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Après les inondations du week-end dernier sur la côte d'Azur, nous sommes tous responsables, individuellement, des conséquences du changement climatique. Outre-Manche, l'Angleterre se réveille avec la gueule de bois suite à l'éviction de l'équipe du XV de la Rose de la Coupe du Monde de Rugby. Et un français sur 10 a perdu le sens de l'odorat.
Comme toujours après des drames comme celui qui a touché la Côte d’Azur ce week-end et qui a coûté la vie à près de 20 personnes, au lendemain, au surlendemain, alors que sur place les victimes pansent encore leurs plaies, la tentation est forte, très forte de désigner un coupable, un responsable propitiatoire, quelqu’un qui va pouvoir être accablé des souffrances collectives, une catharsis salutaire et souvent aveugle.

Le joueur anglais Chris Robshaw après l'élimination du XV de la Rose du mondial de rugby
Le joueur anglais Chris Robshaw après l'élimination du XV de la Rose du mondial de rugby
© Reuters

Pendant longtemps, la France a eu la tradition quasi séculaire d’accabler l’Etat, l’Etat responsable de tous les maux : une crue, une canicule, un accident Seveso, quel que soit le mal, c’était vers l’Etat que les citoyens retournaient leur colère et leur douleur.

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Or à la lecture de la presse ce matin, on peut mesurer à quel point nous avons changé d’ère : ce n’est plus l’Etat qui est jugé responsable de ces inondations meurtrières. C’est nous.

Vous, moi, nous tous : « La nuit apocalyptique vécue par les habitants de la région de Cannes résulte de deux phénomènes d’origine humaine, écrit Frédéric VEZARD dans Le Parisien. Le réchauffement climatique d’abord, qui affole la météo. La frénésie immobilière ensuite, qui a privé le littoral azuréen de ses protections naturelles contre l’eau. »

« Là où poussaient les peupliers jaillissent des hangars, décrit Soline ROY dans le Figaro. Les orages qui ont déferlé samedi soir n’ont rien d’inhabituel, on appelle ça un « phénomène méditerranéen » : l’air froid d’altitude entre en conflit avec l’air doux et humide venu d’une Méditerranée encore chaude après l’été. (…) D’ordinaire, terres et cours d’eau savent à merveille éponger ces excès. (…) Mais à trop coloniser l’espace, l’homme a tissé son propre piège »

« A huit semaines de l’ouverture à Paris de la Conférence sur le climat, comment ne pas voir dans ces inondations meurtrières comme un rappel ? » écrit Bruno DIVE dans Sud-Ouest.

Même si « aucun événement ne peut, à lui seul, être directement relié au réchauffement climatique », précise Marie-Noëlle BERTRAND dans l’Humanité. « On commence à comprendre que le réchauffement de notre planète nous amène irrémédiablement vers des catastrophes de plus en plus fréquentes », selon Christophe BONNEFOY du Journal de la Haute Marne.

A deux mois de la COP21, donc, « peut-être faut-il envisager de nouveaux comportements pour éviter les dérèglements de la nature que l’on comprime, que l’on étouffe, que l’on détruit en bétonnant de manière excessive, conclut Jean LEVALLOIS dans La Presse de la Manche. On n’évitera jamais tous les accidents météorologiques, mais si on s’efforçait de les réduire, ce serait déjà un véritable progrès »

Et de l’autre côté de la Manche… c’est la même question qui hante les esprits : à qui la faute ?

Imaginez Guillaume… imaginez, la France organisatrice d’une grande compétition sportive internationale - mettons l’Euro 2016 - et l’équipe de France éliminée dès les premières phases, dans son propre pays… imaginez les cris d’orfraie, « la faute à qui », les démissions, la tête du ministre des sports sur une pique, bref, l’ampleur du scandale national que cela susciterait.

Eh bien c’est à peu près ce qu’est en train de vivre l’Angleterre : « Comme la fin du monde » titre l’Equipe, « Coupe du monde football 2014, Mondial de cricket 2015, Coupe du Monde Rugby 2015. En quinze mois, dans ces trois sports qu’elle a inventés, L’Angleterre vient de connaître le même sort honteux : une élimination dès la phase de poules », explique le journal sportif.

« Ejectée de son Mondial, l’Angleterre hésite entre grande lessive et le grand pardon », titre l’Huma. Une défaite qui va avoir des conséquences économiques d’ampleur analysent le Figaro et le Parisien : plus de 91 millions d’euros pour dédommager les clubs, des équipementiers qui n’effectueront pas les ventes escomptées, la chute des revenus publicitaires télévisuels, sans parler de la baisse de la consommation de bière dans les pubs… et même un décrochage à la bourse, selon le journal The Telegraph : les traders, déprimés par cette humiliation entraineraient le marché dans une chute de 0,15 points !

« Malgré cela, il est difficile de nous réjouir vraiment, conclut l’ancien pilier Serge SIMON dans le Parisien. Peut-être parce que nous percevons l’ampleur de la peine balayant les rues d’une capitale qui n’est plus que Londres d’elle-même »

Pour finir, une énigme matinale enfin levée !

Et oui Guillaume… je me demandais sérieusement, depuis plusieurs jours, si c’est moi qui avait des hallucinations ou si c’est vous qui étiez insensible à cette fragrance lointaine mais persistante, et il faut bien le dire, relativement nauséabonde qui traîne dans les couloirs de France Culture par intermittence très tôt le matin.

Et grâce au Figaro Santé, je sais désormais que je n’hallucine pas… la faute à qui ? La faute à votre absence d’odorat, comme « Un français sur dix » qui souffrirait de troubles olfactifs, selon le journal.

Des troubles souvent liés à l’âge, une fois passés 50 ans. La prévalence monte même à 20% après 65 ans. Et des troubles qui peuvent apparaître tout bêtement après un rhume ou une grippe, ou un petit traumatisme crânien.

Les personnes qui souffrent de ces troubles disent en être profondément affectées, puisqu’avec l’odorat, c’est une partie du goût qui s’en va aussi : « elles ne vont plus au restaurant, ne reçoivent plus… » explique un médecin, « 60% des personnes qui perdent l’odorat font une dépression sévère ».

Mais tout n’est pas perdu, notamment en termes de goût et de saveurs, le journal explique qu’en cas de perte d’odorat, il faut privilégier les goûts amers et acides pour mieux solliciter les papilles gustatives… et donc, en particulier, la cuisine asiatique.

Donc demain matin Guillaume, c’est Bobûn au réveil. Et à l’attention de nos services techniques, je pense vraiment qu’il y a une souris morte quelque part dans les faux plafonds. A bon entendeur…

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Nicolas Martin
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