Les 25 ans de carrière de Bruce Springsteen, rétrospective - Photo by Brooks Kraft LLC/Sygma via Getty Images
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Résumé

Comment l'écriture et les chansons de Bruce Springsteen ont-elles su se faire la chronique rock des "blue collars", la classe ouvrière américaine ? Des influences du Boss aux continuateurs du rock des cols bleus, Grégory Philipps explore la veine sociale et engagée de Bruce Springsteen.

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"Jon Landau assurait il y a presque cinquante ans que Bruce Springsteen était le futur du rock and roll. Depuis, un demi siècle a passé, Springsteen a acquis un surnom 'Le Boss', et surtout il a considérablement marqué de son empreinte la musique populaire américaine", rappelle Grégory Philipps qui s’intéresse aujourd'hui au Springsteen chanteur de la classe ouvrière, des cols bleus, des blue collars.

Le tournant, "The River" en 1980 et les influences country

La chanson "The River", qui "a marqué un cap dans (son) écriture, en 1980, ouvre aujourd'hui notre exploration du regard social du Boss".

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C'est "l'histoire d'un couple d'adolescents, des lycéens, confrontés à l'arrivée d'un bébé, puis à la recherche d'un job dans une Amérique sinistrée, explique Grégory Philipps. Springsteen dira plus tard que c'est l'histoire de sa sœur, Virginia, qui l'a inspiré".

"Ce que la chanson raconte, narre le chanteur dans son récit biographique, Born to run, c'est l'effondrement de l'industrie du bâtiment à la fin des années 1970, dans le New Jersey, la récession et la période de vaches maigres que ma sœur Virginia et sa famille avaient vécu, toute cette période où j'avais vu mon beau-frère perdre son boulot bien payé et trimer pour survivre sans se plaindre. Quand ma sœur a entendu 'The River' pour la première fois, elle est venue en coulisses, m'a serré dans ses bras et m'a dit "C'est ma vie" (...). Ma splendide sœur, solide et jamais vaincue, employé au K–Mart, épouse et mère de trois enfants, tenant bon dans la vie que j'avais fuie…"

"'The River', poursuit Springsteen, cristallisait mes préoccupations et m'a amené à un style d'écriture que j'allais approfondir par la suite avec Nebraska".

Extraits de la pochette de l'album 33t, "The River" de Bruce Springsteen (1980)
Extraits de la pochette de l'album 33t, "The River" de Bruce Springsteen (1980)
- Columbia (label)

Dans sa biographie, Bruce Springsteen indique que "l'influence de la country s'est révélée décisive" dans la chanson "The River".

"C'est du coté de Hank Williams, chanteur de country music, qui fut pour Springsteen une influence importante, qu'il est allé chercher le thème de la rivière", note Grégory Philipps.

"À la fin des années 1940 et au début des années 1950, un autre chanteur va être une influence majeure pour Springsteen, c'est le chanteur de folk Pete Seeger. Lui aussi a chanté le monde ouvrier et les cols bleus. Par exemple, ce classique de 1949 qui s'appelle 'If I Had a Hammer', devenu un hymne à la justice et à l'égalité".

Le rock des cols bleus

"'Shovels and Rope' sort dans les années Reagan, en plein ultralibéralisme, rappelle Grégory Philipps. Dans ce titre, Springsteen raconte l'histoire d'un ouvrier de l'automobile viré de son usine et qui se tourne alors vers le crime. Cette chanson est inspirée par la fermeture en 1980 de l'usine Ford de Mahah, dans le New Jersey, qui avait laissé plus de 3800 ouvriers sur le carreau."

"Dans son spectacle seul en scène à Broadway (notre archive du jour), Bruce Springsteen confesse n'avoir jamais mis les pieds dans une usine. Et pourtant, ce monde-là traverse toute son œuvre", souligne Grégory Philipps.

"En 1995, sort le formidable album The Ghost of Tom Joad, inspiré des Raisins de la colère de Steinbeck, indique Grégory Philipps. La chanson, 'Youngstown', tire son titre du nom de cette ville de l'Ohio, où en 1937 les ouvriers de la sidérurgie locale s'étaient rebellés contre leurs conditions de travail".

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"Dans sa chronique du monde ouvrier, Bruce Springsteen a donc été influencé par des gens comme Hank Williams, Pete Seeger ou Woody Guthrie (qui sera évoqué dans un prochain épisode). Mais le Boss, note Grégory Philipps, a aussi entraîné derrière lui toute une galaxie d'artistes qui font ce qu'on appelle du 'Blue Collar Rock'."

Il en est ainsi du groupe The War on Drugs originaire de Philadelphie, dont le créateur Adam Granduciel revendique assez directement cet héritage.

Au Royaume-Uni, aujourd'hui, le jeune Sam Fender, formidable auteur-compositeur-interprète, de vingt-huit ans, né à North Shields dans le nord-est de l'Angleterre, reprend le flambeau. Sa reprise du classique "Atlantic City" de Bruce Springsteen est une "version assez époustouflante, souligne Grégory Philipps, avec une voix proche peut-être de celle d'un Jeff Buckley".

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Programmation musicale

  • Bruce Springsteen : The River

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  • Pete Seeger : If I Had a Hammer
  • Shovels and Rope : Johnny 99
  • Bruce Springsteen : Youngstown
  • Archive : Bruce Springsteen on Broadway
  • The War on Drugs : Harmonia's Dream
  • Sam Fender : Atlantic City

Pour prolonger