Un manque d'accès à l'eau potable a déplacé plus de 20 000 Irakiens en 2019, la plupart dans le sud du pays, selon l'Organisation internationale des migrations.
Un manque d'accès à l'eau potable a déplacé plus de 20 000 Irakiens en 2019, la plupart dans le sud du pays, selon l'Organisation internationale des migrations.
Un manque d'accès à l'eau potable a déplacé plus de 20 000 Irakiens en 2019, la plupart dans le sud du pays, selon l'Organisation internationale des migrations. ©AFP - Asaad Niazi
Un manque d'accès à l'eau potable a déplacé plus de 20 000 Irakiens en 2019, la plupart dans le sud du pays, selon l'Organisation internationale des migrations. ©AFP - Asaad Niazi
Un manque d'accès à l'eau potable a déplacé plus de 20 000 Irakiens en 2019, la plupart dans le sud du pays, selon l'Organisation internationale des migrations. ©AFP - Asaad Niazi
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Résumé

À une semaine de la COP26, direction le sud de l'Irak entre le Tigre et l'Euphrate, au cœur de l'ancienne Mésopotamie où le changement climatique "empoisonne la terre et vide les villages". / Une nouvelle vague de colère face à la hausse des prix des carburants en Équateur.

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"Du berceau au tombeau". Nous sommes dans le sud du pays, sur le territoire de l'ancienne Mésopotamie, dans une localité vidée de ses habitants, où "les bâtiments en briques crues sont juste des enveloppes de la vie humaine devenue impossible sur cette terre. Le vent fouette les roseaux desséchés. Sur des kilomètres, il n'y a pas d'eau." Sur une photo, on voit une maigre récolte de pastèques flétries. Là où tout a commencé il y a "un sentiment de fin". 

C'est ce que confie un éleveur de bisons dans le marais de Chibayish. Jusqu'à cette année, les bêtes étaient soignées par sa femme et ses enfants, mais ces derniers, ne supportant plus la chaleur écrasante, sont partis pour la ville d'Al Majer, plus au nord. Les températures ont dépassé la cinquantaine de degrés cet été, un des innombrables records vécus ces derniers mois partout dans le monde. Mais avec, en Irak des enjeux économiques et sociaux majeurs.

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L'eau est de plus en plus rare, et celle apportée pour l'irrigation ne fait qu'empirer les choses : salée, elle empoisonne les récoltes de concombres, relate encore le quotidien américain. Sans oublier le contrôle des eaux que pratique la Turquie, en amont de l'Euphrate, qui aggrave la sécheresse. 

Les agriculteurs qui le peuvent choisissent donc de partir, un exode rural qui se heurte à un autre problème une fois en ville : la canicule. Mais le pire n'est pas tant la chaleur que les coupures d'électricité, explique un Bagdadi au quotidien suisse Le Temps. Celles-ci poussent la population à bout, les Irakiens sont à nouveau descendus dans les rues cet été pour dénoncer le manque d’investissement et la corruption, deux ans après des manifestations massives. L'Irak fait d'ailleurs partie des pays cités par ce rapport des services de renseignement américains, publié jeudi. Il fait directement le lien entre réchauffement climatique et risque d'instabilité dans plusieurs régions du monde, résume le New York Times.

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En Équateur, la colère sociale monte contre la hausse des prix des carburants

Là-bas aussi, comme en Europe cette question est explosive. Mercredi, le président Guillermo Lasso appelé ses partisans à défendre Quito face aux "putschistes". Sous-entendu, les organisations indigènes et syndicales qui protestent contre la hausse des prix. Le chef de l'État les avait pourtant reçues un peu plus tôt, pour tenter de négocier une sortie de crise, relate El Telegrafo.

En 2019, des manifestations meurtrières contre la fin des subventions aux hydrocarbures avaient contraint le président de l’époque, Lenín Moreno, à faire machine arrière. Depuis, le gouvernement ajuste les prix des carburants en fonction de celui du brut sur le marché international. Conséquence : le "galón americano", le plus consommé par les automobilistes équatoriens, a bondi de 70%.  

Mais pas question de geler les prix, pour Guillermo Lasso qui ne semble pas vouloir reculer. Les principales organisations syndicales, indigènes et universitaires appellent ainsi à manifester la semaine prochaine, alors que le gouvernement a proclamé l'état d'urgence dans le pays, officiellement pour lutter contre l'insécurité et le narcotrafic.

Le gouvernement équatorien occupe l'espace labyrinthique où règnent l'aléatoire et l'incertain

Mais l'urgence économique est là, s'inquiète El Universo. Alors qu'un habitant sur trois est sous le seuil de pauvreté, l'État cherche à sortir du labyrinthe dans lequel s'est perdu sa gouvernance, estime le quotidien équatorien. Le labyrinthe, qui n'est pas qu'une enceinte pleine d'entrées et de sorties, mais aussi "un espace qui délimite le visible, l'assumé, et l'invisible, ce qui est soumis à d'autres régulations". Cette définition est celle du sociologue Georges Balandier, cité par le quotidien El País, pour analyser justement la politique de Guillermo Lasso, élu en mai dernier. Pour moderniser son image de candidat conservateur et gommer celle de banquier, il a promis le dialogue social.

Une promesse dissoute dans le "feu des ajustements" estime El País : les coupes sociales, la flexibilisation du marché du travail, la libéralisation des prix, alors que les ressorts de la crise de 2019 sont toujours là. Après quelques mois au pouvoir, le président "occupe donc déjà l'espace labyrinthique où règnent l'aléatoire et l'incertain, conclue le quotidien".