Le président américain Joe Biden, lors d'un sommet Etats-Unis - Russie à Genève le 16 juin 2021. ©AFP - Brendan SMIALOWSKI
Le président américain Joe Biden, lors d'un sommet Etats-Unis - Russie à Genève le 16 juin 2021. ©AFP - Brendan SMIALOWSKI
Le président américain Joe Biden, lors d'un sommet Etats-Unis - Russie à Genève le 16 juin 2021. ©AFP - Brendan SMIALOWSKI
Publicité
Résumé

Le président américain Joe Biden se rendra en Israël, en Palestine et en Arabie Saoudite la semaine prochaine. Une tournée dans laquelle il a des coups à prendre mais dont les bénéfices potentiels sont incertains.

En savoir plus

Au Moyen-Orient : première visite à haut risque politique pour le président Joe Biden

C'est la première fois depuis sa prise de fonctions le 20 janvier 2021 que le président américain se rend dans la région. Pourtant, cette visite n'a, à première vue, aucun sens. "Le rapport coûts-bénéfices est contestable, car les coûts sont clairs et ils dépassent largement les éventuels bénéfices", estime Alon Pinkas dans une tribune publiée dans le journal israélien Haaretz. "Alors pourquoi vient-il ?", s'interroge l'éditorialiste.

Joe Biden doit rencontrer le Premier ministre israélien Yaïr Lapid, mais aussi le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas. Surtout, il se réunira à Riyad avec le prince héritier Mohammed Ben Salmane, alors qu'il avait promis pendant sa campagne de faire de l'Arabie saoudite un état paria, en réaction à l'assassinat du journaliste Jamal Khashoggi, découpé en morceau dans le consulat d'Arabie saoudite à Istanbul, en Turquie, en 2018.

Publicité

En Israël et en Palestine, cette visite ne peut avoir pour objectif de "réactiver le processus de paix. Les Américains ne se font plus d'illusions là-dessus et ne s'intéressent pas assez à ce sujet pour mener cette tâche ingrate", juge Alon Pinkas. Alors Joe Biden "feindra que son administration veut faire quelque chose" à ce sujet, renchérit Foreign Policy, et Mahmoud Abbas, le leader de l'autorité palestinienne, "feindra poliment d'avoir l'espoir que Washington soutiennent la reprise d'un processus politique qui réponde aux aspirations des Palestiniens", écrit la revue américaine.

Il s'agit bien d'un voyage à haut risque pour Joe Biden, pense aussi Foreign Policy. "À de rares exceptions, le Moyen-Orient est la région du monde où viennent mourir les grandes idées des présidents américains", rappelle la revue.

Cette tournée répond donc à des objectifs de politique interne. En pleine guerre en Ukraine, et face aux sanctions occidentales contre la Russie, il s'agit notamment de demander à l'Arabie saoudite d'augmenter la prospection et la production de pétrole, pour freiner la hausse des prix des hydrocarbures, avant les élections de mi-mandat prévues en novembre aux États-Unis.

"L'Iran est bien l'enjeu stratégique qui préoccupera Joe Biden aussi bien en Israël qu'en Arabie saoudite", poursuit Foreign Policy.

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.

Concernant Téhéran, ennemi d'Israël et de l'Arabie saoudite, Riyad croit que "la prochaine administration républicaine fera comme Trump et déchirera l'éventuel accord sur le nucléaire iranien, si Joe Biden réussit entre temps à en obtenir un", juge la revue américaine.

L'éditorialiste de Haaretz Alon Pinkas répond ainsi à la question du "pourquoi" de cette tournée : il ne peut s'agir, selon lui, que d'avancer vers la construction d'une alliance entre Israël et l'Arabie saoudite contre l'Iran, que les États-Unis tentent d'impulser entre le Conseil de Coopération du Golfe et Israël. Joe Biden va en effet participer lors de sa tournée à un sommet de l'organisation. S'il n'y a pas d'avancée à ce sujet, "cette visite ne sera qu'une perte de temps", conclut Alon Pinkas.

"C'est le moment de voir émerger un jeune leader arabe ambitieux"

C'est du moins ce que croit le journal en ligne Middle East Eye, sous la plume de son rédacteur en chef David Hearst.

Si Joe Biden parvient à un accord sécuritaire entre les pays du Golfe et Israël face à l'Iran, quelque soit le contenu du texte, "Riyad aura signé un accord avec une chaise vide", écrit il. Car le Premier ministre israélien Yaïr Lapid, tout juste intronisé après la chute du gouvernement de Naftali Bennett, ne fait que l'intérim et a peu de chances de rester au pouvoir après les élections législatives d'octobre. Il pourrait bien être remplacé par des représentants de la droite dure, souligne Middle East Eye.

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.

Alors que les leaders américains, turcs et israéliens sont préoccupés par les élections à venir, et que la Russie est embourbée dans la guerre en Ukraine, "Les Arabes doivent cesser de chercher des solutions à l’ouest et au nord",  estime David Hearst. "Ils ont besoin d’un leader capable de tenir tête à Israël et d’unir un peuple meurtri par l’hégémonie occidentale", avance-t-il. Pour l'instant c'est le prince Mohammed Ben Salmane qui tente de s'engouffrer dans la brèche, alors qu'il a "déjà fait l’étalage de son irresponsabilité, de sa cruauté et de ses projets vaniteux", estime Middle East Eye.

En Haïti : il y a un an, l'assassinat du président Jovenel Moïse

Le président avait été tué de plusieurs balles par un groupe armé, dans sa chambre du palais présidentiel de Pétionville, sur les hauteurs de Port-au-Prince. Un an après, le pure player Alterpresse titre : "Haïti, État des gangs dans un pays sans État". Un grand "banditisme qui jouit de complicités internationales", souligne le journal. Une quarantaine de personnes dont 18 colombiens soupçonnés d'avoir participé au commando le soir de l'assassinat du président ont été arrêtés mais n'ont pas encore été jugés ni mis en examen en Haïti, souligne El Nuevo Herald, version en espagnol du Miami Herald. "Rien n'avance", regrette le journal haïtien Le Nouvelliste. "On dirait que le temps est suspendu et que nous avons perdu une année."

En l'espace d'un an, le pays a "cumulé les malheurs", résume aussi le correspondant du journal espagnol El Pais. "Le Premier ministre, Ariel Henry, a survécu de peu à une attaque armée à la sortie de la messe, les élections présidentielles ont été reportées sine die, un tremblement de terre de magnitude 7,2 a fait près de 2000 morts" et les gangs font régner la terreur sur une grande partie de la population, rappelle le quotidien espagnol.

El Nuevo Herald fait part tout de même d'une possible avancée dans cette affaire grâce au témoignage d'un ancien militaire colombien, Edwin Blanquicet Rodriguez, soupçonné d'avoir participé à l'assassinat du président.

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.

Il assure avoir été embauché avant l'assassinat pour protéger un homme politique haïtien et surveiller des infrastructures d'électricité en Haïti. Mais d'après lui, son groupe serait arrivé dans le palais après l'annonce de la mort du président : Jovenel Moïse aurait été assassiné par la garde présidentielle elle-même, dit-il. Une information invérifiable à ce stade. "J’ai tellement de questions sans réponses que je tente de coller les morceaux" pour reconstituer la vérité, disait encore cette semaine à la radio haïtienne Méga l'ex-Première dame Martine Moïse, qui a survécu à l'attaque contre son mari.