Veillée en l'honneur des victimes de la tuerie à l'école primaire d'Uvalde, Texas, le 24/05/22
Veillée en l'honneur des victimes de la tuerie à l'école primaire d'Uvalde, Texas, le 24/05/22
Veillée en l'honneur des victimes de la tuerie à l'école primaire d'Uvalde, Texas, le 24/05/22 ©AFP - Jordan Vonderhaar / Getty Images
Veillée en l'honneur des victimes de la tuerie à l'école primaire d'Uvalde, Texas, le 24/05/22 ©AFP - Jordan Vonderhaar / Getty Images
Veillée en l'honneur des victimes de la tuerie à l'école primaire d'Uvalde, Texas, le 24/05/22 ©AFP - Jordan Vonderhaar / Getty Images
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Résumé

Un homme de 18 ans a tué 18 enfants dans une école primaire d'Uvalde au Texas. Ce drame ravive le débat sur le contrôle des armes à feu aux USA, entre détermination à agir et constat d'impuissance. En Chine des fuites au sein de la police confirment l'implacable répression des Ouïghours.

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Au Texas, dans la presse de ce 25 mai on peut lire : "une nation qui n’est pas capable de protéger ses enfants est une nation qui a failli"

"Une nation brisée", martèle l’éditorial du San Antonio Express News, le quotidien de la métropole texane toute proche d’Uvalde, cette petite commune à très forte population latino, cette "banlieue pavillonnaire qui n’en finit pas de s’étendre" selon la description qu’en fait la radio NPR, mais qui n’avait, à priori, rien qui la prédestinait à venir ajouter son nom à la liste de ces tueries de masse en milieu scolaire qui criblent l’histoire récente des États-Unis.

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Rien… à part d’être une ville américaine parmi toutes les autres. Car le pire, poursuit le journal de San Antonio, c’est que cette "terreur inimaginable" qui a figé les enfants d’Uvalde hier matin mardi 24 mai, on ne peut pas dire qu’elle était vraiment imprévisible, imaginable et surtout inévitable au regard de la tragique répétition des massacres précédents.

Avec au moins 20 morts dont 18 petits écoliers, ce qui s’est passé mardi 24 mai à l’école élémentaire Robb d’Uvalde, restera comme la deuxième tuerie de masse la plus meurtrière dans l’histoire américaine à avoir été perpétrée dans une école primaire, signalent tous les médias américains. La pire, à date, reste celle de Sandy Hook dans le Connecticut, il y a près de dix ans.

Un homme qui est bien placé pour en parler, pour avoir eu à affronter la douleur et la colère des parents, c’est le sénateur démocrate du Connecticut Chris Murphy. Dès l’annonce des morts d’Uvalde, en pleine séance au Sénat, il a pris la parole et prononcé un discours largement repris par le site Politico :

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"Que faisons-nous, ici ?" lance Chris Murphy aux autres législateurs. "Pourquoi dépenser autant de travail et d’énergie pour vous faire élire, pour vous retrouver dans une position de pouvoir politique, si quand la vie de nos enfants est en danger, quand une tuerie de masse en chasse une autre, votre seule réponse… c’est de ne rien faire. À quoi est-ce que nous servons, finalement, si nous ne sommes pas capables de résoudre un problème aussi existentiel que celui-ci ?"

Voilà des mots simples, prononcés avec l’émotion de celui qui a vécu le drame de Sandy Hook de l’intérieur, qui résonnent fort ce 25 mai dans la société américaine. Plus, même, que ceux d’un Joe Biden qui a une nouvelle fois juré de légiférer sur le contrôle des armes à feu mais dont les paroles ressemblent trop à celles de ses prédécesseurs qui n’ont au final rien pu empêcher.

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Comment agir vraiment, sortir des mots "gun control" et des postures qui surgissent désormais automatiquement quand il faut affronter une énième tuerie de masse ? En parlant d’automatismes, le New York Times republie ce mercredi 25 mai une longue et vibrante tribune de Nicholas Kristof intitulée "Comment réduire les massacres ?". Le texte date justement d’un précédent massacre, en 2017, dans une église, déjà, du Texas. Le quotidien reconnaît qu’il nous sert du réchauffé, mais il constate surtout que ce que décrit et dénonce l'article n’a pas changé en cinq ans… et ne changera pas tant que, comme pour la sécurité routière, une vraie politique publique n’aura pas été initiée contre la détention et l’usage d’armes à feu aux États-Unis. "Ca a marché pour les morts de la route, ça peut marcher pour les morts par balles" conclut l’auteur du texte selon qui "rien qu’en évitant un tiers de ces morts, l’Amérique sauverait plus de 10 000 vies par an".

Dans l'ouest de la Chine : des révélations sur la répression du peuple ouïghour

L’archipel des camps de rééducation de la minorité turcique et musulmane se dévoile un peu plus encore dans ces Xinjiang Police Files, ces milliers de documents piratés auprès de la police de cette région de l’Extrême-Orient chinois qui viennent d’être publiés simultanément par la BBC, USA Today, Der Spiegel et le consortium d’investigation journalistique ICIJ : ce qui saute d’abord aux yeux, bien sûr, ce sont ces milliers de photos de Ouïghours de tous âges qui sont passés par ces camps d’internement depuis 2017, mais les documents révélés donnent surtout des détails sur la nature vraiment carcérale de ces camps, les mauvais traitements, les violations criantes des droits humains, les privations de libertés et la rééducation culturelle, religieuse, politique qui y est imposée.

Autant d’éclairages crus qui démontent point par point l’image que Pékin voudrait donner de sa politique, on y reviendra, "de développement et de lutte contre la pauvreté" dans le Xinjiang… une belle histoire dans laquelle les camps où disparaissent les Ouïghours ne seraient que des "écoles".

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La publication des Xinjiang Police Files coïncide (et ce n’est surtout pas un hasard ajoute le Washington Post) avec la visite dans l’ouest chinois de Michelle Bachelet, la commissaire de l’ONU aux droits humains. Quelle marge de manœuvre et de dénonciation l’émissaire onusienne aura-t-elle vraiment, s’interroge Al Jazeera ? Sans doute aucune ou presque. Michelle Bachelet ne verra que ce que les autorités chinoises voudront bien lui montrer… et sur ce point-là on peut compter sur les journaux officiels pour nous en donner un aperçu : Xinhua, l’agence Chine Nouvelle, louait hier encore "les progrès considérables opérés dans le Xinjiang ces dernières années, en matière justement de droits humains". Des progrès, nous dit-on encore, qui battent en brèche la "désinformation éhontée" menée par l’Occident sur les soi-disant répressions et travaux forcés qui seraient imposés aux Ouïghours.

Le Global Times, lui, nous explique que tout est question de nuance, de conception de ce qu’on appelle les droits humains en Chine… à savoir, avant tout, le droit au développement, à ne pas vivre dans la pauvreté.

La Chine de Xi Jinping s’enorgueillit d’avoir "éradiqué l’extrême pauvreté en 2021" et d’avoir évité toutes les catastrophes humanitaires majeures qui accablent le reste du monde. Ne cherchez ici pas les mots de liberté ou de démocratie, sinon comme des contre-modèles. Selon cette définition, les Ouïghours, après avoir été rééduqués, bénéficient donc du "droit fondamental" de vivre sagement comme de bons citoyens sinisés et de bons travailleurs dociles… pourquoi diable iraient-ils demander plus ?