Quatrième tour de l'élection présidentielle italienne, Rome le 27/01/22
Quatrième tour de l'élection présidentielle italienne, Rome le 27/01/22
Quatrième tour de l'élection présidentielle italienne, Rome le 27/01/22 ©AFP - Remo Casilli
Quatrième tour de l'élection présidentielle italienne, Rome le 27/01/22 ©AFP - Remo Casilli
Quatrième tour de l'élection présidentielle italienne, Rome le 27/01/22 ©AFP - Remo Casilli
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Résumé

Les grands électeurs italiens ne parviennent pas, après quatre tours de votes infructueux, à désigner le prochain président de la République. Au Liban, le pouvoir politique ne semble pas pressé d'enquêter sur les détournements de fonds présumés du gouverneur de la banque centrale Riad Salamé.

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Les grands électeurs italiens tentent depuis lundi de se mettre d’accord sur le nom du prochain président de la République… et le moins que l’on puisse dire c’est que ça coince.

Quatre jours, quatre tours de vote, et "quatre fumées noires" à la fin, résume l’agence de presse italienne ANSA, car oui ça ressemble beaucoup à un conclave, cette affaire de présidentielle italienne : mille grands électeurs enfermés dans la chambre des députés, des tractations sans fin entre différentes chapelles (enfin partis politiques)… et au final, une élection présidentielle bloquée avant la journée de ce vendredi qui verra donc au moins un voire deux nouveaux tours de scrutin.

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Jeudi, rapporte la Stampa, vu que les trois premiers tours n’avaient rien donné, on est passé d’une majorité requise des deux tiers, à une majorité simple à 50%. Mais plus de la moitié des électeurs ont boudé le vote : 261 ont voté blanc, 441 se sont abstenus, et parmi ceux qui ont bien accepté de mettre un nom dans l’urne, le plus grand nombre (soit 166 personnes) a mis celui du président sortant, Sergio Mattarella, qui a 80 ans et a exclu de faire un deuxième mandat (oui la présidentielle italienne c’est un peu comme la primaire populaire en France, on y est même si on ne veut pas y être).

D’ailleurs Il Fatto Quotidiano s’interroge sur ces votes Mattarella qui sont de plus en plus nombreux au fil des tours de vote (ils n’étaient que 16 au premier tour lundi). Il semblerait qu’il y ait une entente tacite au sein du centre-gauche entre des parlementaires du Mouvement 5 étoiles et du Parti démocrate pour tenter de forcer la main au sortant… ce qui serait un moyen de ne pas se compromettre en négociations infinies pour trouver un candidat qui fasse vraiment consensus. Accessoirement, le statu quo Mattarella permettrait d’éviter la solution que tout le monde a en tête tout en faisant semblant qu’elle n’existe pas : le recours à Mario Draghi comme président.

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"Super Mario", l’ancien président de la Banque centrale européenne, voudrait bien, lui, être élu président de l'Italie, mais pour cela il faudrait qu’il quitte le gouvernement d’union nationale qu’il a accepté de diriger l’an dernier, avec la participation de tous les partis italiens sauf l’extrême-droite des Fratelli d’Italia. Depuis un an, chose exceptionnelle, ça fonctionne, tout le monde arrive à travailler ensemble pour regagner la confiance de Bruxelles qui a promis à l’Italie près de 200 milliards d’euros d’aides dans le cadre du plan de relance post-Covid à condition que la stabilité et les réformes incarnées par Mario Draghi se maintiennent.

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Si Draghi devient président, cet équilibre précaire se casse la figure, il faut convoquer des élections anticipées, et les partis du centre, droit comme gauche, savent qu’ils ont tout à y perdre. D’ailleurs on le voit bien, et c’est le titre de Une de la Stampa aujourd’hui : avec cette présidentielle, c’est "tous contre tous", des partis qui retombent dans leurs divisions puériles et infinies, dès qu’ils ne sont plus réunis par la figure tutélaire de Mario Draghi.

On est donc dans l’impasse, mais ce vendredi d’autres noms de candidats pourraient sortir du chapeau pour le cinquième tour de vote d’après la Repubblica : le centre-droit pourrait présenter tout à l’heure de nouveaux noms pour tenter d’emporter le consensus. Et parmi ceux-ci il y en a un qui revient pas mal : celui de l’actuelle présidente du Sénat italien, Maria Elisabetta Casaletti, issue du parti Forza Italia de Silvio Berlusconi (lequel on s’en souvient rêvait de la présidence de la République et a fait campagne pour ça avant de se retirer). Berlusconi est aujourd’hui à l’hôpital, alors que tout le monde s’agite autour de cette impasse présidentielle ; Il Corriere della Serra indique que mercredi après l’échec du troisième vote, Mario Draghi a téléphoné au vieux Cavaliere pour prendre des nouvelles de sa santé… ce qui pourrait indiquer un éventuel rapprochement, en faveur donc de la présidente du Sénat Casaletti. Si elle était élue, ce serait la première femme présidente de la République italienne, mais c’est encore loin d’être fait à cause de réticences de la gauche qui la trouve trop clivante.

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Bref, on est en plein imbroglio de tractations et de stratégies à bandes multiples pour convaincre celui qui ne veut pas y retourner (Sergio Mattarella), pour faire barrage à celui qui voudrait y aller (Mario Draghi) et pour marchander des alliances autour de ceux qui n’attendent rien d’autre qu’on fasse appel à eux. La politique italienne à son meilleur… et au milieu de tout ça, le Corriere place un homme en particulier, Matteo Salvini dirigeant de la Lega, formation d’extrême-droite qui semble avoir réussi, dans les esprits et les médias en tous cas, sa dédiabolisation vers le centre-droit. Lui qui semblait avoir été mis sur la touche il y a deux ans quand son parti avait été sorti du gouvernement, confirme avec cette élection présidentielle qu’il est de retour, dans un rôle de faiseur de roi ou en tous cas de président au cœur de toutes les intrigues politiques italiennes.

Un rendez-vous manqué pour la justice libanaise dans la lutte contre la corruption au sommet de l’Etat.

Et pourtant elle est essentielle cette lutte contre la corruption dans les élites politiques libanaises conspuées par la population après la contestation populaire de 2019, la crise économique très profonde qui éreinte le pays et l’explosion du port de Beyrouth à l’été 2020. Ces derniers mois, le gouvernement a changé au Liban, mais les mauvaises pratiques et les vieilles amitiés ont apparemment la peau dure pour éviter que la justice ne mette trop son nez dans les affaires des dirigeants.

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Le dernier exemple en date, relevé par l’Orient-Le Jour, concerne une personnalité emblématique de ces soupçons persistants de détournement de fonds publics à très grande échelle : j’ai nommé Riad Salamé, le très puissant gouverneur de la banque centrale du Liban depuis près de trois décennies. Il fait l’objet d’enquêtes judiciaires chez lui mais aussi dans plusieurs pays dont la France, la Suisse, le Luxembourg et le Liechtenstein, et justement ce lundi les magistrats en charge de ces enquêtes dans leurs pays respectifs devaient se réunir à Paris à l’invitation du Parquet national financier (le PNF), pour coordonner leurs travaux et partager leurs informations. Sauf que le juge libanais Jean Tannous, bête noire de Riad Salamé, n’est pas venu, ce qui envoie un message assez désastreux sur la volonté du Liban de voir les enquêtes aboutir.

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Selon cette fois le site d’info LibnaNews, Jean Tannous qui voulait participer à la réunion en a été empêché par son supérieur hiérarchique, le très politique procureur de la République Gassan Oueidat qui a fait sciemment capoter la délégation libanaise en s’invitant lui-même, à la dernière minute, autour de la table parisienne, ce que le PNF a refusé justement de crainte que le procureur ne vienne pour faire obstruction au travail des magistrats.

Le parquet libanais a donc pris prétexte de ce refus prévisible pour interdire au juge Tannous d’aller seul à Paris. voilà donc qui en dit long sur les protections dont bénéficie au plus haut sommet de l’Etat un Riad Salamé qui est d’ailleurs toujours en poste, malgré l’ampleur des accusations qui pèsent contre lui : on parle potentiellement de centaines de millions d’euros d’argent détourné ou blanchi sur des comptes à l’étranger.