la sortie de confinement, l'occasion de repenser le partage de la chaussée ?
la sortie de confinement, l'occasion de repenser le partage de la chaussée ?
la sortie de confinement, l'occasion de repenser le partage de la chaussée ? ©Getty - Hudzilla
la sortie de confinement, l'occasion de repenser le partage de la chaussée ? ©Getty - Hudzilla
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Résumé

Pour sortir du confinement, certaines villes envisagent d'accorder davantage de place aux vélos. L'occasion de repenser la répartition des moyens de transport ?

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Les crises favorisent l’innovation. Face à un événement inattendu, qui remet en cause sa suprématie, le génie humain est poussé dans ses retranchements, il lui faut trouver de nouveaux outils pour reconquérir sa souveraineté. Et c’est ainsi que le vélo vient (encore) d’être réinventé.

Qu’est-ce qu’un vélo ? C’est un cadre, deux roues, un pédalier, un guidon et le plus souvent une selle, reliés les uns aux autres, qui, lorsqu’on les actionne, produisent un mouvement. En temps de coronavirus, le vélo est particulièrement utile : sa particularité physique favorise la distanciation sociale, moins que la voiture, certes, mais davantage que le bus ou le métro.

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Déconfinement rime avec changement des moyens de déplacement 

La sortie prochaine et progressive du confinement va poser la question, dans les villes, des modes de déplacement, au moins les premières semaines. Pour prendre l’exemple que je connais le mieux, celui des transports en commun parisiens, il n’y aucun doute sur le fait qu’en heure de pointe, vous pourrez oublier tout ce que vous avez appris sur les gestes barrières et la distance de courtoisie sanitaire d’un mètre : inapplicables.

La voiture ? Elle protège en effet, mais pour des raisons aussi bien économiques qu’écologiques et urbanistiques, la massification de son usage pour sortir du confinement est tout simplement inenvisageable : l’espace urbain n’est plus adapté (si tant est qu’il l’a été) et avoir une auto n’est pas à la portée de tous. Quant à la pollution qu’elle génère, il suffit de voir les chiffres de l’amélioration de la qualité de l’air depuis le début du confinement pour s’en persuader (c’est surtout vrai pour le dioxyde d’azote).

Les villes commencent donc à repenser la composition de leur mix transports, en accordant davantage de place à la bicyclette, quitte à empiéter, au moins provisoirement, sur l’espace d’habitude dévolu à la voiture. Sur son compte Twitter, le journaliste Adrien Lelièvre, spécialiste des mobilités, évoque ces pistes cyclables temporaires qui ont vu le jour à Berlin, Boston, Bogotá, Vancouver…depuis le début de la crise du coronavirus.

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En France, comme le raconte un autre journaliste, Olivier Razemon, sur son blog du journal Le Monde, c’est la ville de Montpellier qui fait figure de pionnière. Lundi dernier, le maire, Philippe Saurel, a annoncé son intention de créer ‘’des aménagements provisoires pour faciliter l’accès aux hôpitaux de la ville’’, en réduisant la ‘’discontinuité cyclable’’ sur les trajets. Autrement dit, en faisant en sorte que, pour relier un point à un autre, chaque cycliste soit en mesure de n’emprunter que des voies dédiées.

Essor de l'urbanisme tactique 

Cette façon d’adapter les aménagements aux circonstances du moment porte un nom : l’urbanisme tactique. Comme son nom l’indique, c’est un urbanisme très réactif, qui consiste par exemple à poser des plots sur la chaussée pour en réserver une partie supplémentaire aux vélos, mais aussi aux piétons : simple, rapide, et pas cher. C’est qu’expliquent bien Mathieu Chassignet et Eric Vidalenc de l’Ademe, dans un article sur le site d’Alternatives économiques.

Les deux auteurs y font surtout le constat suivant : le confinement révèle la place démesurée qu’occupe encore l’automobile en milieu urbain. ‘’Le confinement met en lumière cet espace disproportionné accordé à la voiture. On a d’un côté des personnes qui ont besoin de se déplacer à pied (ne serait-ce que pour faire ses courses, prendre l’air…) et à qui on reproche de s’agglutiner sur les trottoirs et dans les parcs. De l’autre, des routes vides, qui représentent entre 50% et 80% de l’espace public en ville’’

Bien sûr, lorsque la vie reprendra son cours, les voitures vont revenir, les piétons devront regagner les trottoirs, et tout le monde ne se mettra pas au vélo à partir du 11 mai. Mais il y aura, là aussi, des leçons à tirer de ce qu’a révélé le coronavirus. L’occasion, pourquoi pas, de transformer l’urbanisme tactique, par essence provisoire, en solutions pérennes. Ce pourrait être un enjeu des municipales.

par Hervé Gardette 

6 min
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L'équipe

Hervé Gardette
Hervé Gardette
Hervé Gardette
Production
David Jacubowiez
Réalisation