes russes entrer dans son pays, "c’est comme un bourdon qui tourne dans l’estomac", quelque chose de pesant, de diffus mais de toujours présent depuis quelques jours.

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L’Ukraine, recadre Gabriel Gatehouse de la BBC, toujours depuis Kiev, vit dans un état de guerre qui ne dit pas son nom avec la Russie depuis 2014. L’invasion de la Crimée et le début du conflit séparatiste dans le Donbas dure toujours et prive l’Ukraine de deux régions passées entre les mains de milices pro-russes. Ce qui menace cette fois, c’est une "escalade" de cette guerre, sa généralisation à tout le pays. Mais James Marson du Wall Street Journal - un autre fin connaisseur de la société ukrainienne - met en garde : les Ukrainiens sont "résignés mais préparés" à une possible invasion russe. Ils se tiennent prêts, avec un sac de vêtements devant la porte de leur appartement au cas où il faudrait partir vite, avec des collègues auxquels on montre comment gérer les affaires courantes de l'entreprise au cas où le patron devrait rejoindre son bataillon de réservistes dans l’armée, avec des enfants parfois auxquels les parents apprennent à manier une arme ou en tous cas à réagir en cas de bombardement.

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En 2014 la plupart se sont contentés d’envoyer des vivres et des vêtements chauds aux soldats sur le front du Donbas, cette fois, ils savent que si les Russes franchissent le pas (et la frontière), "la suite ne pourra qu’être un cauchemar, comme en Syrie", prédit Danylo, 46 ans… comme si un affrontement fratricide sans cesse évité et repoussé depuis 30 ans - voire depuis un siècle - s'annonçait.

L’hebdomadaire Korrespondent cite le général Olexandr Pavliuk, chef des forces ukrainiennes sur le front de l’Est du pays, selon qui les Russes prévoiraient d’attaquer, à la fin du mois de février, autour du 20, date de la fin des JO d’hiver en Chine et des exercices communs que l’armée russe a prévu de mener avec son homologue biélorusse, tout près de la frontière nord-ouest de l’Ukraine. Le scénario redouté impliquerait l’utilisation de missiles de moyenne portée Iskander, capables de frapper Kiev, et permettrait à la Russie de prendre le contrôle de 8 régions ukrainiennes sur 27. Mais "les Ukrainiens se défendront à main nues s’il le faut", jure le chef militaire.

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Pour se défendre, le quotidien en ligne Ukrainska Pravda se félicite de l’arrivée à Kiev dimanche d’un second chargement de 80 tonnes d’armes défensives fournies par les États-Unis… mais il tire à boulets rouges sur l’Allemagne, qui elle refuse d’en faire de même. Berlin accusée d’affaiblir la position européenne et donc de "pousser la Russie vers la guerre".

De toute façon, craint Andrew Roth du Guardian, plus les jours passent et plus cette période de surenchères pré-conflit coûte à la Russie, qui a vu hier encore sa bourse plonger dans le rouge… À force d’envoyer des renforts aux portes de l’Ukraine et d’échauffer les esprits dans son pays, Vladimir Poutine pourrait bien se retrouver piégé, incapable de faire marche arrière à temps et donc forcé à aller au bout de sa menace d'invasion de l’Ukraine.

Au Burkina Faso : la prise de pouvoir de l’armée

Les appels à la raison cités lundi 24 janvier dans la presse burkinabé n’ont pas suffi : les mutineries de dimanche 23 janvier, les mouvements d’humeurs dans les casernes, "c’était donc bien un coup d’État", constate, résigné, l’édito de Wakat Sera… qui n’est pas dupe pour autant : si les généraux ont chassé le président Kaboré du pouvoir, c’est avant tout poussés et "contraints" par un peuple "chauffé à blanc, exaspéré par les exactions" incessantes des djihadistes au nord du pays aussi bien que par "la mal gouvernance, les brimades et l’oppression" exercées par les dirigeants politiques.

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Le coup de force des militaires n’est pas étonnant, poursuit le quotidien Le Pays à Ouagadougou qui confirme au passage ce que l’on avait déjà esquissé ici-même, à savoir que l’institution régionale censée défendre la démocratie et le libre-échange en Afrique de l’Ouest, la Cédéao, se voit infliger un nouveau camouflet, elle qui avait décidé de sanctions très fortes contre les putschistes au Mali, pour justement éviter d’autres coups d’États militaires dans les pays voisins... l'effet dissuasif n'a pas du tout fonctionné.

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Mais pour Richard Werly du Temps de Genève, ce qui se joue au Burkina Faso après avoir renversé le Mali, c’est une "implosion" complète de la Françafrique, celle dont Emmanuel Macro avait juré de tout faire pour se débarrasser, mais qu’il a contribué, bon gré mal gré, à faire perdurer, jusqu’à la rupture. Les putschs successifs à Bamako et Ouagadougou, écrit le journaliste suisse basé à Paris, signent "un incontestable échec africain pour le mandat qui s’achève du président français".