Vladimir Poutine en 2013 dans un delphinarium. Pendant la guerre froide, la marine soviétique a développé plusieurs programmes militaires avec des dauphins.
Vladimir Poutine en 2013 dans un delphinarium. Pendant la guerre froide, la marine soviétique a développé plusieurs programmes militaires avec des dauphins. ©AFP - ALEXEI NIKOLSKY
Vladimir Poutine en 2013 dans un delphinarium. Pendant la guerre froide, la marine soviétique a développé plusieurs programmes militaires avec des dauphins. ©AFP - ALEXEI NIKOLSKY
Vladimir Poutine en 2013 dans un delphinarium. Pendant la guerre froide, la marine soviétique a développé plusieurs programmes militaires avec des dauphins. ©AFP - ALEXEI NIKOLSKY
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Des images satellites montrent des enclos de dauphins dans le port de Sébastopol. Les dauphins sont en effet, depuis les années 60, formés pour des opérations militaires en Russie mais aussi aux États-Unis. En Colombie, nombreuses marches pour commémorer le début de la révolte sociale en 2021.

Autour de la base navale de Sébastopol, en Crimée, sur la mer Noire, l'armée russe utiliserait des dauphins dressés pour la guerre. Ce sont des images satellites diffusées par l'Institut Naval américain à plusieurs médias anglosaxons qui s'en font l'écho ce matin.

"Avec ses effectifs militaires mis à rude épreuve par les combats en Ukraine, la Russie semble avoir délégué la défense maritime à un autre mammifère : les dauphins", écrit Leila Sackur pour NBC News.

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Deux enclos de dauphins transportables ont été déplacés vers le port de Sébastopol en février, à peu près au moment où la Russie a lancé son invasion de l'Ukraine. Ces enclos, on les devine sur les images satellites diffusées par HI Sutton, plus qu'on ne les voit. Mais en quoi les dauphins peuvent-ils aider les Russes dans cette guerre ? "Les dauphins pourraient être chargés d'empêcher les plongeurs ukrainiens de s'infiltrer dans le port en passant sous l'eau et de saboter les navires de guerre russes qui sont hors de portée des missiles ukrainiens" explique l'analyste qui a repéré les enclos de mammifères marins interrogé par la journaliste de NBC News.

L'analyste Hi Sutton affirme que les enclos de dauphins sont apparus à l'entrée du port de Sebastopol en Crimée
L'analyste Hi Sutton affirme que les enclos de dauphins sont apparus à l'entrée du port de Sebastopol en Crimée
- USNI News Maxar Technologie

Rappelons que c'est dans ce port de Sébastopol qu'a été remorqué le navire amiral russe qui a coulé le 14 avril 2022 pour des raisons troubles. "La base navale de Sébastopol n'est pas la plus grande sur la mer noire", poursuit NBC News, "mais elle est cruciale pour l'armée russe qui veut prendre le contrôle total du sud de l'Ukraine".

Une ancienne photo de Vladimir Poutine, caressant le nez d'un dauphin dans un delphinarium illustre l'article publié par le New York Post. On y apprend, qu'en plus de la Russie, les Etats Unis, Israël et la Corée du Nord utilisent aussi ces mammifères pour des opérations militaires.

Dauphins, mais aussi belugas, lions de mer et phoques sont formés pour trouver des plongeurs ennemis ou détecter des mines. The New York Post

Les capacités de plongée profonde des dauphins, ainsi que leur système de communication par sonar, les rendent plus efficaces pour la détection sous-marine que les technologies actuelles, affirme encore le journal.

En avril 2019, poursuit le New York Post, un beluga portant un harnais a été vu dans le nord de la Norvège, et les habitants l'avaient surnommé Hvladimir - contraction de baleine en Norvégien et Vladimir - car tout laissait à penser que ce beluga s'était échappé d'un programme de la marine russe.

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Le Washington Post nous apprend que le programme de formation des mammifères marins a commencé dans les années 60 aux Etats-Unis, et qu'il a été déclassifié dans les années 90, ce qui a permis de confirmer ce que l'on pensait être un mythe diffusé par les militants des droits des animaux.

Mythe qui avait d'ailleurs donné lieu à un film de science fiction sorti en 1973, "Le jour du dauphin", qui mettait en scène des dauphins entraînés pour la guerre, rappelle le Washington Post.

Des images satellites ont révélé que la Russie avait aussi utilisé des dauphins pendant la guerre en Syrie en 2018, poursuit le Washington Post. Alors combien pour un dauphin de guerre ? Le quotidien américain affirme qu'en 2016, la marine russe a lancé un appel d'offre pour acheter cinq dauphins, et les amener, justement sur la base de Sébastopol en Crimée. Le journal ne sait pas si les dauphins observés ces derniers jours sont ceux là, mais il donne le montant de l'appel d'offre : 1 million 750 000 roubles, soit 21 000 dollars. Pas si cher payé pour des combattants, qui comme le dénoncent les militants de la cause animale, ne se sont jamais portés volontaires pour faire la guerre.

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La Colombie, un an après la "Grève nationale"

En Colombie, toute la presse a suivi les manifestations qui se sont déroulées un peu partout dans le pays pour le premier anniversaire de la "Grève nationale" qui en 2021 avait duré quasi 3 mois. "Cela a commencé comme un timide appel à commémorer les 1 an de l'éclosion sociale du 28 avril 2021, 200 personnes au début, et pour finir une manifestation massive et pacifique dans le parc des désirs." Ainsi commence l'article d'El Colombiano...

Pacifique, la manifestation ne l'est pas restée jusqu'au bout... En fin de journée, des manifestants cagoulés ont lancé des cocktails Molotov sur la police anti-émeute à Bogotá. Les photos montrent un char de police en feu, les vitres d'une station de métro brisées, les murs recouverts de slogans comme "Seul le peuple sauve le peuple" ou "Semer la rébellion".

A Medelin, poursuit El Colombiano, la moto d'un agent de la circulation a été volée puis incendiée.

Les photos de ces heurts sont souvent spectaculaires, mais elles occupent beaucoup moins d'espace dans les journaux colombiens que les photos des manifestants déguisés (on en voit un en Jésus, une autre en squelette), le plus souvent joyeux et calmes. Marches ou sit-in pacifiques ont eu lieu dans plus de 15 villes du pays, Bogotá donc, mais aussi Medelin Cali, Carthagène, Bucamaranga, Perreira etc....

"Dans une tranquillité totale, la commémoration des un an de la Grève nationale a eu lieu à Cali", titre l' édition colombienne d'El Pais. Cali, deux millions d'habitants, fut l'épicentre de cette contestation l'an dernier.

La photographie d'une cérémonie religieuse illustre l'article d'El Pais. Derrière le prêtre, des portraits dessinés de jeunes femmes et hommes : ce sont les victimes des trois mois d'une grève commencée le 28 avril 2021 et arrêtée le 31 juillet.  El Espectador  fait le bilan de cette mobilisation historique en chiffres? Nombre de morts pendant les manifestations : 29, dont 23 civils, 3 policiers, un fonctionnaire, un autochtone, un mineur. 4 000 enquêtes ouvertes, 179 jugements. 30 personnes condamnées.

El Tiempo consacre lui son éditorial à cette journée de manifestation. A ces 29 vies perdues, il ajoute les huit personnes portées disparues depuis un an, et prône l'expérience de dialogue menée entre les syndicats et le patronat après ces manifestations.

"Nous ne devrions pas avoir à expliquer pourquoi la force publique ne peut pas tuer des civils" lit-on sur l'une des banderoles prise en photo hier. D'autres montrent des portraits du ministre de la Défense colombien et du commandant de l'armée brûlées par des manifestants.

Rappelons que la Commission interaméricaine des droits de l'homme a condamné la Colombie pour usage "excessif et disproportionné" de la force lors de ces manifestations qui avaient démarré à cause d'une réforme fiscale prévoyant d'abaisser le seuil d'imposition (comme le rappelle cet  article de la BBC). Le plan avait été vite retiré, sans mettre fin aux manifestations contre la pauvreté et la violence policière.

Un article récent d*'El Pais* relevait récemment la mise en garde l'ONU, la Colombie étant revenue aux niveaux de violence et de violations des droits de l'homme les plus élevés de 2014.