Billie Eilish photographiée avec ses récompenses décernées lors de la 62ème édition Grammy Awards le 26 janvier à Los Angeles
Billie Eilish photographiée avec ses récompenses décernées lors de la 62ème édition Grammy Awards le 26 janvier à Los Angeles
Billie Eilish photographiée avec ses récompenses décernées lors de la 62ème édition Grammy Awards le 26 janvier à Los Angeles ©AFP - Alberto E. Rodriguez
Billie Eilish photographiée avec ses récompenses décernées lors de la 62ème édition Grammy Awards le 26 janvier à Los Angeles ©AFP - Alberto E. Rodriguez
Billie Eilish photographiée avec ses récompenses décernées lors de la 62ème édition Grammy Awards le 26 janvier à Los Angeles ©AFP - Alberto E. Rodriguez
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Résumé

Bienvenue en 2020, c’est une adolescente de 18 ans qui fait de la musique dans sa chambre avec son frère, qui vient de tout remporter aux Grammy Awards, les Oscars de la musique américaine.

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Album de l’année, chanson de l’année, révélation de l’année, meilleur enregistrement de l’année et meilleur album pop vocal : Billie Eilish est née avec le nouveau millénaire et sa consécration a des effets de table rase. Ma théorie, c’est que ce triomphe est celui d’une génération qui se fait enfin entendre. Comme une Greta Thunberg de la musique, Billie est une icône de la génération Z. Mais qu’a-t-elle nous dire ?

Billie Eilish : phénomène viral mais durable

Sur le plan de l’industrie d’abord, Billie Eilish représente un phénomène viral durable. De Soundcloud à YouTube, d’une plateforme à l’autre, et depuis qu'elle a 14 ans, ses titres ont cumulé des dizaines de millions d’écoutes et de vues. Mais là où en général ce genre de fulgurance laisse rapidement place à la suivante, Billie Eillish a montré qu’on pouvait naître dans le cloud et y rester. En 2019, elle devenait la femme la plus écoutée de la plateforme Spotify, son titre "Bad Guy" faisait d’elle en août la première musicienne née dans les années 2000 à se hisser au sommet des charts américains, et l'album dont il est extrait "When We All Fall Asleep, Where Do We Go ?" est devenu le disque le plus streamé avec quelques 6 milliards d'écoutes.

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Billie Eillish incarne ce feu qui crépite en ligne, on se retourne, et quelques mois après la sortie de son premier album, c’est la déflagration. Emportant les "taulières" Ariana Grande, Taylor Swift, Lana Del Rey et Lady Gaga sur son passage, et même les nouvelles têtes comme Lizzo ou Lil Nas X. Avec ses 5 récompenses aux Grammy Awards, dans les catégories reines, Billy Eillish consacre une véritable accélération du jeu et un renouvellement du personnel iconique.

Une victoire de la génération Z

Mais sur le plan artistique et symbolique, à quoi ressemble cette icône de la génération Z ? A une jeune fille qui a rangé les attributs hyper sexualisés au placard et qui débarque sur la scène des Grammy comme une sorte de réincarnation martienne d’Agnès Varda. Le haut de la tête teint en vert fluo, dans une tenue ample de magicienne futuriste.

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Depuis le début, Billie Eillish a comme pris le soin d’égratigner les vieux attendus de la féminité. À ce titre, son clip Bad Guy fait figure de manifeste : cheveux bleus, le sang qui coule du nez,  et les genoux couverts d’hématomes, elle incarne dans une tension ambivalente à la fois le masculin toxique et ses conséquences.

Il y a un effet de puissance retenue chez Billie Eillish, ou plutôt une nouvelle définition de la force. Une force qui ne consisterait plus à se répandre, ni à dominer. En termes musicaux : aucun effet de voix, le chant est presque chuchoté sur un fond de trap codéiné. Et question thématiques : aucune démonstration de conquête ou d’empouvoirement. Pourtant, en explorant son malaise et ses journées sous XANAX (comme dans le titre "Xanny"), Billie Eillish fait danser toute la planète. Elle écrira même la BO du prochain James Bond "Mourir peut attendre".  C'est peut-être ça le slogan de la génération Z, celui qui nous renvoie à l'urgence du changement. "Mourir peut attendre... mais combien de temps ?"

par Mathilde Serrell