Le président turc Erdogan devant les députés AKP, Aknara le 1er juin 2022 ©AFP - Adem Altan
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Résumé

Annonçant une opération militaire imminente contre les combattants kurdes du Nord-Syrie, Recep Tayyip Erdogan tente de se relancer dans la campagne présidentielle turque et teste le soutien de ses alliés de l'OTAN. Le jubilé de platine d'Elizabeth II au Royaume-Uni, une beuverie nationale ?

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À quel jeu le président turc joue-t-il à la frontière syrienne ?

Recep Tayyip Erdogan masse des armes et des troupes à cette frontière, et avertissait, ce mercredi 1er juin encore sur le site Al Monitor, qu’il comptait lancer des opérations militaires dans le nord de la Syrie. Dans les villes de Manbij et Tal-Rifaat d’abord puis, dit-il, dans d'autres régions, pour en chasser les forces kurdes qu’il qualifie de terroristes. Erdogan parle d’établir une zone tampon sous contrôle turc de 30 kilomètres, sur cette frontière que son armée n’avait plus franchie depuis la fin 2019. La Turquie s’apprête donc à appuyer à nouveau sur les boutons "Syrie" et "Kurdes" de son ordinateur politique, et l’on se demande forcément, pourquoi, pourquoi maintenant, et avec quelles arrière-pensées ?

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L’agence de presse Hawar du Rojava, prokurde donc, ébauche un premier élément de réponse : le président turc profite du fait que tout le monde ait le regard tourné vers l’Ukraine pour tenter de régler le très vieux compte qu’il a avec les Kurdes en général, et ceux qui contrôlent le nord de la Syrie.

Ajoutez à cela, avec le quotidien britannique The Independent, le fait qu’Erdogan doit affronter l’an prochain une élection présidentielle dans laquelle il est loin d’être favori, et qu’il commence à montrer des signes de fébrilité, avec des arrestations de plus en plus nombreuses d’opposants politiques. L’une des justifications pour occuper à nouveau le Nord-Syrie c’est aussi de pouvoir y reloger des centaines de milliers de réfugiés syriens dont la présence en Turquie fait de plus en plus polémique dans l'opinion publique turque.

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Pour revenir à cette élection présidentielle de l’an prochain, on se doutait depuis quelque temps que le président Erdogan allait tenter un gros coup pour se remettre au centre du jeu politique : lancer une opération militaire en Syrie et réactiver au passage la carte du ressentiment contre les Kurdes, il pourrait s'agir de ce genre de coup.

"Le machiavélisme de Recep Tayyip n’a pas de limites", affirme le politologue turc Hamit Bozarslan au journal en ligne d’opposition Ahval. Pour lui, ce n’est pas tant aux électeurs turcs qu’aux puissances étrangères - États-Unis et OTAN en premier - que s’adresse Erdogan en menaçant d’attaquer le nord de la Syrie et pourquoi pas aussi de l’Irak. Les Américains sont alliés avec les Kurdes de cette région du Rojava ; la Turquie est membre de l’OTAN, mais a toujours gardé son propre agenda, n’hésitant pas à aller contre le commandement atlantiste pour préserver ses intérêts propres au Moyen-Orient.

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Ces derniers jours, dans un contexte international polarisé par la guerre en Ukraine, Ankara menace de poser son veto à l’entrée de la Suède et de la Finlande dans l’OTAN. Les États-Unis, qui tiennent à ces deux adhésions pour élargir le bloc face à la Russie, font savoir pour le moment qu’ils désapprouvent le projet turc d’attaquer et d’occuper le nord syrien. Mais pas plus tard que jeudi 2 juin au soir, note le site d’info anglophone turc Daily Sabah, le patron de l’OTAN, Jens Stoltenberg, a laissé entendre qu’il "faut comprendre les préoccupations des Turcs et trouver un moyen d’y répondre"… C’est justement cela que veut Erdogan, selon Selçuk Aydın pour The Middle East Eye : éprouver le soutien de ses alliés occidentaux et leur tordre le bras avec cette menace d’attaquer les Kurdes en Syrie. C'est ce qu’ils vont être obligés de laisser faire tant ils ont besoin de la Turquie pour qu’elle accepte, in fine, l’entrée des Suédois et des Finlandais dans l’OTAN.

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Voilà comment la guerre en Ukraine, très indirectement, devrait faire des combattants kurdes des Forces syriennes libres des victimes collatérales, une fois de plus, d’intérêts de politique turque et étrangère qui les dépassent très largement.

Au Royaume-Uni : le jubilé de platine de la reine Elizabeth II, vu sous un angle… éthylique

À lire cet article réjouissant de The Economist traduit par Courrier International, on comprend à quel point dans l’histoire et sans doute un peu ces jours-ci encore, ces jubilés royaux sont aussi (sinon d’abord) l’occasion de grandes beuveries nationales, en pleine rue ou au pub, le tout toléré voire même incité par les pouvoirs publics.

On apprend qu’en 1809 le tout premier jubilé en l’honneur de Georges III a été célébré par des flots de bière ingurgités au gré d’interminables toasts portés à la longévité du Roi et de la Couronne. À lire la presse de l’époque, pas un sujet de Sa Majesté n’avait déssaoûlé pendant tout le temps qu’ont duré célébrations.

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Les choses se sont un peu assagies en 1887 pour le jubilé d’or de la reine Victoria : la proposition d’installer des fontaines à bière à travers le royaume avait été, paraît-il, "balayée avec la plus vive indignation".

Et puisque les Britanniques bénéficient d’un week-end de quatre jours pour fêter leur Reine - depuis jeudi 2 juin et jusqu'à dimanche 5 juin - il semble que l’esprit de bombance de 1809 soit de retour : le Daily Mail nous explique que Boris Johnson en personne a mis la pression sur les maires, qualifiés de rabat-joie, qui ne voulaient pas autoriser les fêtes et la consommation d’alcool sur la voie publique. Les horaires d’ouverture des pubs ont été exceptionnellement prolongés jusqu’à une heure du matin. En des termes euphémistiques et avec tout le sérieux qui le caractérise, The Guardian prédit que le jubilé de platine devrait générer sept milliards d’euros de bénéfices supplémentaires pour les restaurateurs et propriétaires de pubs. Pour ceux qui privilégient les fêtes de rue ou chez soi, les tabloïds regorgent depuis quelques jours d’articles publicitaires sur les enseignes de grande distribution qui font les meilleures promotions sur l’alcool ou sur les cocktails pour lever son verre à la Queen avec toute la classe qui lui est due.

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Enfin, grâce au Daily Record, on apprend que la ville écossaise de Glasgow a elle maintenu l’interdiction de faire la fête et de consommer de l’alcool dans ses rues, officiellement parce que la dernière fois, pour le mariage du Prince Charles et de Kate Middleton en 2011 avait complètement échappé au contrôle des forces de l’ordre, avec un parc public saccagé, des fêtards qui s’en étaient pris à la police, le tout finissant en une bagarre générale avec onze blessés et 22 arrestations.

Sans parler du nombre d’accidents de la route dus à l’alcool qui risque fort de culminer en ce royal week-end. Mais j’arrête là, je ne voudrais pas me retrouver dans le camp des rabat-joie… Alors "Cheers to Her Majesty !"