Le gouvernement israélien a approuvé, dans la nuit, l'accord pour libérer 50 otages retenus par le Hamas, en échange de 150 prisonniers palestiniens et d'une trêve de quatre jours dans la bande de Gaza. Des journaux israéliens conservateurs contestent toute négociation avec des terroristes.
L'accord approuvé, cette nuit, par le gouvernement israélien, prévoit la libération de 50 otages détenus par le Hamas, en échange d'une trêve de quatre jours dans la bande de Gaza et de la libération de 150 prisonniers palestiniens, des femmes et des enfants, selon un responsable aux États-Unis, cité par le New York Times et la chaîne qatarie Al Jazeera. Cet accord sur les otages marque "la première avancée diplomatique majeure depuis le début de la guerre le 7 octobre", souligne le Wall Street Journal, après des semaines de négociations laborieuses via les États-Unis, l'Égypte, mais aussi le Qatar. "Ce petit pays fabuleusement riche doit se rendre indispensable à la communauté internationale et se protéger des interventions indésirables de ses plus grands voisins, l'Arabie saoudite et les Émirats Arabes Unis", affirme le Guardian.
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Le rôle du Qatar en question : le pays qui se présente comme un médiateur, dans la guerre à Gaza, est aussi "un État qui soutient le terrorisme" et abrite les chefs politiques du Hamas, rappelle un ancien négociateur israélien, Gershon Baskine, cité par le Guardian. Méfiance, aussi, dans les rangs de la droite, aux États-Unis, face au rôle du Qatar, note le quotidien britannique.
"Des décisions qui souillent l'âme"
Plus que de la méfiance, des journaux conservateurs israéliens affichent une opposition catégorique à cet accord sur les otages : "La guerre nous oblige à prendre des décisions que nous n'aurions pas dû prendre. Des décisions qui souillent l'âme ", écrit un éditorialiste dans les colonnes de Makor Rishon, quotidien ultranationaliste. Il avance dix raisons pour lesquelles cet accord constitue "une trahison de la moralité nationale" : Israël perd sa légitimité en acceptant de négocier avec des terroristes que le gouvernement avait comparés à des nazis et à Daech. C'est également accepter, selon cet éditorialiste, d'entrer dans une guerre psychologique avec nos ennemis, poursuit l'éditorialiste de Makor Rishon, et la société israélienne ne peut, selon lui, que se déchirer sur cet échange de prisonniers palestiniens, assorti d'une trêve de quatre jours.
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Un accord doit être conclu pour libérer tous les otages, il ne faut pas laisser de moyens de pression à l'ennemi, conclut un éditorialiste de Makor Rishon, en écho avec Israël Oman. Dans un autre article d'opinion du journal nationaliste, le Nobel d'économie en 2005 affirme que le gouvernement Netanyahu doit résister aux pressions des familles d'otages et des médias. "Il ne faut pas négocier avec des meurtriers assoiffés de sang", soutient Israël Oman. Quant au journal conservateur Maariv, il s'inquiète du risque de laisser au Hamas le temps de se regrouper pour attaquer Tsahal. "Avec nos mains, nous donnons l'ordre de tuer davantage de soldats", dénonce également le père d'un soldat israélien tué à Gaza, cité dans un autre article de Makor Rishon. Le journal ultranationaliste met en avant les inquiétudes, face à l'accord trouvé cette nuit, de familles endeuillées depuis le 7 octobre, mais aussi de députés du Likoud, le parti du Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui craignent que tout terroriste libéré maintenant ne finisse par tuer d'autres Israéliens.
"Récupérer nos otages est une tâche sacrée et suprême"
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La presse israélienne, plus modérée, évoque un choix difficile, mais humain : "récupérer nos otages est une tâche sacrée et suprême". Cette phrase de Benjamin Netanyahu est en Une du quotidien Yediot Aharonot qui sort des questions de principe, tout comme le journal israélien de gauche Haaretz pour humaniser les 50 otages, des enfants, des mères et des personnes âgées, qui pourraient être libérés grâce à l'accord trouvé cette nuit. De son côté, le Times of Israel donne, une fois de plus, un visage et un nom aux quarante bébés, enfants et adolescents enlevés par les terroristes du Hamas dans des kibboutz. Certains ont vu leurs parents mourir. Des médecins s'inquiètent aussi de leur santé physique, des enfants suivent des traitements, d'autres souffrent d'allergies graves, note le quotidien en ligne israélien ainsi que le New York Times.
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Des familles d'otages partagées entre espoir et prudence : Le New York Times fait entendre l'espoir et la prudence de Sheffa Phillips-Bahat, une adolescente de 15 ans, dont les cousins ont été kidnappés par des terroristes. L'un d'eux, Yagil, 12 ans, est apparu dans une vidéo du Jihad islamique palestinien : "dans ses yeux, on pouvait lire toutes les épreuves qu'il avait dû traverser en très peu de temps. C'est comme si la vie s'était éteinte dans son regard", explique la cousine de ce jeune otage. "On sent la différence entre le garçon heureux, rieur qu'il était et celui qu'il est devenu, aujourd'hui. Je ne pense à rien d'autre qu'à récupérer les otages", confie Sheffa Phillips-Bahat. L'adolescente de 15 ans ne sait pas si ses cousins feront partie des otages qui pourraient être libérés, selon l'accord trouvé cette nuit, mais elle reste optimiste, affirme le New York Times, qui a interrogé d'autres proches de personnes détenues depuis le 7 octobre dans la bande de Gaza. De son côté, le Guardian, à Londres, estime qu'obtenir la libération des 190 otages qui resteraient aux mains du Hamas serait plus compliqué, à l'avenir. Sur les 7 000 Palestiniens prisonniers en Israël, un tiers est composé de membres du Hamas. Près de 400 viennent de Gaza, la grande majorité de Cisjordanie. Le Hamas risque de faire monter les enchères, selon le quotidien britannique, pour négocier de nouvelles libérations.
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- Des pluies ont aggravé les inondations déjà mortelles en Somalie : elles ont fait au moins 50 morts et chassé près de 700 000 personnes de leur domicile. Avec le Kenya et l'Éthiopie, l'Afrique de l'Est subit de plein fouet le phénomène climatique El Niño : après une sécheresse historique depuis quarante ans, place à des pluies diluviennes. Surpopulation dans les camps informels de déplacés, alors que la Somalie a connu trois décennies de conflit. Les agences humanitaires n'arrivent pas à atteindre les populations touchées par les inondations.
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