Boris Johnson à la rencontre des employés de British Gas, Leicester le 13/09/21
Boris Johnson à la rencontre des employés de British Gas, Leicester le 13/09/21 ©AFP - Rui Viera
Boris Johnson à la rencontre des employés de British Gas, Leicester le 13/09/21 ©AFP - Rui Viera
Boris Johnson à la rencontre des employés de British Gas, Leicester le 13/09/21 ©AFP - Rui Viera
Publicité

La très forte hausse du prix du gaz menace toute l'économie de l'énergie au Royaume-Uni, avec des dizaines d'opérateurs privés qui pourraient ne pas passer l'hiver, sacrifiés pour sauver les plus gros. En Espagne, une manifestation néo-nazie alerte sur la montée de l'homophobie et de la xénophobie.

En Europe le prix de l'énergie n'en finit pas de battre des records à la hausse, et certains pays pourraient en souffrir plus que d'autres.  

Parmi ces pays, il y a le Royaume-Uni, où la presse se fait l'écho de cette inquiétude : la "crise du gaz" y occupe de nombreuses Unes, et elle est aussi au cœur des préoccupations du gouvernement britannique, à en croire The Financial Times selon qui le ministre du Business et des Energies Kwasi Kwarteng a convoqué dans la journée une réunion d'urgence avec les fournisseurs d'énergie du pays pour voir comment éviter que la flambée des prix actuelle n'ait des conséquences désastreuses, cet hiver, sur les factures réclamées aux contribuables. 

Publicité

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.

Pour planter le décor, il faut expliquer avec The Times, que le prix du gaz flambe depuis quelques semaines déjà, parce que l'hiver dernier a été particulièrement rude, que les réserves de gaz naturel qui alimentent notamment les centrales électriques du Royaume-Uni ont été vidées, qu'il faut donc les remplir à nouveau avant la saison froide mais que comme tous les opérateurs européens font la même chose en même temps, et comme la reprise et même les tentatives de rattrapages économiques post-Covid en Asie notamment ont fait augmenter la demande mondiale en gaz naturel... son prix augmente et avec lui, in fine, celui de l'électricité produite avec ce gaz. 

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.

On retrouve donc dans quasiment tous les quotidiens d'outre-Manche cette angoisse : "est-ce que les consommateurs britanniques vont ressentir l'effet de cette flambée des cours sur leur facture cet hiver ?" Tout le week-end, comme le relaie le journal gratuit Metro UK, le nouveau gouvernement Johnson a cherché minimiser la menace de pénuries de gaz et d'électricité, mais tout le monde a bien compris qu'il fallait bien s'attendre à ce que les marchands d'énergie répercutent la hausse à leurs cliens. 

The Guardian estime que cela devrait entraîner au moins un demi-millions de citoyens britanniques de plus, dans ce que l'on appelle la précarité voire la pauvreté énergétique. Mais au-delà de cette préoccupation (bien légitime) des consommateurs, le Royaume-Uni semble se diriger à grands pas vers un bouleversement profond de son marché de l'énergie. Un marché qui a la particularité d'avoir été très largement libéralisé ces dernières décennies, avec pas moins de 70 opérateurs privés différents, d'après The Guardian, notamment des dizaines de petits acteurs du marché qui craignent très clairement, eux, de ne pas passer l'hiver. 

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.

En fait, confirme The Financial Times, l'objet de la réunion d'urgence de ce lundi semble bien être de décider s'il faut sacrifier ces petits opérateurs, environ 60 sur les 70 qui se partagent le marché, pour permettre à l'Etat de ne subventionner et donc de sauver que les 10 principaux qui récupéreraient les abonnés des petits pour éviter des coupures de courant en plein hiver. Il s'agirait en fait, comme cela avait été fait pour les banques en 2007-2008, de sauver les "too big to fail", les sociétés trop grosses dont la chute entraînerait celle de tout le marché, et de placer les actifs défaillants des petits dans une structure de défaisance, une "bad bank" ou banque-poubelle que les gros s'engageraient à renflouer à moyen terme. 

Une autre possibilité, décrite par The Times, consisterait pour l'Etat à prendre le contrôle sur ces petites sociétés qui n'auront pas les reins assez solides pour affronter la crise, en nommant un administrateur spécial à leur tête, ce qui reviendrait en fait à "nationaliser temporairement ces dizaines d'entreprises privées".  

The Independentenfin prévient ses lecteurs : la crise du prix du gaz va avoir des conséquences inattendues sur leur vie privée, on évoque  "une véritable réaction en chaîne" qui pourrait voir flamber aussi les prix des engrais, de la viande, des boissons gazeuses... et donc de la bière... à vrai dire c'est cette possibilité-là, qui semble le plus pour le moment inquiéter le quotidien londonien.

L'équipe