
Et si, pour comprendre les évolutions politiques à l'échelle de la planète depuis deux siècles, il ne fallait pas surtout pas opposer mondialisation et états-nations mais plutôt souligner leurs imbrications. C'est la thèse aussi originale que pertinente du politiste Jean-François Bayart.
Jean-François Bayart (professeur à l'Institut des hautes études internationales et du développement (IHEID, Genève)), Sylvain Bourmeau (Journaliste, professeur associé à l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales et directeur du journal AOC et producteur de l'émission "La Suite dans les idées" sur France Culture).
Société ouverte contre société fermée, mondialistes contre nationalistes : de très nombreux analystes ont eu recours à ce clivage pour commenter l'élection présidentielle française qui vient de se dérouler. Certains, parmi les observateurs comme parmi les acteurs politiques – et ce fut le cas des deux protagonistes du second tour –, vont même jusqu'à souhaiter que ce nouveau clivage vienne se substituer au clivage droite-gauche qu'ils décrètent obsolète. Mais ce prisme analytique est-il le plus pertinent pour comprendre ce qui se passe sous nos yeux ? S'agit-il véritablement d'un clivage structurant ? Ne peut-on pas plutôt y voir, et sans d'aucune manière renvoyer dos à dos les deux candidats du second tour, les deux faces opposées d'un même phénomène politique généralisé ? C'est l'hypothèse du politiste Jean-François Bayart dans un très stimulant essai, "L'Impasse national-libérale" (La Découverte). Sylvain Bourmeau

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