Donald Trump et Kanye West lors d'une rencontre dans la Trump Tower, le 13 décembre 2016.
Donald Trump et Kanye West lors d'une rencontre dans la Trump Tower, le 13 décembre 2016. ©AFP - TIMOTHY A. CLARY / AFP
Donald Trump et Kanye West lors d'une rencontre dans la Trump Tower, le 13 décembre 2016. ©AFP - TIMOTHY A. CLARY / AFP
Donald Trump et Kanye West lors d'une rencontre dans la Trump Tower, le 13 décembre 2016. ©AFP - TIMOTHY A. CLARY / AFP
Publicité

Tous les jours, de nouvelles critiques s'en prennent à Donald Trump suite à son dîner chez lui avec le rappeur Kanye West et le suprémaciste antisémite Nick Fuentes. Dans le camp républicain, la parole contre les dérives de l'ex-président se libère un peu plus, mais aucune condamnation unanime.

Aux États-Unis, Donald Trump a-t-il franchi les limites de l'acceptable en dînant avec des antisémites ? Pour de plus en plus de monde aux États-Unis et en Israël, c'est le cas. Depuis la fin de semaine dernière, Donald Trump fait face à des critiques venant de toutes parts suite à une dernière révélation fracassante de la presse américaine : l'organisation d'un repas le 22 novembre dernier avec deux personnalités en tous points infréquentables dans sa résidence de Mar-a-Lago en Floride.

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.

Il y a d'abord, comme l'explique ABC News, celui qui est depuis longtemps un des supporters de l'ancien président : l'artiste et star de la mode Kanye West, qui s'est illustré par son comportement erratique ces dernières années et qui semble depuis quelques mois prendre des positions ouvertement antisémites, ce qui lui a valu de vives critiques et la fin de partenariats avec des grandes marques.

Publicité

Et comme si ce n'était pas déjà suffisant, une autre personne était également à sa table : Nick Fuentes, un jeune homme de 24 ans, commentateur politique, auteur de podcast et vidéaste. Sur son CV, les plus belles expériences du suprémacisme blanc récent : il a participé au rassemblement néonazi de Charlottesville en 2017 qui donnera lieu à une attaque mortelle à la voiture bélier, ou encore aux rassemblements qui ont précédé l'attaque du Capitole de janvier 2021. Ses propos lui ont aussi valu d'être suspendu de la plateforme YouTube pour incitation à la haine ou encore d'être accusé notamment de nier la Shoah.

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.

"Je veux que les catholiques dirigent ce pays, pas les juifs", dit-il dans l'une de ses vidéos, "je veux que ce pays ait des médias catholiques, qu'Hollywood soit catholique, etc., etc..." Voici le type de propos que peut donc tenir l'un des invités de Donald Trump, et on comprend bien pourquoi cela fait scandale. Faut-il pour autant s'en étonner ? Pas vraiment, selon l'éditorial assez équilibré du Wall Street Journal. Loin d'accuser Donald Trump d'être lui-même antisémite, le journal rappelle toutefois que l'ancien président a pour habitude, dans l'indifférence la plus totale, d'avoir des fréquentations discutables ou des positions complaisantes envers certains de ses supporters, comme ceux présents lors de l'attaque du Capitole. Dans le cas présent du dîner, selon des sources présentes ce soir-là, Nick Fuentes aurait pris soin de flatter son hôte. A Mar-a-Lago, rien n'est plus efficace que la flatterie, déplore le journal.

Face à la polémique, aucune excuse du milliardaire. Comme à son habitude, note le journal, il se défend en disant que ce n'est pas de sa faute, en l'occurrence que Kanye West est celui qui a demandé l'entrevue et qu'il a amené avec lui sans prévenir Nick Fuentes. Il ne connaissait pas Fuentes, assure t-il, ce qui est tout à fait possible, reconnaît un autre éditorialiste du Wall Street Journal, ce qui n'empêche pas de se méfier dans la mesure où Donald Trump aime tester les limites de ce qui est politiquement autorisé. Des limites qu'il a toujours réussi à repousser jusqu'à présent.

Ces limites, elles ont toutefois été dépassées pour de plus en plus de monde, y compris dans le camp Républicain, et il était temps, commente The Atlantic.* Il y a même eu des condamnations, ce qui est assez rare, relève le * Washington Post : beaucoup d'élus républicains du Congrès, dont certains de premier plan, ou encore son ancien Vice-président, aussi Mike Pence. Pour Axios, l'ancien président est au cœur d'une polémique parmi les plus dangereuses pour sa carrière politique depuis l'attaque du Capitol. Mais il a encore le soutien d'une partie de son camp. Il n'y a pas eu de condamnation unanime de l'establishment républicain, pour qui il faut encore ménager celui qui est toujours le favori dans les sondages pour la présidentielle de 2024.

Le parti Républicain et la droite américaine jouent à un jeu dangereux, alerte la presse israélienne depuis plusieurs mois déjà. Pendant la campagne pour les élections de mi-mandat,  Haaretz rappelait les liens qui unissaient déjà certains proches de Donald Trump aux sphères antisémites. Les organisations juives américaines conservatrices sont décriées pour leur complaisance envers le milliardaire, à l'instar du président de l'Organisation Sioniste d'Amérique, l'un de ses grands soutiens, dont le New York Times rapporte aujourd'hui la justification pour le moins surprenante : "Donald Trump n'est pas antisémite, mais il donne une visibilité et il légitimise la haine contre les juifs."

En Australie, l'opposition de droite victime collatérale du scandale Morrison

Cet été, on avait appris qu'entre mai 2020 et mai 2021, en pleine épidémie de Covid donc, le Premier ministre Scott Morrisson s'était nommé dans le plus grand des secrets à plusieurs portefeuilles ministériels. Il a donc cumulé pendant un an les postes de Premier ministre, ministre des Finances, ministre de l'Intérieur, ministre du Trésor, ministre des Ressources minières et ministre de l'Agriculture et de l'Environnement. Des nominations légales grâce à une faille législative, mais jugées "nuisibles à la confiance vis-à-vis du gouvernement" par la Haute Cour d'Australie et immorales par une grande partie du pays.

Cette semaine, explique ABC, le Parlement va donc se pencher sur une motion de censure contre l'ancien Premier ministre, une première dans l'histoire du pays, qui sera présentée par l'actuel gouvernement travailliste. Ces derniers étant majoritaires, la motion de censure sera votée sans difficulté. Pénalement, Scott Morrison ne risque rien, mais politiquement en revanche, la motion le condamne à l'infamie. La gauche espère ainsi le pousser à quitter le Parlement, puisqu'il est redevenu simple député lorsqu'il a perdu les élections en mai dernier.

Aujourd'hui, nous apprend WAtoday, une partie de ses proches le lâchent, comme Alex Hawke, l'un de ses lieutenants. Un député qui siège tous les jours à ses côtés et qui décrit son voisin, comme un coup de poignard dans le dos, comme un homme assoiffé de pouvoir quand il était Premier ministre, qui n'écoutait les conseils de personne et qui aurait du quitter la politique quand il a perdu son poste à la tête du gouvernement.

Mais le reste de l'opposition de droite n'est pas aussi virulente, précise le journal pour qui le camp de Morrison est dans une situation cauchemardesque. Comment dénoncer son abus de pouvoir sans entacher le bilan de son action politique ? C'est l'ensemble de son héritage que le parti devra assumer dans les années à venir.

Le gouvernement du Vanuatu touché par une cyberattaque

Et ça fait déjà un mois que ça dure, nous apprend le Guardian. Une cyber-attaque a touché le réseau internet et les communications numériques des services de l'Etat de cet archipel du Pacifique. Grosso modo, c'est un retour 25 ans en arrière. Tous les sites du gouvernement ont été mis à l'arrêt, impossible d'envoyer des emails avec les adresses officielles sécurisées, tous les dossiers numériques et les archives sont inaccessibles car tout était stocké sur disque dur et non via des serveurs ou le cloud.

L'Australie a offert son aide car les équipes techniques du Vanuatu ne sont pas en mesure de résoudre seules le problème. En attendant c'est le retour du téléphone et du bottin, ainsi que des bons vieux courriers papier. Cela rallonge les délais, explique un spécialiste, mais on a l'habitude du temps long de toute façon au Vanuatu.

L'équipe