France Culture
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Depuis les attentats de vendredi soir, 13 novembre 2015, à Paris, comme cela avait été le cas après les attentats de janvier 2015, les dessins en hommage aux victimes se sont multipliés sur internet et ont largement été partagés sur les réseaux sociaux. Des images d’une grande tristesse pour la plupart, qui en quelques coups de crayons représentent l’horreur, le chagrin, la révolte, mais parfois aussi la volonté de se relever et de se tenir debout face à la peur.

"Peace for Paris"
"Peace for Paris"
- Jean Jullien

Comme au moment des attentats de janvier dernier, c’est aussi par des images, des illustrations, des dessins que les artistes ont exprimé leur tristesse, leur compassion, leur colère ou encore leur révolte face à la tragédie de vendredi soir.

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Parmi ces images hommages, celle dessinée et postée sur internet le soir-même par Jean Jullien, graphiste français installé à Londres, est devenue l’illustration symbole de la solidarité après les attaques. Sur un fond blanc, elle transpose le symbole du « Peace and Love » en représentant une Tour Eiffel dans un cercle. Accompagnée de la légende « Peace for Paris » (« La Paix pour Paris », en français), elle a rapidement pris la place de nombreuses photos de profil d’utilisateurs de réseaux sociaux du monde entier.

Dessin de Louison
Dessin de Louison
- Louison

La Seine rouge sang

Symboliser l’horreur par le dessin c’est aussi un moyen de l’exorciser, de faire sortir de soi, en partie au moins, le traumatisme qu’elle provoque. La dessinatrice Louison, que les auditeurs des « Matins » de France Culture connaissent bien, a ainsi représenté un plan de Paris découpé par arrondissements et traversé par une Seine rouge sang, qui dégouline à chaque extrémité de la ville.

Dessin de Baudry
Dessin de Baudry
- Baudry

Sur le même thème, le dessinateur Baudry a lui choisi de représenter Paris en flaque de sang rouge vif, seulement traverséepar la Seine, bleue chez lui.

La Tour Eiffel Rouge (1911)
La Tour Eiffel Rouge (1911)
- Robert Delaunay

Le rouge sang, on l’a vu apparaître aussi sur la joue de Marianne, symbole de la République française pleurant ses morts. Et aussi dans La Tour Eiffel Rouge (1911-1912), tableau de Robert Delaunay conservé au Musée Gungghenheim de New York qui en a posté une image sur son compte Twitter en signe de solidarité avec Paris.

Dessin de Joann Sfar
Dessin de Joann Sfar
- Joann Sfar

Entre révolte et désespoir

Joann Sfar a publié de nombreux dessins pendant le weekend, et parmi eux celui reprenant le blason de la ville de Paris avec sa devise en latin « Fluctuat nec Mergitur », que l’on pourrait traduire par « Il est battu par les flots (le bateau représenté sur le blason), mais ne sombre pas », et que Joann Sfar traduit par un « ça signifie merde à la mort ».

Dessin de Jean-Charles de Castelbajac
Dessin de Jean-Charles de Castelbajac
- Jean-Charles de Castelbajac

Mais plus que la colère, c’est au fond la tristesse et une forme de désespoir, malgré les légendes combattives parfois, qui dominent tous ces dessins. Comme dans ceux du couturier Jean-Charles de Castelbajac qui rend hommage à la jeunesse, en dessinant des amoureux attablés à la terrasse d’un café, mais qui portent des ailes et un regard bien triste.

Dessin d'André (Saraiva)
Dessin d'André (Saraiva)
- André Saraiva

Enfin, l’un des plus simples, et peut-être aussi l’un des plus beaux de tous ces dessins, c’est celui du « baron » des nuits parisiennes : André Saraiva, patron de boîtes de nuit où la jeunesse danse de restaurants, de bars où l’on boit, écoute de la musique, où l’on discute et refait le monde et aussi d’un hôtel qui s’appelle Amour. Tout ce que Daech déteste. Sur le dessin d’André, on retrouve son célèbre « Monsieur A », le poing levé, en larmes, avec une légende : « Paris is standing » (« Paris se tient debout »). Ce dessin, il fait penser à une citation d’Antonio Gramsci (1860-1937) lorsqu’il dit que : *« Le pessimisme de la raison oblige à l’optimisme de la volonté ». *