Quand l'Europe et la Biélorussie se renvoient la balle migratoire

Soldats polonais installant des barbelés à la frontière biélorusse, Bialystok le 26/08/21
Soldats polonais installant des barbelés à la frontière biélorusse, Bialystok le 26/08/21 ©AFP - Jaap Arriens
Soldats polonais installant des barbelés à la frontière biélorusse, Bialystok le 26/08/21 ©AFP - Jaap Arriens
Soldats polonais installant des barbelés à la frontière biélorusse, Bialystok le 26/08/21 ©AFP - Jaap Arriens
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Les tensions entre le dictateur biélorusse Loukachenko et l'UE dégénèrent à nouveau en bras de fer migratoire entre la Pologne et la Biélorussie, avec entre les deux des milliers d'exilés contraints à survivre dans des conditions tragiques. Une robot-artiste soupçonnée d'espionnage en Egypte.

Aux confins Est de l'Europe, des milliers de migrants sont pris au piège des tensions entre la Biélorussie et l'UE.  

Ca fait des mois que ça dure, rappellent les Bielorusskye Novosty,, mais c'est vrai que ce phénomène - migratoire autant que politique et diplomatique - revient sur le devant de la scène européenne avec comme le relève le site d'info basé à Minsk, l'accélération des tentatives de passage en force à la frontière avec la Pologne : 6 800 depuis le début du mois d'octobre, à rapporter aux 18 000 depuis le début de l'année.  

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Comme la Lituanie et la Lettonie avant elle, la Pologne s'inquiète de cette poussée migratoire dont on sait peu ou prou qu'elle a été sciemment organisée par le pouvoir biélorusse pour faire pression sur l'Union européenne (les Bielorusskie Novosty rappellent que le régime Loukachenko a très largement levé la barrière des visas et même fait venir par avion, à prix cassé, des centaines d'Irakiens par exemple, hébergés puis acheminés aux frontières de l'Europe)... La Pologne donc a décrété l'état d'urgence de son côté de la frontière, mobilisé pas moins de 6000 soldats, et fait voter par ses députés la semaine dernière la construction d'un mur frontalier.

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Enfin, un mur ne dit pas son nom, d'après le journal allemand Bild, mais devrait bien prendre pour modèle la barrière métallique de plus de 5 mètres de haut qui sépare depuis peu par endroits la Grèce et la Turquie. L'Allemagne tente de venir en aide à la Pologne, et d'éviter un réponse trop répressive de sa part... c'est ainsi que Politico Europe interprète la proposition d'aide faite par Berlin à Varsovie de mettre en place des patrouilles germano-polonaises, à la frontière biélorusse.  

En attendant, la situation humanitaire est préoccupante des deux côtés de cette frontière, et c'est d'ailleurs, indique la première chaîne polonaise TVN24, ce que viendra constater ce 21 octobre sur place Monique Pariat, directrice-générale de la Commission européenne, signe que ce qui se passe aux confins de la Pologne inquiète Bruxelles. 

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Et pour cause, indique un garde-frontière polonais à l'hebdomadaire WProst, "on est à un pas de la tragédie", quand on regarde comment survivent, dans les forêts de l'est de la Pologne, les quelques dizaines d'exilés qui ont réussi à franchir les lignes barbelées et se cachent des soldats qui les pourchassent dans le cadre du dispositif de l'état d'urgence. Les habitants de ces régions pauvres de Pologne tentent bien de les aider, comme le décrit la télévision publique allemande, mais les ONG, elles, n'ont plus le droit de faire leur travail auprès de ces migrants arrivés en Europe mais condamnés à se cacher et à survivre comme ils le peuvent.  

Les médias biélorusses et russes, à commencer par le site d'information moscovite Vesti, d'ailleurs ne se privent pas de dénoncer la manière dont sont traités ces réfugiés afghans, irakiens et autres, dans cette Europe dont ils rêvaient tant, et qui se permet par ailleurs de faire la leçon aux autres sur les Droits de l'Homme.

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Toujours est-il, d'après les Bielorusskie Novosty, que la plupart des quelques 15 000 migrants que la Biélorussie a laissé entrer sur son territoire - en leur faisant miroiter un passage vers l'Europe -ne parviennent pas y à entrer, ou bien au compte-gouttes, et que leur présence prolongée en terre biélorusse commence à poser problème au régime Loukachenko. Ce dernier a, le 13 octobre dernier, restreint l'accès sans visa à toute une liste de pays comprenant l'Afghanistan, le Yémen, l'Egypte, l'Iran ou le Nigeria... Une décision qui contraste avec l'ouverture très large des derniers mois, comme si Minsk était en train de se compte qu'elle risquait de se retrouver prise au piège migratoire qu'elle pensait avoir tendu à l'Europe.

Nous évoquions à l'instant l'Egypte, et c'est justement dans ce pays que nous emmène l'autre info du jour

L'Egypte qui, selon plusieurs titres de la presse londonienne, a bloqué l'entrée sur son territoire d'une artiste britannique très en vue, détenue dix jours par la douane égyptienne causant "un grand fracas diplomatique", selon les termes utilisés par The Guardian

A ce stade, il faut préciser que l'artiste en question s'appelle Ai-da, et qu'il s'agit d'un robot humanoïde, fruit des progrès de la robotique et de l'Intelligence Artificielle mise au au service de l'art contemporain. 

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Ai-da pratique la peinture et la sculpture, et avec son concepteur Aidan Meller, ils font l'ouverture ce 21 octobre d'un grand salon artistique à la pyramide de Gizeh. Ils ont été libérés in extremis par les douaniers égyptiens, qui selon The Daily Mail soupçonnaient l'intrigant humanoïde, avec ses caméras dans les yeux et ses modems wifi embarqués, de participer à une opération d'espionnage au service de sa Majesté.  

Pour des "raisons de sécurité", il a donc été demandé de retirer les yeux d'Ai-da avant de la laisser partir, ce qui est assez gênant pour une artiste plasticienne dont les travaux ont déjà créé la sensation au Victoria and Albert Museum mais aussi à la Tate Modern, à Londres. Il a fallu l'intervention de l'ambassade du Royaume-Uni et donc dix jours de négociations pour qu'Ai-da garde ses yeux... et soit finalement libérée.

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