Le projet Jarad est devenu un des principaux sujets politiques dans le pays, où des milliers de personnes se sont jointes à des manifestations d'opposants
Le projet Jarad est devenu un des principaux sujets politiques dans le pays, où des milliers de personnes se sont jointes à des manifestations d'opposants
Le projet Jarad est devenu un des principaux sujets politiques dans le pays, où des milliers de personnes se sont jointes à des manifestations d'opposants ©AFP - OLIVER BUNIC
Le projet Jarad est devenu un des principaux sujets politiques dans le pays, où des milliers de personnes se sont jointes à des manifestations d'opposants ©AFP - OLIVER BUNIC
Le projet Jarad est devenu un des principaux sujets politiques dans le pays, où des milliers de personnes se sont jointes à des manifestations d'opposants ©AFP - OLIVER BUNIC
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Résumé

La Serbie renonce à un projet d'exploitation du lithium par la compagnie Rio Tinto. Au Brésil, la rédaction de la Folha de Sao Paulo révoltée par la publication d'un article jugé raciste.

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Rio Tinto quitte la Serbie. C’est la une du site serbe Novosti ce vendredi 21 janvier, au lendemain de l'annonce surprise faite par la chef du gouvernement. Ana Brnabic a confirmé que d'ici quelques semaines, le géant minier anglo-australien ne serait plus dans le pays, car Belgrade a décidé d’abandonner le plan "Jadar", du nom de la vallée dans laquelle une mine de lithium devait être exploitée. Projet qui a provoqué ces dernières semaines une vague de protestation dans le pays.

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"Nous voulions que les citoyens entendent que nous protégeons leurs intérêts, que le gouvernement et le président Aleksandar Vucic sont pour le peuple, pas pour des caprices politiques" a déclaré Ana Brnabic dans une allocution retransmise à la télévision nationale, ajoutant qu’aucun contrat n’avait d’ailleurs été passé avec Rio Tinto, qui de son côté a fait part de son "extrême préoccupation", indiquant son intention d’examiner la base juridique de ce revirement.

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"La Serbie débranche" le projet Jadar, titre de son côté le Financial Times, et avec lui l’espoir de stimuler sa faible économie. L’investissement potentiel de Rio Tinto était estimé à plus de 2 milliards de dollars, de quoi "catapulter l’entreprise et le pays parmi les plus grands producteurs mondiaux d’un métal essentiel à la fabrication de batteries", dans un monde de plus en plus électrique, commente le quotidien économique britannique. L’union européenne prévoit par exemple que ses besoins en lithium seront multipliés par 18 en 2030. Mais la politique nationale s’en est finalement mêlée : l’exécutif serbe se prépare à des élections le 3 avril 2022, et avait même promis un référendum sur ce projet après le scrutin. Cette décision surprise donc, annoncée le 20 janvier, est en tout cas une victoire pour l’opposition écologiste et les populations locales qui s’inquiétaient des conséquences de l’exploitation de cette mine, accusant l’entreprise et les autorités de ne pas publier les rapports d’impact environnemental.

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"Un pas de plus ! Donnons à Rio Tinto et à ses associés un aller simple pour l'Australie", a publié Kreni Promeni, l'un des plus fervents détracteurs de ce projet sur les réseaux sociaux. Le Financial Times souligne que cette décision serbe intervient dans un contexte de relations tendues entre Belgrade et Canberra. L’Australie - où Rio Tinto est coté en bourse et réalise la majeure partie de ses bénéfices - a récemment décidé d’expulser la star du tennis Novak Djokovic. Même si un proche du président serbe assure que les deux événements n’ont rien à voir…

A noter qu’Ana Brnabic n’a pas manqué de viser aussi les personnalités politiques opposées à ce projet, estimant qu’ils se cachent derrière un agenda vert pour se construire un avenir politique, rapporte le site Dnevnik.

Une politisation des question environnementales qui n’a pas pour autant résolu les pénuries d'eau potable, la pollution à l’arsenic - ou la pollution tout court - dans le pays, qui touchent chaque année des milliers de personnes, déplore le chroniqueur Slobodan Vukosavic dans un éditorial de Politika. Certains verront en tout cas peut-être, dans cette décision de Belgrade, sûrement très politique, un signe positif malgré tout.

Brésil : la rédaction d'un grand quotidien choquée par une tribune sur le racisme

La rédaction de Folha de Sao Paulo, est en émoi. Pour cause, la publication récente d'un article intitulé "Le racisme des Noirs contre les Blancs gagne en force avec l’identité", dans lequel l’anthropologue Antonio Riserio accuse notamment la gauche, le mouvement noir et la presse, de reproduire un "projet suprématiste" dont les victimes seraient tous ceux qui ne sont pas noirs, relate Brasil de Fato.

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Article qui a provoqué "une révolte interne au sein du prestigieux journal" explique El País. Dans une lettre ouverte adressée à la direction, relate le quotidien espagnol, plus de 200 journalistes ont exprimé leur inquiétude face à la multiplication des publications qu’ils jugent racistes dans les pages de leur journal. Une lettre à laquelle a répondu la rédaction en chef, qui assure défendre la pluralité, la liberté d’expression, et dément avoir voulu à tout prix attirer des lecteurs et faire de l’audience. Nouvelle réponse dans le quotidien ce vendredi 21 janvier, celle de l’avocat et universitaire Silvio Almeida, auteur du livre Le racisme structurel, qui évoque le "journalisme suicidaire" de Folha de Sao Paulo. On le voit, la question occupe une grande partie des colonnes du journal ces jours-ci.

La presse doit-elle offrir une scène à ce débat ?

Antonio Risério a bien tenté de se défendre dans un entretien à la revue Crusoe, expliquant entre autres, que les Blancs avaient toujours été l’incarnation du privilège et de l’oppression, même en étant chauffeur de taxi ou bien ouvrier. Mais l'anthropologue peut compter sur le soutien de plus de 700 intellectuels, artistes journalistes ou universitaires, signataires d’une pétition lancée par deux chercheurs, relate Gazeta Do Povo. Dans cette lettre, il est écrit que "le malaise que provoque Risério est nécessaire pour que les identitaires, les anti-universalistes, et les revanchards sachent que personne n'est intrinsèquement bon ou mauvais à cause de sa couleur". Antonio Risério y étant cité comme une des voix les plus importantes du pays.

Son texte, qualifié au contraire de "pathétique et maladroit" par Plural Curitiba n’est pas le premier à susciter de telles réactions dans le pays rappelle Estado de Minas, autre journal qui juge sévèrement l’auteur.

Pour le site Migalhas, la mode semble bien être à ce concept de "racisme inversé" dans les controverses qui agitent le pays en ce moment. Migalhas, qui se demande si, en étant le théâtre de ce débat, la presse ne ferait pas, in fine, reculer la société ? Assurant avoir voulu donner la parole à chaque partie, la direction de Folho s’égare, car le racisme n'a pas deux faces, il est unique, c'est un crime, selon le site.

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Pour conclure, El País estime que cette nouvelle affaire sert à aiguiser, si c'est encore possible, l’éternelle polémique du racisme antinoir dans un Brésil qui traîne avec lui l’ombre de l’esclavage. Un thème qui va rester vif en 2022, alors que le pays célèbre le bicentenaire de son indépendance, et vote pour une présidentielle, pleine d’inconnus et de polémiques, à l'issue de quatre années sous l'extrême droite de Jair Bolsonaro.