Comment les autorités mexicaines ont-elles laissé des êtres humains enfermés, sans possibilité d'échapper à un incendie ? Cette question est posée par de nombreux médias, après la mort de 38 migrants détenus dans un centre de Ciudad Juárez. Autre enjeu : les tours de vis migratoires des Etats-Unis.
Trente-huit migrants sont morts et 28 autres ont été blessés, mardi, dans l'incendie d'un centre de détention à Ciudad Juárez, dans le nord du Mexique, à la frontière des États-Unis. Une vidéo choquante de 32 secondes a été relayée notamment par CNN Mexico et le site d' El Pais America.
Le quotidien hispanophone explique qu'"une caméra de sécurité a enregistré le moment où l'incendie s'est déclaré" au centre de détention de Ciudad Juárez. Les images montrent des flammes et des hommes qui donnent des coups de pied contre la porte fermée de leur cellule, alors que la fumée se propage. Au premier plan, on aperçoit également "trois agents de l'Institut national des migrations "qui finissent par sortir", tournant le dos aux personnes toujours coincées, elles, derrière les barreaux, note El Pais America. Le quotidien hispanophone dit avoir contacté l'Institut mexicain des migrations, pour avoir des précisions. En vain.
"C'est criminel. C'est ainsi que les migrants ont été laissés enfermés à Ciudad Juárez", regrette le journaliste Joaquín López-Dóriga, qui officie sur les ondes de Radio formula, au Mexique. Dans un discours, repris notamment par CNN Mexico, Andres Manuel Lopez Obrador, le président du Mexique, a expliqué que "ce sont des migrants qui ont déclenché l'incendie", mettant le feu à des matelas, "pour protester contre leur expulsion". Mais un journaliste d' Al Jazeera rappelle, lui, plus généralement, les mauvaises conditions de détention des candidats à l'exil. Ce que relève, aussi, le quotidien La Hora, au Guatemala. Il dénombre 28 Guatémaltèques, parmi les personnes tuées, hier, dans l'incendie de ce centre de détention mexicain.
Le journal Prensa libre, toujours au Guatemala, rappelle que l'année 2022 a vu un flux migratoire record de l'Amérique latine vers les États-Unis : "2,76 millions de sans-papiers ont été détenus à la frontière entre le Mexique et les États-Unis", des Vénézuéliens, surtout, mais aussi des migrants fuyant aussi le Honduras ou encore le Guatemala. La politique migratoire et frontalière des États-Unis a créé "une impasse instable au Mexique [qui] supporte le fardeau d'héberger et de nourrir des dizaines de milliers de migrants désespérés", écrit le New York Times. Les routes de l'exil ne vont pas désemplir de sitôt, prévient l'Organisation internationale pour les migrations, car les crises politiques et économiques se conjuguent aussi à la crise climatique, à la sécheresse, notamment, qui privent d'eau et de nourriture des dizaines de milliers de personnes en Amérique latine, entre autres.
L'inaction climatique pour la première fois jugée au niveau international, à la CEDH
La Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) examine, ce mercredi, deux requêtes liées au changement climatique, une première pour la justice internationale, après des centaines de procédures lancées, nationalement, dans le monde entier. Une requête vise la France, avec une saisine de l'eurodéputé Vert Damien Carême, qui reproche à l'Etat de ne pas respecter ses engagements climatiques et de menacer ainsi ses droits fondamentaux. L'autre requête vise la Suisse.
Quelques échos dans la presse suisse, justement ce matin, mais comme il s'agit d'une affaire au long cours, - six années de batailles infructueuses devant les tribunaux suisses -, c'est en dehors du pays que l'on trouve le plus de détails, aujourd'hui. La BBC explique ainsi que plus de 2 000 femmes affirment que la politique du gouvernement suisse "viole leur droit à la vie et à la santé", en matière de changement climatique. Elles veulent que la CEDH ordonne à la Suisse de redoubler d'efforts pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Sur Al Jazeera, Elisabeth Stern raconte "avoir grandi un peu comme Heidi", faisant référence au personnage fictif des enfants. "J'étais vraiment en train de garder des chèvres là-haut", dans le nord-est de la Suisse rurale, dans les années 1940, à l'ombre d'immenses glaciers. "Au fil des ans, ces carcasses alpines de roche et de glace ont fondu rapidement", écrit encore Isabelle Kaminski pour Al Jazeera.
Les conséquences, pour la santé, de ces activistes qui ont 73 ans, en moyenne ? Pia Hollenstein, de l'association Senior Women for Climate Protection Switzerland en témoigne, sur ABC news, la radio publique australienne : "La Suisse en fait trop peu [sur le climat] et les femmes plus âgées souffrent davantage que les autres" pendant les canicules, notamment. A cause du dérèglement climatique, "elles meurent plus, sont davantage malades, etc". Et "le gouvernement [suisse] doit agir pour la santé de tout le monde, et notamment pour les femmes". Si ces activistes réussissent, l'affaire pourrait créer un précédent pour chacun des 46 États membres de la Cour européenne des droits de l'Homme.
Ticketmaster poursuivi en justice et critiqué par les musiciens
Radio Canada et la BBC révèlent que Ticketmaster fait face à un procès pour avoir supposément gonflé le prix des billets pour des concerts du rappeur canadien Drake. Ticketmaster, le plus grand vendeur de billets au monde, fait face, depuis plusieurs mois, aux critiques grandissantes de fans de musique et de politiques. Ils estiment que l'entreprise exerce un trop grand contrôle sur le marché de la musique live et gonfle artificiellement le coût des billets avec des frais de service, notamment, sans compter ce que Ticketmaster appelle sa "tarification dynamique", avec des prix qui fluctuent en fonction de la demande.
Après le fiasco de la billetterie sur la tournée de la chanteuse Taylor Swift, aux Etats-Unis, évoqué en novembre dans cette revue de presse internationale, c'est devant le Sénat américain, début janvier, que Joe Berchtold, président et directeur financier de Live Nation Entertainment, la maison mère de Ticketmaster, avait présenté ses excuses. Une vidéo est disponible sur Radio Canada, qui rappelle également que le groupe possède un grand nombre de salles de concert. Le New York Times avait annoncé, en novembre, que le département américain de la Justice avait ouvert une enquête "antitrust" sur Live Nation Entertainment, issu de la fusion entre Ticketmaster et Live Nation.
En attendant les résultats, une petite victoire, au début du mois, pour le leader des Cure : la BBC nous rappelle que Robert Smith s'était dit "écœuré" par Ticketmaster, pour des frais supplémentaires facturés à ses fans, achetant des billets de tournée, - des frais supérieurs à la valeur nominale du billet. Ticketmaster a finalement accepté d'offrir des remboursements partiels pour les places de concert des Cure, mais cela ne concerne que l'Amérique du Nord, précise La Presse, au Canada.
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