Dans une vidéo publiée le 18 août dernier, au lendemain de la prise de Kaboul par les Talibans, Ashraf Ghani assurait n'avoir aucune intention de rester en exil
Dans une vidéo publiée le 18 août dernier, au lendemain de la prise de Kaboul par les Talibans, Ashraf Ghani assurait n'avoir aucune intention de rester en exil ©AFP - ASHRAF GHANI FACEBOOK PAGE
Dans une vidéo publiée le 18 août dernier, au lendemain de la prise de Kaboul par les Talibans, Ashraf Ghani assurait n'avoir aucune intention de rester en exil ©AFP - ASHRAF GHANI FACEBOOK PAGE
Dans une vidéo publiée le 18 août dernier, au lendemain de la prise de Kaboul par les Talibans, Ashraf Ghani assurait n'avoir aucune intention de rester en exil ©AFP - ASHRAF GHANI FACEBOOK PAGE
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C’est sur la BBC qu’Ashraf Ghani choisit de s’expliquer. Interrogé par l’ex-chef des forces armées britanniques dans l’émission 'Today', l’ancien chef de l’Etat défend sa décision - très critiquée - de fuir son pays alors que les insurgés prenaient le pouvoir à Kaboul en août dernier.

Le 15 août dernier, à son réveil,  confie à la BBC Ashraf Ghani, qui se trouve désormais aux Émirats arabes unis, n’avait "aucune idée" qu’il s’agirait de son dernier jour en Afghanistan.

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Rien ne le laisser présager puisque selon lui au début de la journée, les talibans avaient accepté de rester aux portes de Kaboul. Mais deux heures plus tard "ce n’était plus le cas" affirme Ashraf Ghani : "Deux factions différentes de talibans se rapprochaient" explique-t-il, évoquant la possibilité d'un conflit entre ces groupes qui détruirait la ville de cinq millions d’habitants, avec "des ravages énorme à la clef pour la population".

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Il laisse plusieurs de ses proches quitter la capitale, son départ à lui se fait dans la précipitation, son conseiller à la sécurité nationale ne lui donne pas "plus de deux minutes". C’est quand il décolle du pays qu’Ashraf Ghani comprend qu’il le quitte. La BBC souligne à quel point les critiques ont été dures envers l’ancien président, dont le départ brutal aurait fait échouer une transition plus ordonnée. Le vide créé par l'homme qui avait juré à plusieurs reprises vouloir "se battre jusqu'à la mort" a aggravé le désarroi de sa population, commente la chaîne britannique. Il est désormais considéré comme celui qui n’aura pas su interpréter la politique américaine et la situation sur le terrain.

J'ai été un bouc-émissaire

Ashraf Ghani reconnaît tout de même ses erreurs. Avoir fait trop confiance à la communauté internationale – certains y verront y façon de se disculper – et surtout ne pas avoir anticipé les conséquences de cet accord conclu entre Washington et les talibans, sans passer par le gouvernement. "Ils nous ont effacés", commente Ghani. La suite, nous la connaissons. L’été dernier, Joe Biden promet de retirer ses dernières troupes d’ici le 11 septembre 2021, et les talibans balaient le pays, ville après ville. "Un coup d’état", pour Ashraf Ghani qui ajoute : "le travail de ma vie a été détruit, mes valeurs ont été piétinées, j’ai été un bouc-émissaire".  Qu’importe, selon la BBC, qui souligne que son dernier récit sera disséqué, discuté et rejeté pendant encore longtemps.

L'Afghanistan plongé dans une crise sans précédent

Une crise économique et humanitaire, aggravée par le gel du soutien international au nouveau gouvernement afghan, rappelle la BBC, ce qui est désormais le problème des talibans. Le Washington Post met l’accent sur le double jeu de ces derniers qui, tout en appelant le monde à libérer l’aide humanitaire et les comptes bancaires gelés, multiplient les mesures pour restreindre les droits et libertés des femmes, et démanteler les institutions démocratiques.

Dernier exemple en date rappelle le quotidien américain, l’obligation pour les Afghanes désormais d’être accompagnées pour faire plus de 75km, ou encore de se couvrir la tête si elles prennent un taxi public. Ajouté à cela, sur le plan plus institutionnel, la fermeture de deux commissions nationales de surveillance des élections et de deux ministères. Comme un défi paradoxal lancé à la communauté internationale, alors que l’hiver, la sécheresse et la faim menacent les 39 millions d’habitants.

Tout cela pour rien ?

Pas sûr que ces appels à débloquer les fonds étrangers soient vraiment motivés par l’urgence humanitaire, selon le directeur adjoint du programme Asie au Wilson Center à Washington, qui y voit plutôt un concours de volonté avec l’Occident, un jeu sinistre qui pousse de nombreux Afghans et surtout Afghanes à se demander à quoi va bien pouvoir ressembler leur vie dans les années qui viennent. Une professeur d’université se confie à Al Jazeera, elle raconte longuement la prise de Kaboul, alors qu’elle faisait cours, son départ de la capitale, ses jupes et ses pantalons troqués contre la burqa et les grands châles, et puis la peur. Et cette question "Où sont passés vingt ans d'études et de travail acharné ? Tout cela pour rien ?"

Mais tout espoir n’est pas perdu, selon le Washington Post, qui estime que les signaux mitigés, contradictoires, envoyés par les talibans reflètent des divisions internes. Dépassés, ils se montrent autoritaires, "jouant du violon pendant que Rome brûle", un professeur de politique publique de Kaboul, en contact avec plusieurs membres du pouvoir estime lui qu’il faut "travailler avec les talibans – surtout les plus modérés - pour que les choses changent, réduire nos attentes et leur donner du temps".

Venezuela : Nicolas Maduro réforme la justice

Le projet de loi a été adopté jeudi 30 décembre par l’Assemblée nationale vénézuélienne, la principale mesure étant de réduire le nombre de magistrats de la Cour suprême. De 32, ils passeraient à 20 pour renforcer l’efficacité de l’institution, explique le quotidien vénézuélien  Ultimas Noticias. "Nous avons trouvé des cas où la justice n'est pas équitable, c’est le début d’une révision en profondeur de toutes les lois qui composent le système judiciaire" s’est justifié Diosdado Cabello, président de l’Assemblée nationale, numéro deux de la révolution.

Le nombre de magistrats a fait à plusieurs reprises l’objet de manipulations politiques dans le pays, explique Tal Cual. Le quotidien vénézuélien indépendant souligne qu’en l’état, la constitution ne stipule pas combien de juges doivent siéger à la Cour. Pas besoin donc de modifier la carta magna pour faire passer cette réforme. Le problème c’est qu’il n’y a eu aucune consultation avec la société civile, les barreaux ni les universités, ce qui représente, dans ce cas précis une violation des procédures, "la Constitution exigeant que les lois soient approuvées après un débat public sur son contenu » explique Tal Cual.

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Dans les pages d’ El Mundo, l’ancien procureur général Isaias Rodriguez l’assure, "un référendum est indispensable" pour que cette réforme soit dans les clous. Le quotidien espagnol voit dans ce projet de loi un classique très vénézuélien, fait de manœuvres de dernière minute et de bagarres politiques de fin d'année. Ce texte, nous précise t-il, est d’ailleurs issu d’une proposition écrite par le président de la Cour suprême, Maykel Moreno, un homme de main de Nicolas Maduro.

Mais finalement, le nombre de magistrats importe peu, tant que la Cour suprême, actuellement élue par une assemblée nationale contrôlée par le pouvoir chaviste, ne sera pas vraiment indépendante et impartiale, explique Tal Cual. L’essentiel est peut-être à voir au-delà des frontières du Venezuela, du côté du Mexique où des négociations avec l’opposition sont actuellement au point mort. Ce projet de loi pourrait être un point clé souligne Tal Cual, qui émet l’hypothèse selon laquelle, en réduisant le nombre de magistrats, le quota qui pourrait être négocié avec l'opposition dans ces pourparlers au Mexique serait également réduit. Le gouvernement anticipe donc un éventuel accord.

El Mundo et Tal Cual y voient aussi une façon pour le pouvoir de lisser son image, alors que la cour pénale internationale enquête sur plusieurs hauts fonctionnaires proche du Palais de Miraflores pour crimes contre l’humanité.

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