Jean-Jacques Goldman
Jean-Jacques Goldman
Jean-Jacques Goldman ©Getty -  Jean-Paul Guilloteau
Jean-Jacques Goldman ©Getty - Jean-Paul Guilloteau
Jean-Jacques Goldman ©Getty - Jean-Paul Guilloteau
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Résumé

Le succès de l'apparition du chanteur sur les plateformes de streaming se loge, de manière irrationnelle, dans la personnalité et la musique de Jean-Jacques Goldman et la façon dont celles-ci rencontrent notre époque.

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Une semaine après l’arrivée de Jean-Jacques Goldman sur les plateformes de streaming l’heure est au bilan, et autant le dire : c’est un triomphe.

Pour reprendre la langue communicante de Spotify et Deezer, on observe, je cite, "un très bon volume d’écoutes" et "une réelle demande des utilisateurs" toutes générations confondues - avec une  pointe chez les 28-44 ans. Pour J.J Goldman, qui n’a pas sorti un album depuis 2001, c’est clairement "la fête du stream" !

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Vendredi dernier, lorsque l’intégralité de sa discographie a rejoint le catalogue des plateformes musicales, le hashtag Goldman s’est même retrouvé en TT, en tête des discussions sur Twitter. 

Certains ont alors cru qu’il était mort… Tant Goldman avait disparu du paysage. A part sa canonisation annuelle dans le classement des personnalités préférées des français, et une brève apparition dans un clip de Patrick Fiori en 2018, on n’entendait plus guère parler du chanteur, excepté dans des tribunes pour défendre le droit d’auteur.

Comment expliquer le retour de la Goldmanmania ?

Par une foule d’arguments... rationnels ! Au premier rang desquels la rareté et l’attente. Jean-Jacques Goldman étant le dernier grand nom de la chanson française à avoir résisté aux plateformes de streaming, l’arrivée de ses titres ouvre un nouveau continent d’écoute.

Pour mémoire, même Francis Cabrel avait fini par céder en 2018, et à l’échelle mondiale, les plus rétifs - Taylor Swift ou les ayant-droits des Beatles par exemple – ont fini eux aussi par rejoindre les plateformes. Il faut dire qu’en 10 ans le streaming est devenu la principale source de revenu de l’industrie musicale.

Revenons à Jean-Jacques Goldmann dont la fête du stream tient aussi à une opération marketing rondement menée, à base de jeux de mots : Il suffira d’un stream pour Deezer ou Quand la musique est bonne chez Spotify. Sans oublier le choix d’un visuel soigneusement vintage : une photo d’un Jean-Jacques Goldman années 80, coupe à frange, veste noire, et tee-shirt blanc. Bref en phase de "ré-hipsterisation".

Mais ma théorie, j’y viens, c’est que ce succès dépasse ces ressorts "artificiels". Il se loge, de manière irrationnelle, dans la personnalité et la musique de Jean-Jacques Goldman et la façon dont celles-ci rencontrent notre époque.

Rareté, attente, authenticité, cohérence ?

Face à l’urgence et l’immédiateté, Goldman apparaît comme le maître du temps et choisit son moment numérique quand partout il est subi. Face à la dissolution des "repères de la certitude" – pour reprendre la formule du philosophe Claude Lefort – Goldman incarne une figure cohérente et authentique. Enfin, sans être rebelle, il est et il chante une liberté à la portée de tous. Les chansons de Goldman sont telles qu’on a la sensation d’avoir pu les écrire et qu’on les écoute pour les chanter. Elles sont débarrassées d’une vision sacralisée de l’auteur.

A bien y réfléchir, Jean Jacques Goldman était fait pour le streaming.

Références

L'équipe

Mathilde Serrell
Production
David Jacubowiez
Réalisation