France Culture
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« Une évasive fraternité continue d'orner nos frontons, sceaux, frontispices et en-têtes administratifs, mais le mot ne se prononce plus guère chez nos officiels, par peur du ringard ou du pompier, constate Régis Debray dans son livre « Le Moment Fraternité » (Gallimard, 2009) et le philosophe de souligner le triste effacement de la parente pauvre de notre devise républicaine : Le président de la République se garde de l'utiliser, même dans ses voeux de nouvel an, lui préférant les droits de l'homme. [...] Depuis 1848, date de son intronisation dans la triade républicaine, il a perdu son chic et s'est fané. Dans la « sainte devise de nos pères », la petite dernière est devenue orpheline. Pas de statut conceptuel, pas d'entrée dans les dictionnaires de philosophie contemporaine. Liberté d'expression, égalité des chances : le génitif met de l'animation. Les assemblées en débattent, l'intellectuel s'en saisit, l'opinion se fâche. Rien de tel pour la puînée. La fraternité n'a pas de génitif. [...] On se souvient vaguement qu'elle tournait tous les coeurs, dans sa folle jeunesse, au XIXe siècle, quand elle courait les barricades et les sociétés ouvrières. » La solidarité, cette « fraternité embourgeoisée » de la IIIe République a bien trouvé à s'incarner dans les mesures sociales et l'Etat-Providence, mais qu'en est-il du « sentiment du nous » ? Qu'est-ce qui unit les hommes dans une société ? En compagnie de Régis Debray et de Xavier Darcos, Ministre de l'éducation nationale, qui a notamment publié "L'école de Jules Ferry, 1880-1905" (Hachette, 2005) et "Tacite, ses vérités sont les nôtres" (Plon, 2007), Jean-Marie Colombani et Jean-Claude Casanova s'interrogent sur la fraternité, cette « troisième marche du perron suprême », selon la formule de Victor Hugo.

L'équipe

Moneghetti Merryl
Moneghetti Merryl
Merryl Moneghetti
Collaboration
Brigitte Bouvier
Réalisation