France Culture
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Ecriture sur papier
La crise protéiforme a déclenché une fièvre « tribuniste ». Un festival d’interprétations et d’imprécations.
2 min
Fans de K-POP à New York
Décidément les scénaristes du réel se surpassent. Dernier « pitch » en date ? Une bande de fans de pop coréenne alliés à des utilisateurs d’un réseau social de vidéo clips sabotent un meeting de Donald Trump.
3 min
Belle au bois dormant
La troisième phase de déconfinement a la particularité de ressembler davantage à la vie « d’avant » sans pour autant être la même. Ce qui donne le sentiment troublant de retrouver des marqueurs, démarqués.
3 min
Bruno Patino
Bruno Patino, directeur éditorial de la chaîne franco-allemande depuis 2015 a été désigné.
3 min
Neil Young
C’était sans doute ça la vraie fête de la musique : le même jour, vendredi, ont paru deux albums, de deux des plus grands artistes vivants, Bob Dylan et Neil Young.
3 min
"Seuls ensemble" concert en réalité virtuelle par Jean Michel Jarre à 21h15 le 21 juin
« Seuls mais ensemble », « à la fois présentielle et virtuelle », « en chaire et en code » : la fête de la musique, cette année, doit répondre à un certain nombre d’injonctions contradictoires, en raison des risques sanitaires.
4 min
"Etude d'homme, d'apres le modele Joseph" (d'après le modèle Joseph, circa 1818-1819) de Theodore Gericault / exposition "Le modèle noir : de  Gericault à Matisse" - Musée d'Orsay
« Cher Musée, pourquoi ne dis-tu rien ? » voilà en substance la question qui est posée aux institutions muséales. Un intense débat s’est ouvert sur la réaction des musées au mouvement « Black Lives Matter », devenu en quelques semaines le slogan universel de l’égalité des vies.
3 min
Studio 28 à Paris
Ça y est, nous sommes à J-7. Plus qu’une semaine avant que le mercredi ne cesse d’être le jour de « non sortie » des films en salles. Depuis trois mois, une atmosphère pompéienne enveloppait les grandes affiches de films et les devantures de cinémas. Tout avait été laissé en suspend.
3 min
Un cow-boy dans le coton (Jul et Achdé, d'après Morris)
Portée par une nouvelle vague historique de lutte pour l’égalité et l’antiracisme, que peut la culture pour atteindre le « château des futurs » ? Plutôt que se tourner en arrière, elle doit fixer le pont-levis.
3 min
Collecction du Quai Branly
Les enjeux encore non résolus de la restitution des oeuvres, mais aussi ceux de la mémoire conflictuelle de l’esclavage et de la colonisation, basculent sur un terrain beaucoup plus physique. Ce que « Black Panther » avait, d’une certaine manière, anticipé et mis en scène.
3 min
Autant en emporte le vent
Il fut un temps, très éphémère semble-t-il, où le « monde d’après » était censé ralentir, voilà qu’au contraire il se réveille en surchauffe.
3 min
"La La Land" de Damien Chazelle (2017)
« Chantons sous la crise » vous connaissez le refrain, quand l’époque s’assombrit les comédies musicales brillent.
3 min

À propos du podcast

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du lundi au vendredi à 8h45 sur France Culture

Un édito quotidien sur l'actualité culturelle.

Le cinéma populaire serait-il pris de malaise? Il n'est pas anodin que les deux longs métrages qui trônent au Box-Office français soient un anti-film de super héros sur fond de crise sociale, « Joker », et un drame rural qui alerte sur le mal être du monde paysan, « Au nom de la terre ».

Trois millions d’entrées pour l’un, plus d’un million trois cent mille entrées pour l’autre : c’est un signe pour la société, mais aussi pour l’industrie. Entre le cinéma socialement et démonstrativement engagé d’un Ken Loach ou d’un Stéphane Brizé, et le cinéma de pur divertissement grand public, s’ouvre un espace hybride.  * J'ai développé ici une théorie sur le phénomène « Joker », je me pencherai donc cette fois sur le succès d’ « Au nom de la terre » d’Edouard Bergeron. Ce n’est pas seulement le marqueur du malaise des agriculteurs, c’est avant tout un vide de représentation qui se comble. Voilà ma théorie.

La carte est assez éloquente : à Paris intra muros le film a réuni environ 100 000 spectateurs, contre 1 million 200 000 dans les petites et moyennes villes, majoritairement en France rurale. Le ratio dénote d’une certaine fracture. Comme le montrent les verbatims recueillis par une journaliste du Monde à la sortie des salles, le public du monde paysan s’y est reconnu. L’histoire vraie, inspirée du père du réalisateur, raconte la déchéance d’un éleveur/agriculteur piégé par la spirale productiviste et les dettes de son exploitation, jusqu’au suicide. Ce qui fait écho à une réalité qui émaille régulièrement les journaux : un agriculteur se suicide chaque jour.  Mais, porté par Guillaume Canet, le film ne se résume pas à une sonnette d’alarme. Il montre l’intimité d’un monde rural longtemps réduit à l’invisibilité ou à des visions fantasmées.  Le réalisme des situations est celui d’un quotidien souvent ignoré : entre les pressions des coopératives et les cotisations inflexibles de la MSA, la sécurité sociale des agriculteurs. Seulement, cette précision ne se concentre pas sur le combat d’un « Petit Paysan » (pour reprendre le titre du film multi-césarisé d’Hubert Charuel). Elle touche fondamentalement aux tensions générationnelles et à la crise de valeurs d’un milieu. La conception du rôle de la femme, souvent méprisée ou secondaire, la problématique de la filiation, l’inadéquation entre le discours de la génération des trente glorieuses nourricières et les difficultés apparues au tournant des années 90, l’attitude des exploitants voisins ou encore celle du maire : tout se fait jour. « Au nom de la terre » brosse autant le portrait d’un malaise venu de pressions extérieures qu’intérieures. En ce sens, il met sur la carte du cinéma les véritables enjeux d’une population dont on montrait assez mal jusqu’ici comment elle vit, souffre, aime, rit, mange, travaille, espère, et meurt aussi. Ce n’est pas seulement à une crise corporatiste que le film répond, mais à l’absence de représentation réaliste de cette diversité sociale sur les écrans. Reste à espérer que ce n’est pas le point de départ d’un cinéma « conscient » populaire qui fonctionnerait pas segments.

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