Stockage ©AFP - JUSTIN SULLIVAN / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP
Stockage ©AFP - JUSTIN SULLIVAN / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP
Stockage ©AFP - JUSTIN SULLIVAN / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP
Publicité
Résumé

Aujourd’hui, la crise du Covid-19 donne naissance à une autre révolution : l’économie du partage entre les entreprises.

En savoir plus

Chaque crise digne de ce nom produit des transformations au long cours. La crise financière de 2008, par exemple, a accouché de l’économie du partage, de progénitures comme Uber, Airbnb, et BlaBlaCar pour permettre à des personnes de mettre en commun certaines de leurs ressources. En l’occurrence : l’usage de leurs voitures et de leurs logements inutilisés ou sous-utilisés. Cette économie du partage entre consommateurs a de beaux jours devant elle. De 15 milliards de dollars de chiffre d’affaires en 2013, elle pourrait passer à 335 milliards de dollars d’ici 2025.

Aujourd’hui, la crise du Covid-19 donne naissance à une autre révolution : l’économie du partage entre les entreprises. C’est ce que décrit une note importante de la fondation Terra Nova, parue cette semaine. Intitulée "La révolution du partage B2B" et signée Navi Radjou, conseiller en innovation et en leadership, coauteur du best-seller Le guide de l'innovation frugale, paru chez Diateino en 2019. Selon lui, "cette économie du partage interentreprises d’une valeur potentielle de plusieurs trillions d’euros, est déjà en train d’émerger, alimentée par la prise de conscience environnementale et sociale." Elle permet à des entreprises de partager des salariés, des brevets, leurs déchets, des ressources matérielles et même… des clients.

Publicité

Les origines de la "révolution" 

Navi Radjou, qui vient d’entrer dans le classement Thinkers50 des 50 consultants en management les plus influents dans le monde, nous explique justement les origines de cette révolution.

Alors prenons quelques exemples concrets pour donner corps et vie à cette révolution. Trois exemples mis en lumière par Navi Radjou dans son rapport. Le premier : les espaces de stockage. D’ici la fin de l’année prochaine, l’Europe aura besoin de 11,6 millions de mètres carrés supplémentaires. Eh bien la plateforme SpaceFill permet de partager l’espace de stockage dans un entrepôt pour adapter ses capacités.

Deuxième exemple : le partage de salariés. Ainsi Dans le Morbihan et en Loire-Atlantique, 360 entreprises se sont regroupées au sein de l’association Vénétis pour engager ensemble des spécialistes de marketing digital et de contrôle qualité. 

Troisième exemple : la propriété intellectuelle. Le géant des biens de consommation Unilever et le fabricant de jeans Levi Strauss ont "ouvert" certaines de leurs inventions, en les rendant accessibles à leurs concurrents. Le but affiché ? Augmenter la performance environnementale de l’ensemble de leur industrie. Navi Radjou nous explique que l’économie de partage entre entreprises, le partage B2B, a pris racine au Danemark.

Si les États-Unis ont amorcé et mène aujourd’hui la révolution de partage entre particuliers. La France et l’Europe ont, selon Navi Radjou, une carte à jouer dans le domaine du partage inter-entreprises. Mais nous devons être proactifs. Car c’est toute une culture, des habitudes, des organisations, qu’il faut changer. Les gisements et les externalités potentielles sont colossaux. Alors à nous d’accompagner le mouvement.