France Culture
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Convoquant Mallarmé, Ponge, Aragon, Rolin ou Debord, Vincent Kaufmann insiste sur l’importance des refus d’héritages et des ruptures de filiation pour comprendre la création littéraire.

Guy Debord
Guy Debord

Le grand jeu des études littéraires, qui prend parfois la forme d’un jeu-concours, consiste souvent à établir des filiations, à se penser comme des généalogistes méticuleux au point d’en remontrer aux Mormons s’agissant de nos grands textes et de nos grands auteurs. Et si, pour une fois, on changeait de règle du jeu et qu’au lieu de chercher à tout prix, tels des notaires, à consigner les héritages, on tentait au contraire de mettre en évidence, comme des précipités, les ruptures ? On s’apercevrait alors que bon nombre des auteurs qui comptent, loin de relever de la comptabilité nationale ou du service des hypothèques et autres consignes, apparaissent d’abord et avant tout comme des deshéritiers.

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Vincent Kaufmann
Vincent Kaufmann
© Radio France - SB

C’est la thèse de Vincent Kaufmann dans un recueil de magnifiques essais littéraires, Déshéritages (Furor).

Vincent Kaufmann est professeur à l’Université Saint Gall (Suisse), directeur du MCM Institute.