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En regard, deux images. D’un côté, une photo prise cette semaine au Proche-Orient alors que souffle une impressionnante tempête de sable sur la région ; de l’autre celle de la « Dust Lady » photographiée au moment des attentats du 11 septembre 2001. Qu’est-ce que ces deux images ont en commun ?

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Une lumière étrange, entre l’orange et le jaunâtre. Et surtout, un nuage ocre, qui semble traverser ces images, apposer sur elles le même voile granuleux alors qu’elles n’ont rien en commun, si ce n’est l’impression de chaos qu’elles véhiculent.La première photo a été prise par un photographe de l’Agence France Presse ce lundi 7 septembre dans un camp de réfugiés syriens situé à Baalbek, au Liban. On voit au premier plan trois enfants. Au milieu d’un brouillard jaune dans lequel on distingue un peu plus loin des tentes et des voitures, ils marchent sur un sol de terre et de gravas, tête baissée pour se protéger du vent, pieds nus pour le plus petit. Le grain qui voile cette image pourrait faire croire qu’il s’agit d’une photo jaunie par les années, ou qu’on a posé sur elle un filtre pour créer un effet. Mais il est en fait dû à la tempête de sable qui s’est abattue cette semaine sur une grande partie du Liban, de la Syrie, d’Israël, des territoires palestiniens et de Chypre. Spectaculaire, et inhabituel pour l’époque, ce vent de sable brûlant qui s’appelle le Khamsin souffle en général deux ou trois par an au printemps. Depuis le début de la semaine, il a fait près de dix morts et des centaines de personnes ont du être hospitalisées pour des problèmes respiratoires. Comme si la situation dans la région, et notamment en Syrie, n’était pas déjà assez trouble, ce nuage ocre vient comme obstruer encore un peu plus la vision que nous en avons.Cette vision de chaos jaune, nous la retrouvons dans une autre photo prise le 11 septembre 2001 au pied des tours du World Trade Center juste après les attentats de New York, il y aura exactement 14 ans demain.Il s’agit là d’une photo très célèbre, celle de la « Dust Lady », la « dame de poussière »…Cette photo prise par le photographe de l’AFP Stan Honda a fait le tour du monde. Dans un nuage de particules, jaune lui aussi, on voit apparaître une jeune femme noire couverte de poussière. Hagarde, sonnée par ce qui vient de se passer, Marcy Borders, c’est le nom de cette jeune femme, vient d’échapper à la mort, elle travaillait comme employée de bureau dans l’une des tours jumelles. Au moment de l’attentat, elle a réussi a trouver refuge dans un immeuble voisin. C’est à ce moment-là qu’elle a été photographiée par Stan Honda.On a beaucoup revu cette photo il y a deux semaines car Marcy Borders est morte d’un cancer le 24 août dernier, à l’âge de 42 ans. Ces deux photos prises à des milliers de kilomètres l’une de l’autre, et à 14 ans d’intervalle semblent effectivement prises sous la même lumière…Ce nuage ocre qui voile ces deux images, de sable pour la première, et de poussière pour la seconde véhicule cette même idée d’un chaos qui laisse ceux qui le traversent hagards, sans repère, comme perdus dans la tourmente. Il fait aussi penser à une citation de l’écrivain japonais Haruki Murakami dans son livre « Kafka sur le rivage » paru en France en 2006. Il dit : « Parfois, le destin ressemble à une tempête de sable qui se déplace sans cesse ». Et c’est un peu ce qui ressort de ces deux images prises dans des contextes bien différents, mais habitées par la même lumière trouble.

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