Drame d'Halloween en Corée du Sud : les dernières révélations accablantes pour les autorités

Mémorial en l'honneur des victimes de la bousculade d'Itaewon, le 5 novembre 2022.
Mémorial en l'honneur des victimes de la bousculade d'Itaewon, le 5 novembre 2022. ©AFP - KANG Jin-kyu / AFP
Mémorial en l'honneur des victimes de la bousculade d'Itaewon, le 5 novembre 2022. ©AFP - KANG Jin-kyu / AFP
Mémorial en l'honneur des victimes de la bousculade d'Itaewon, le 5 novembre 2022. ©AFP - KANG Jin-kyu / AFP
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Le gouvernement coréen accuse la police et les secours, la police et les secours accusent le gouvernement. En attendant la fin des investigations sur le mouvement de foule mortel du 29 octobre dernier à Séoul, le Washington Post et le New York Times livrent un déroulé accablant pour tous.

"Tout cela aurait pu être évité". Cela fait plusieurs semaines déjà que la presse sud-coréenne dit que des défaillances ont provoqué, ou a minima, n'ont pas permis d'empêcher la tragédie. 158 personnes sont décédées et 196 ont fini blessés dans cet effroyable mouvement de foule le soir du 29 octobre dernier dans le quartier festif d’Itaewon, à Séoul, où s'étaient réunis, comme chaque année, des milliers de personnes pour les célébrations d'Halloween. Le Washington Post et le New York Times viennent chacun de publier une enquête très détaillée sur les évènements, poursuivant ainsi les travaux des journaux sud-coréens (notamment de l'hebdomadaire Sisa-In qui avait analysé énormément de données sur le déroulé de la soirée). Les deux journaux américains ont récupéré et analysé rapports officiels, témoignages, et pas moins de 350 vidéos et photos qui montrent à quel point rien n'a été anticipé, à quel point les autorités ont ignoré la dangerosité de la situation le soir même et à quel point ils ont mis du temps à réagir une fois le pire arrivé.

Il est 18h28, dans cette allée du quartier d'Itaewon. Sur une vidéo, on voit déjà les gens collés les uns aux autres. On entend une femme demander aux gens de bouger, mais on voit bien qu'il est impossible d'avancer ou de reculer. La police reçoit à ce moment 13 appels de personnes qui expliquent que la situation est dangereuse, qu'il y a déjà des gens qui se sentent mal à force d'être comprimées. Seuls 11 policiers sont assignés à la surveillance de cette partie du quartier et ils le resteront. Les autres sont assignés à d'autres missions, dont la promotion de la lutte anti-drogue avec des journalistes. Ce manque de personnel a constitué un facteur aggravant, alors qu'une centaine d'agents à proximité auraient pu les rejoindre. À 11, impossible de gérer la situation.

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Il y aura encore une dizaine d'appels passés depuis la foule entre 20 heures et 22 heures, mais les services au bout du fil ne prennent pas conscience de la gravité des évènement. Ce n'est qu'à 22h12, près de 4 heures après le premier appel aux secours que les autorités comprennent. À 22h42, les pompiers prennent en charge de premières victimes. A 22h48, d'autres policiers du quartier arrivent enfin. Et à 23h36 seulement, le chef de police de Séoul est mis au courant.

Aujourd'hui, à la lecture de la presse sud-coréenne on comprend que l'opinion publique dirige moins sa colère contre la police que contre la municipalité de Séoul et le gouvernement, le ministre de l'Intérieur Lee Sang-min en particulier. Un syndicat de pompiers, nous dit le Korea Herald, a même porté plainte contre lui, pour manquement au devoir et négligence professionnelle entraînant la mort.

Aux États-Unis, la presse salue la carrière de Nancy Pelosi

À 82 ans, la présidente de la Chambre des représentants des États-Unis et cheffe de file des Démocrate au Congrès vient de décider non pas de prendre sa retraite, mais d'abandonner ses fonctions de direction pour redevenir simple élue maintenant que son parti est redevenu minoritaire dans la Chambre. Elle fut l'une des femmes les plus puissantes et les plus emblématiques de Washington, écrit le New York Times. La première à devenir en 2007, "speaker of the House", présidente de la chambre basse du Congrès. À son arrivée au parlement en 1987, rappelle The Hill, elles n'étaient que 12 femmes dans le camp démocrate. Elles sont aujourd'hui plus de 90 et elle est restée une immense inspiration pour les femmes dans le milieu politique. Elle a brisé le plafond de verre, confirme une sénatrice.

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Et elle fut, tout au long de sa carrière, la démocrate la plus critiquée, pour ne pas dire insultée, par le camp républicain. L'élue du Congrès figurant parmi les plus redoutables, en particulier en présence de Donald Trump. Le New York Times, liste ses plus belles œuvres dans cette période : ses applaudissements sarcastiques en direction de l'ancien président pendant son premier discours à la Nation devant le Congrès, son rôle de premier plan dans les deux procédures de destitution, ou encore lorsqu'elle a déchiré, derrière lui, le texte de son dernier discours à la Nation devant le Congrès.

Un bilan extraordinaire qui fait dire à Bloomberg qu'il sera difficile à celui ou celle qui prendra sa place de l'égaler. C'est d'ailleurs une critique qui revient souvent à son égard : le fait qu'elle n'ait jamais vraiment préparé sa succession. Toutefois, quelques noms émergent dans la presse, tous quadragénaires ou quinquagénaires ce qui donnerait lieu à un impressionnant changement générationnel, note le New York Times. Comme Hakeem Jeffries, 53 ans, qui pourrait lui aussi écrire l'histoire en devenant le premier afro-américain à diriger le camp démocrate au Congrès.

La prochaine tournée de la chanteuse Taylor Swift offre un éclairage inquiétant sur l'état de l'industrie musicale

En particulier sur le secteur la vente des billets de concerts. Aux Etats-Unis, ce commerce est un quasi-monopole du géant Ticketmaster, entreprise appartenant au mastodonte de l'industrie musicale Live Nation. Il y a eu une prévente des billets pour la tournée de Taylor Swift, l'une des plus grandes popstar du pays en ce moment. Ses fans (et les spéculateurs qui prévoient de les revendre sur le marché noir) se sont rués dessus, ce qui a entrainé un énorme chaos, nous dit le Wall Street Journal. Pannes, interruptions de service…

Et ce 17 novembre, alors que devrait s'ouvrir la mise en vente normale le lendemain, Ticketmaster a tout simplement décidé de son annulation "en raison d'une demande particulièrement élevée et d'un stock insuffisant de tickets restants pour satisfaire cette demande". Une situation incompréhensible pour les fans déçus qui s'étaient enregistrés dans le système de prévente, qui est gratuit mais permet à Ticketmaster de récupérer des données client. Situation qui alimente aussi la colère générale contre l'entreprise, et Live Nation, déjà accusés de faire monter les prix des concerts à des tarifs prohibitifs. Tout cela attire l'œil du Congrès qui pourrait remettre en question le monopole.

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