Femme sur un tas de déchets compactés - John M Lund Photography Inc
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Résumé

Et si les bouleversements écologiques en cours altéraient notre bien-être et notre santé ?

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Le 22 avril dernier, lors de la Journée mondiale de la Terre, Wynn Bruce, un photographe américain activiste du climat, s’immolait devant la cour suprême américaine, à Washington. Interrogé plus tard, son père affirmera que son fils souffrait d’une grande anxiété liée à l’environnement.

Vulgarisée par les médias français au moment des épisodes caniculaires de l’été 2019, l’expression « éco-anxiété » apparait dans le monde de la recherche bien plus tôt, dès les années 90 aux Etats-Unis et en France. Si le suicide de Wynn Bruce illustre de manière radicale les conséquences de cet état psychologique engendré chez certains par la situation environnementale, le sujet semble émerger comme un nouvel enjeu de santé publique.

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Vraie pathologie ou crise existentielle liées aux enjeux écologiques, l’éco-anxiété et ses petits cousins : le burn out écologique, la dépression verte, l’angoisse climatique, la solastalgie…envahissent désormais l’espace médiatique à chaque canicule, inondation, incendie, pic de pollution et rapport du GIEC. Au-delà du phénomène, où en sommes-nous avec nos peurs et nos ambivalences face aux annonces d’une catastrophe écologique et humaine imminente ? Comment composer avec notre culpabilité, notre difficulté à changer de paradigme ? Comment vivre avec ce que nous savons, ce que nous observons chaque jour et ce que nous refusons parfois de voir ?

Au fil des canicules, des inondations et autres manifestations tangibles du réchauffement climatique, allons-nous tous basculer dans l’éco-anxiété ?

Alice Desbiolles est l'auteure d’un livre intitulé L’éco-anxiété, vivre sereinement dans un monde abîmé, paru chez Fayard en 2020. Alice Desbiolles a pris la parole dans les médias sur la gestion de la pandémie et la conception biomédicale du problème à laquelle elle oppose une approche plus holistique de la santé.

" L'éco-anxiété c'est la pierre angulaire, le point de confluence entre les crises systémiques et une crise un peu plus intime, puisque cette éco-anxiété traduit une forme de crise de la sensibilité mais aussi une crise de sens qui résulte finalement des désordres globaux, qu'ils soient écologiques, sociaux et maintenant sanitaires. Toutes ces crises systémiques vont entrainer un bouleversement intime. Ce bouleversement intime c'est cette fameuse éco-anxiété.

" Quand on parle d'éco-anxiété, tout de suite on pourrait penser que c'est une thématique noire, sombre qui va déprimer tout le monde. Alors que pour moi, au contraire, cette éco-anxiété, cette solastalgie, cet état d'âme, cette sensibilité au monde, cette empathie pour la fresque du vivant et pour tout ce qui nous entoure, c'est quelque chose de profondément positif, de salvateur et c'est d'ailleurs bien loin d'être une pathologie mentale, mais plutôt une forme de sagesse et de philosophie de vie. C'est en ce sens que je pense l'éco-anxiété et que j'essaie de l'appliquer finalement au quotidien et cela passe par un changement d'angle de vue qui va entrainer un changement d'angle de vie...

" L'éco-anxiété peut transpercer toutes les couches de la société.

"Souvent la parentalité ou l'aspiration à la parentalité est une mode d'entrée dans l'éco-anxiété. Tout simplement parce que lorsqu'on devient parent on a un mécanisme inné qui va être de protéger sa descendance et donc d'être beaucoup plus ouvert et attentif aux menaces potentiels. (...). Et aussi parce que notre horizon temporale s'élargit. On fait destin commun avec nos enfants.

Références

L'équipe

Béline Dolat
Production
Seham Boutata
Collaboration
François Caunac
Réalisation