Parlez-vous français ? - atakan
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Résumé

Le français, langue vivante, et miroir de l’époque

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Le 17 novembre dernier, le directeur général des éditions Le Robert, Charles Bimbenet, défendait l’ajout à la version en ligne de son dictionnaire, du pronom non genré « iel ».

« Notre mission est d’observer l’évolution d’une langue française en mouvement et d’en rendre compte. Définir les mots qui disent le monde. C’est mieux le comprendre », répondait-il aux critiques du Ministre de l’Education nationale Jean-Michel Blanquer et du député de l'Indre François Jolivet. Quand l’Académie Française alerte sur le péril mortel que représente l’écriture inclusive, d’autres s’émeuvent de l’apparition d’une novlangue - au sens orwellien du terme - sur les réseaux sociaux, de l’appauvrissement du vocabulaire chez les jeunes, de l’intrusion de mots arabes… la langue française serait-elle en perdition ? Derrière la défense du français, se dessinent des combats politiques et idéologiques. Outil de définition du réel, de reconnaissance mais aussi de discrimination, notre langue - bien vivante - et l’usage que nous en faisons est un enjeu de société. Si dire « je vais au coiffeur » est grammaticalement juste, cela sera-t-il un jour socialement acceptable ?

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"Iel" a des emplois à la fois rares mais très diversifiés. On l'utilise pour désigner une personne non binaire par exemple, qui refuse de choisir entre "il" et "elle" et pour cet usage "iel" est en concurrence avec plein d'autres pronoms ("ol", "al", "ul"...) et c'est le plus fréquent (...). Il y a des gens, surtout jeunes, qui cherchent à créer un pronom qui ne soit pas genré. Après on peut utiliser effectivement "iel" dans un usage un peu moins restreint, peut-être plus appelé à se développer rapidement, lorsqu'on ne connait pas le genre de la personne et donc typiquement dans les offres d'emploi, quand on recrute (...).  Et puis on utilise "iels" au pluriel depuis un certain nombre d'années pour désigner des groupes mixtes (...).

On a cette idée en France qu'une quarantaine de personnes, les académiciens, qui se cooptent entre elles, pourraient/devraient décider de ce que toute la francophonie (tous les pays qui ont le français comme langue officielle) devrait faire. La réalité c'est qu'ils ne font rien, leur dictionnaire est très en retard (le dernier date de 1935) et n'a plus du tout vocation à servir de guide. Les dictionnaires qu'on utilise sont les dictionnaires commerciaux, essentiellement Le Larousse et Le Robert (qui sortent tous les ans)... L'Académie française est vraiment une entité qui ne travaille plus, c'est vraiment symbolique (...). La dernière grande réforme de l'orthographe c'est 1835. (...).

On va suivre les normes de son groupe et on va tout simplement, comme on le fait pour tous nos autres comportements sociaux, imiter les gens qu'on aime bien. Selon l'âge, on va imiter ses copains, copines (...). Et quand on rentre dans la vie professionnelle, c'est pareil, on va imiter les gens qu'on aime bien. Les gens à qui on veut ressembler, et donc c'est extrêmement plastique.  

Références

L'équipe

Béline Dolat
Béline Dolat
Béline Dolat
Production
Seham Boutata
Collaboration
François Caunac
Réalisation