Des volontaires expliquent aux citoyens comment participer à la consultation en ligne à Tunis ©AFP - FETHI BELAID
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Résumé

Le 15 janvier dernier s'ouvrait en Tunisie une consultation destinée à recueillir les propositions des citoyens en vue d'un référendum constitutionnel prévu à l'été 2022. A trois jours de sa clôture, les chiffres officiels révèlent une participation d'un peu plus de 6% des électeurs seulement.

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A deux jours de la clôture d'une consultation citoyenne en vue de la tenue d'un référendum constitutionnel, environ 445 000 personnes sur 7 millions de Tunisiens auraient donc donné leur avis sur le site E-istichara, sur le pays et sa politique, son économie, sur les questions sociales, de santé, d'éducation et de culture.

Cette consultation nationale est-elle mort-née ? C'est la question que posent plusieurs médias tunisiens, comme le site Kapitalis, sur lequel on lit qu'en début de semaine, l’ancien ministre des Domaines de l’État et des affaires foncières Hatem El-Euchi a reconnu que cette participation ne dépasserait pas les 10%, mais que cela restait "un échantillon suffisant sur lequel se baser pour appliquer des réformes".

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El-Euchi, commente Kapitalis, oublie – ou fait semblant d’oublier – que la faiblesse de cette participation s’explique par son manque de légitimité aux yeux de nombreux Tunisiens, qui sont par ailleurs moins d’un sur deux à avoir accès à Internet ou à maîtriser l’outil, rappelle le Forum tunisien des droits économiques et sociaux.

Sauf que visiblement le chef de l’État avait autre chose en tête quand il a lancé cette consultation, note L’Économiste maghrébin, qui salue l’initiative présentée comme un moyen démocratique de sonder la population. Dont acte. Mais le quotidien s’interroge tout de même, trouvant curieux que dans l’entourage de Kaïs Saïed personne n’ait pris la peine de lui expliquer "l'ABC de la communication".

Le président, qui on le rappelle s’est arrogé les pleins pouvoirs en juillet 2021, a évoqué dans l’une de ses précédentes déclarations "une sorte de référendum, mais pas au sens classique du terme". Une erreur monumentale pour L’Économiste qui rappelle qu’une consultation n’apporte pas plus de légitimité à celui qui l’organise. Mais, ironise le quotidien, pas besoin d’apprendre cela à un professeur de droit constitutionnel, ce qu'était justement Kaïs Saïed avant son entrée en politique.

Plusieurs manifestations prévues ce week-end

Au vu de la très faible participation, certains se demandent s'il ne faudrait pas prolonger cette consultation, comme Tunisie numérique qui a posé la question au député indépendant Hatem Mliki. Ce dernier rejette l'idée, estimant qu'il faudrait près de 20 mois pour atteindre le nombre de participants souhaité.

Et au gouvernement, certains dénoncent des entraves à la bonne marche de cette initiative, "des partis qui ont échoué à gérer le pays" dans le passé et qui œuvrent à mettre en échec le processus. Comme d'habitude, les pro-Saïed utilisent "la théorie du complot pour justifier n'importe quel échec", estime, grinçant, le site Kapitalis.

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Penseraient-ils notamment à Ennahdha ? "Fragile, mais remonté à bloc", selon Tunisie Tribune, le parti islamiste a directement accusé le chef de l’État dans un communiqué jeudi 17 mars, lui reprochant "d’essayer d’orienter le peuple vers une consultation électronique ratée, au lieu de lui parler du déficit des finances publiques accentué par les conséquences de la guerre en Ukraine". Ennahdha qui appelle par ailleurs à manifester ce dimanche 20 mars contre une consultation qualifiée "d’escroquerie".

Car à deux jours de sa clôture, l’opération apparait plus que jamais en décalage avec les préoccupations de la population. Le pays vient d’ailleurs de demander une nouvelle aide du Fonds Monétaire International, le projet de réformes prévoit le gel des recrutements et des salaires pendant 5 ans, la levée des subventions pour les produits de base et le carburant, ainsi que la privatisation de certaines entreprises publiques.

Des mesures que refusent l’UGTT, la puissante centrale syndicale qui appelle elle à une grande mobilisation samedi 19 mars. Cet échec annoncé de la consultation populaire du président Kaïs Saïed, plus que jamais isolé, à l’intérieur comme à l’extérieur du pays, représenterait peut-être, pour le quotidien tunisien Le Temps, une occasion inespérée pour l'organisation de faire pression sur le locataire de Carthage.

Europe : la semaine de quatre jours fait son chemin

Le vendredi pourrait devenir "le nouveau samedi en Espagne ou en Belgique", titre le site américain Politico, qui note que cette mesure n'intéresse plus seulement les cercles universitaires mais aussi les partis, même quand ils sont aux antipodes politiques. À titre d'exemple, le fondateur du parti de gauche espagnol Más País et le président du parti libéral flamand Open Vld sont sûrement d'accord sur une seule chose, "c'est bien que nous avons tous besoin de trois jours de congé".

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Politico poursuit : "Bref. Les travailleurs sont éreintés", et l'Organisation mondiale de la santé (O.M.S.) s'en inquiète après deux ans de télétravail et de pandémie.

Dans les pays riches, certains partis – pour la plupart de gauche – considèrent donc la semaine de quatre jours comme une solution, tant pour notre santé mentale et physique que pour l'économie, relève le site.

Mais il n'y a pas que l'Europe qui est tentée par ce changement de rythme : Jacinda Ardern, la Première ministre néo-zélandaise, l'envisage pour stimuler le tourisme intérieur tandis qu'aux États-Unis, le démocrate Mark Takano a présenté un projet de loi qui réduirait le temps de travail hebdomadaire de 40 à 32 heures et a obtenu le soutien d'une centaine de progressistes pour en débattre au Congrès.

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Mais un autre pays, moins développé, moins riche, envisage aussi la mesure. Les Philippines, cette fois pour une raison qui tient moins au bien-être social qu'à l'urgence économique : freiner la consommation d'énergie face à l'augmentation spectaculaire des prix. Mardi 15 mars, le coût du pétrole a augmenté pour la 11e semaine consécutive, selon The Guardian, qui indique que le Secrétaire à la planification socio-économique suggère une semaine de travail "comprimée". Oui les employés vont travailler un jour de moins, mais faire davantage d'heures quotidiennes : dix au lieu de huit actuellement. Selon le quotidien philippin Inquirer, la décision devrait être prise lundi 21 mars.