Pochette de l'album Brasil Mestiço de Clara Nunes, 1980
Pochette de l'album Brasil Mestiço de Clara Nunes, 1980
Pochette de l'album Brasil Mestiço de Clara Nunes, 1980
Pochette de l'album Brasil Mestiço de Clara Nunes, 1980
Pochette de l'album Brasil Mestiço de Clara Nunes, 1980
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Résumé

Aujourd'hui, cap sur le Brésil pour poursuivre notre exploration sonore du pays ! Balade au coeur des sources multiples de la musique brésilienne moderne, retour à la révolte.

En savoir plus

Nouvel épisode de notre série O canto do Brasil, consacrée à ce pays-monde, cet océan musical inépuisable de la musique brésilienne. Parce qu’il n’y a pas que la bossa nova dans la vie, et que c’est pourtant essentiellement cela que le public français connait, les M.P.B, cet acronyme étrange qui signifie Musique Populaire Brésilienne. C’est dans ce grand sac un peu fourre-tout que l’on range tout ce que ce pays foisonnant a su inventer comme musique moderne. Ça et là émergent des grands tubes comme "Mas que Nada", qu’on a dansé, samplé ou simplement copié dans le monde entier. Il y a aussi des figures souvent aimés en France : celle de Joao Gilberto, le père de la bossa Gilberto Gil, Caetano Veloso ou Jorge Ben Jor, trublion du mouvement tropicaliste. Mais avant de parler d’eux, il faut revenir à ce qu’est le chant du Brésil. Un chant qui nait d’abord et avant tout de l’histoire coloniale longue, puissante et douloureuse de ce pays immense. Parce qu’elle a su comme aucun autre pays d’Amérique latine récupérer et assimiler les héritages musicaux des indigènes mais aussi des esclaves africains. La musique est le lieu où sans cesse se transcende la tragédie dans la joie.

À lire aussi : Brésil, un portrait en musique (1/5)

L'immense Clara Nunes

Canto das três raças, le chant des trois races est une chanson mythique et cruciale de la déesse Carla Nunes. Pour qui ne comprend pas le portugais, cette samba est une explosion de joie et pour qui le comprend, cette chanson est un manifeste, une longue lamentation dont l’écho remonte aux indiens que l’on a soumis. On est en 1974, le Brésil est toujours en pleine dictature et reste un pays fondamentalement raciste. C’est pendant cette décennie que les favelas vont prodigieusement se développer. Clara Nunes rend hommage à tous ceux qui ont dû résister. Les Indiens, décimés lors de l’arrivée au Brésil, des Portugais, les esclaves, massivement déportés au Brésil à la fin du XVIe siècle, et qui ne furent affranchis qu’en 1888 mais qui résistèrent, fuyant les plantations et les quilombos, ces villages d’esclaves, dont les traces sont omniprésentes dans la vie et le répertoire du pays. Ce chant des trois races fait le récit de cette histoire des luttes entre colons, esclaves et indiens. Canto das três raças est typiquement ce que l’on appelle une samba chanson, par opposition à la samba de enredo, ces sambas composées par les écoles de samba pour le carnaval, qui se répètent en boucle pendant les deux heures que durent le défilé de l’école, et qui répondent à un thème imposé. En, 2022, après deux ans de pandémie, la thème imposé à toutes les école était "résistance".

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Programmation musicale et archives

  • Clara Nunes, Canto das três Raças
  • Resistencia GREM Salgueiro, Emerson Dias e Quinho
  • Jorge Ben Jor, Essa Menina Mulher da Pele Preta
  • Archive : Jorge Ben Jor et Gilberto Gil échangent sur la place des rythmes africains dans leur musique, extrait du documentaire “Éclats Noir de la Samba”, 1987
  • Cartola, Preciso Me Encontrar
  • Archive : Elza Soares au micro d’Antoine Ly, chanteuse brésilienne dans le spectacle de Claudio Segovia "Brasil Brasileiro", dans l’émission Eclektik, France inter, 2005
  • Elza Soares, A Mulher Do Fim Do Mundo
  • Dona Onete, No Meio Do Pitiu
  • Adoniran Barbosa, Trem Das Onze
  • Luiz Gonzaga, Sabia
  • Chico Science & Naçao Zumbi, Rios Pontes E Overdrives
  • Anitta, Girl from Rio