Trois réalisateurs iraniens emprisonnés

Le réalisateur iranien Jafar Panahi à Téhéran le 30/08/10
Le réalisateur iranien Jafar Panahi à Téhéran le 30/08/10 ©AFP - Atta Kenare
Le réalisateur iranien Jafar Panahi à Téhéran le 30/08/10 ©AFP - Atta Kenare
Le réalisateur iranien Jafar Panahi à Téhéran le 30/08/10 ©AFP - Atta Kenare
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En l'espace de quelques jours, trois réalisateurs iraniens ont été arrêtés et emprisonnés pour avoir soutenu des manifestations contre les autorités conservatrices.

La prison iranienne d'Evin, au nord de Téhéran, est en train de devenir une véritable académie de cinéma.

"Université d'Evin" : tel est le surnom donné par les Iraniens à cette prison tant y ont été enfermés, depuis la Révolution Islamique - et même avant - nombre d'universitaires et d'intellectuels dissidents. Aujourd'hui, ce sont les plus grands noms du cinéma iranien qui y sont incarcérés. "Trois en moins d'une semaine" se lamente le Middle East Eye car après Mohammad Rasoulof et Mostafa Aleahmad, arrêtés vendredi 8 juillet pour avoir participé à une manifestation, c'est Jafar Panahi, lauréat de l'Ours d'or à Berlin en 2015 pour Taxi Teheran, qui a été placé en détention.

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Panahi, qui a aussi réalisé en 2018 Trois visages récompensé par le prix du meilleur scénario au festival de Cannes, a été interpellé alors qu'il était allé à la prison d'Evin rendre visite à son camarade Mohammad Rasoulof, raconte sa femme à la BBC. Les gardiens de la prison ne l'ont ensuite pas laissé sortir, invoquant la peine de six ans de prison prononcée contre lui en 2010 et dont le réalisateur avait purgé une partie, avant de se voir signifier l'interdiction de quitter le pays.

Ces trois réalisateurs acclamés - toujours en leur absence dans les festivals internationaux - et dont les agences de presse iraniennes, Mehr ou Irna, aiment tant vanter les succès hors d'Iran, se retrouvent donc derrière les barreaux d'Evin, pour avoir soutenu des manifestations populaires qui demandaient des comptes aux autorités iraniennes.

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En l'occurrence, Rasoulof et Aleahmad ont publiquement pris parti, sur les réseaux sociaux, en faveur d'un mouvement citoyen né à la fin du mois de mai 2022 dans la foulée de l'émoi suscité par l'effondrement d'un immeuble d'habitation de dix étages dans la ville d'Abadan, dans lequel 43 personnes ont perdu la vie. La réaction des autorités avait été pointée du doigt, tout comme les problèmes de sécurité et de corruption révélés par cette catastrophe.

Pour avoir soulevé ces questions et exigé des réponses, les deux réalisateurs ont été accusés "d'incitation aux troubles et de violation de la sécurité psychologique" de la société iranienne. Voilà qui n'est pas sans rappeler les motifs qui avaient conduit Jafar Panahi à être envoyé à Evin en 2010 : c'était, déjà, pour avoir apporté son soutien aux manifestations massives contre le pouvoir ultra-conservateur de Mahmoud Ajhmadinejad à l'époque.

Il faut également noter, avec le site d'info et d'analyses  Amwaj.media, que les trois cinéastes ne sont pas les seuls à subir ce nouveau serrage de vis du pouvoir iranien : vendredi 8 juillet, on apprenait également l'arrestation d'un des plus éminents représentants du courant réformateur en Iran, Mostafah Tajzadeh, lui aussi placé en détention pour des motifs soi disant liés à la sécurité du pays. Le média en ligne basé à Berlin y voit le signe d'un renforcement de la répression contre tout ce qui s'apparente à des voix critiques des conservateurs au pouvoir, au moment où ces derniers durcissent leur politique notamment en imposant aux femmes iraniennes de se voiler toujours plus, et en jouant le bras de fer avec l'Occident dans les négociations sur le programme nucléaire de Téhéran.

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Pour le Times of Israel, ces arrestations de dissidents montrent à quel point le régime se sent menacé par ces manifestations qui se multiplient contre la corruption et l'incompétence des autorités, mais aussi à propos de la situation économique et de la hausse de prix. Cette dernière, que rien ne semble arrêter, ajoute en effet à la colère des Iraniens de la rue, sur fond de sanctions économiques occidentales qui se prolongent tant qu'un accord n'est pas trouvé sur le nucléaire. Ce sera le sujet principal de la visite de Joe Biden au Moyen-Orient à partir d'aujourd'hui, en Israël et en Arabie Saoudite.

En Inde, des villageois créent une fausse ligue professionnelle de cricket pour leurrer des parieurs russes

Il s'agit d'une arnaque ambitieuse et originale imaginée par des habitants désoeuvrés - mais pas à court d'idées - d'un village du Gujarat, dans le nord-ouest du pays. Le Times Of India nous raconte ce modèle du genre en matière d'escroquerie. Des fermiers ont créé de toute pièce une fausse ligue professionnelle de cricket, filmé de faux matchs dans un champ, en y ajoutant de fausses acclamations de spectateurs prises sur Internet, de faux commentaires improvisés par l'un des villageois. Allant jusqu'à recruter de vagues sosies de stars locales du cricket, ils ont réussi, grâce à ces fausses retransmissions de matchs sur Youtube, à berner des milliers de parieurs russes qui n'y ont vu que du feu.

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On peut louer l'ingéniosité de ces Indiens qui ont donc su capitaliser sur le fait que, c'est vrai, hors du sous-continent indien personne ne comprend ni ne connaît grand-chose aux règles et aux subtilités du cricket. Au final, la police s'en est tout de même mêlé, au moins quatre des organisateurs de cette fausse première ligue ont été arrêtés, mais surtout, l'affaire tr-s reprise dans les médias indiens n'en finit pas de circuler et d'amuser tout le pays avec, il faut bien le dire, un peu d'admiration aussi pour ce personnage de Shoeb Davda, l'instigateur de l'arnaque qui en a eu l'idée, nous explique-t-on, après avoir émigré et travaillé quelques années en Russie.

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