Policier grec patrouillant sur le fleuve Evros, à la frontière avec la Turquie, le 08/06/2021
Policier grec patrouillant sur le fleuve Evros, à la frontière avec la Turquie, le 08/06/2021 ©AFP - Sakis Mitrolidis
Policier grec patrouillant sur le fleuve Evros, à la frontière avec la Turquie, le 08/06/2021 ©AFP - Sakis Mitrolidis
Policier grec patrouillant sur le fleuve Evros, à la frontière avec la Turquie, le 08/06/2021 ©AFP - Sakis Mitrolidis
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Plusieurs médias européens ont enquêté sur les exactions commises par la police grecque à la frontière avec la Turquie : des migrants témoignent avoir été exploités par des policiers pour mener des opérations violentes envers d'autres exilés. Le Togo et le Gabon rejoignent le Commonwealth.

Au moins 51 migrants d’Amérique Latine sont morts lundi au Texas, asphyxiés dans la remorque surchauffée d’un camion dans laquelle ils venaient de passer la frontière américaine…

... Sauf qu'après, selon USA Today, la remorque dans laquelle on a retrouvé leurs corps avait été abandonnée, sur un parking de San Antonio, par les passeurs qui avaient monté l’opération. Voilà qui rappelle l’Amérique de Joe Biden à la dramatique réalité migratoire de sa frontière sud, dont le président avait fait une priorité au début de son mandat mais qui, depuis quelques mois, avait disparu du débat public aux États-Unis.

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Ce drame texan en rappelle bien d’autres, eux aussi trop souvent traités par le silence, à Simon Petite du quotidien suisse Le Temps. Il n’y a, pas loin de là, que sur les rives du Rio Grande que l’on meurt pour franchir des frontières interdites. "Les routes de l’exil sont des routes de tous les dangers", écrit le journaliste helvète, et en la matière l’Europe n’a pas de quoi donner des leçons à l’Amérique. "La Méditerranée est un cimetière", et les portes d’entrée vers notre continent sont devenues les lieux d’une violence répressive qui semble échapper à tout cadre légal.

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Dernier exemple en date, ce "massacre de Melilla", dénoncé dans El Pais par l’opposition politique espagnole. De gauche comme de droite, elle reproche au gouvernement socialiste de Pedro Sanchez de couvrir les exactions commises par la police marocaine quand il s’agit comme vendredi dernier de repousser les assauts groupés de centaines de migrants vers l’enclave espagnole au Maroc. Vendredi, la charge marocaine a conduit à la mort de 23 exilés officiellement, plutôt une quarantaine selon les ONG présentes sur place, et des dizaines de blessés.

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Tout ça nous amène de l’autre côté de l’Union européenne, à sa frontière Est entre la Turquie et la Grèce : là-bas c’est le fleuve Evros qui marque la frontière, franchie clandestinement par des dizaines de migrants chaque jour. Cela fait des années que la police grecque est mise en cause pour ses mauvaises pratiques, son usage de la violence pour repousser ces candidats à l’asile en Europe. Mais ce qu’ont révélé hier les médias allemand Der Spiegel et l' ARD, le Guardian britannique et Le Monde en France va beaucoup plus loin. Ils ont recueilli les témoignages de six migrants, pour la plupart Syriens, en tous cas arabophones, qui expliquent que les policiers grecs qui les ont interpellé lorsqu'ils ont tenté de franchir la frontière leur ont fait miroiter un permis de séjour s’ils acceptaient de travailler illégalement pour eux. Ils étaient détenus dans plusieurs commissariats de la région, et s voyaient confier des missions de refoulement, illégales et violentes, d’autres migrants désespérés et démunis vers la Turquie.

"Nous étions des esclaves" de la police grecque, explique l’un de ces témoins à la télé publique allemande ARD ; des esclaves forcés de faire la basse besogne que les fonctionnaires grecs ne pouvaient ou ne voulaient plus faire eux-mêmes. C’est d’ailleurs sur cette hypocrisie que Der Spiegel met l’accent, ce sommet de cynisme qui consiste à "exploiter des réfugiés pour s’en prendre à d’autres réfugiés", en utilisant la promesse de papiers en règle pour ne faire des supplétifs dociles. The Guardian pour sa part souligne que ces pratiques de la police grecque n’ont pu se faire sans l’aval (voire les ordres) des plus hauts niveaux de la hiérarchie policière, voire du pouvoir politique.

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Ces derniers jours, un rapport du Haut-commissariat de l’ONU aux droits humains dénonçait, selon le quotidien turc Sabah, l’atmosphère très lourde et répressive que le gouvernement de droite de Kyriakos Mitsotakis fait peser sur les ONG et sur les défenseurs des droits de l’homme en Grèce. Il y était question d’une véritable criminalisation de l’aide aux migrants, d’un "climat de peur et de suffocation" imposé à la société civile dans son ensemble...  notamment - on y revient -  par la police grecque aux frontières.

C’est une information qui est passée un peu sous les radars en France ces derniers jours : le Togo et le Gabon viennent de rejoindre le Commonwealth !

Deux anciennes colonies françaises, deux pays francophones sans aucun lien historique avec la couronne britannique comme le note l’agence américaine Bloomberg, ont donc fait le choix de se rattacher à la communauté de désormais 56 Etats réunis autour de la reine Elisabeth 2.

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Au Gabon cette décision a été qualifiée "d’historique" par le président Ali Bongo en personne qui s’est fendu d’une allocution télévisée hier soir devant ses concitoyens… Le quotidien La Libreville reprend ces propos présidentiels qui font de cette entrée dans le Commonwealth un "tournant dans l’histoire du pays, aussi important que son indépendance en 1960". Il y est question "d’opportunités" économiques, plus d’échanges avec des pays moteurs dans la région, plus d’investissements étrangers, plus d’emplois donc à la clé espère le président gabonais qui dit aussi que son pays doit "diversifier ses partenariats" et "renforcer son rayonnement culturel" à croire que tout cela nécessitait de prendre ses distances avec l’ancienne puissance coloniale française, de changer d’alliance.

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Dans les pages de la même Libreville, on lit l’interview d’un universitaire gabonais selon qui tout cela, forcément, représente symboliquement un "désaveu" pour la France en Afrique, un de plus. Pour la francophonie aussi : ces entrées dans le Commonwealth entérinent l’idée que les nations africaines seront plus fortes dans la mondialisation en se raccrochant à la lingua franca, la langue anglaise… et en délaissant donc le français qui est apparemment de moins en moins vu comme une chance de développement et d’ouverture sur le continent africain.