Réunion de bureau sur écran vidéo - Luis Alvarez
Réunion de bureau sur écran vidéo - Luis Alvarez
Réunion de bureau sur écran vidéo - Luis Alvarez
Publicité
Résumé

Le travail, première source de stress en France et en Europe, est en crise et son cadre traditionnel a été mis à mal par la pandémie.

avec :

Julia de Funès (Docteure en philosophe et spécialiste en management et ressources humaines).

En savoir plus

Ce qui semblait être une pratique exotique il y a à peine deux ans est devenue la norme, le télétravail s’est imposé dans les entreprises françaises sommées par la pandémie de fermer leurs sites. Après dix-huit mois de « remote working », parfois subi par les salariés, les entreprises peinent à les faire revenir sur site. Entre-temps, elles ont optimisé les espaces et les coûts, prônant le « bureau nomade » pour plus de flexibilité. Malgré des espaces de travail de plus en plus modernes et agréables, il n’y a jamais eu autant de burn out, bore out, brown out… 

Le travail, première source de stress en France et en Europe, est en crise et son cadre traditionnel a été mis à mal par la pandémie. Travailler seul chez soi ou au bureau en équipe ? Adapter son logement à sa vie professionnelle, échapper à l’observation permanente du collectif dans des espaces totalement ouverts… En un confinement, la notion de lieu de travail a perdu de sa pertinence et l’entreprise peine à s’adapter à cette nouvelle équation. Le télétravail, est-il la solution révolutionnaire pour répondre à la fois au besoin de productivité de l’entreprise et au mal-être des salariés ? 

Publicité

La plupart des entreprises en France ont été darwiniennes. Elles se sont adaptées en comprenant que c'est pas la vie qu'il faut amener au bureau, mais c'est le bureau qu'il faut amener dans sa vie personnelle. Tout va vers un mouvement d'individuation, d'autonomisation où le salarié a besoin d'être le plus libre, le plus nomade possible et que l'idée de bureau où on se rassemble est en voie de disparition.

J'ai pas de modèle d'hybridation parce que le télétravail c'est la flexibilité par essence. Vouloir cadrer les choses c'est aller contre le télétravail, c'est une contradiction en soi. Je plébiscite le télétravail parce que ça me semble être une libération psychologique pour les salariés, ça me semble être un progrès sur certains points. Néanmoins il y a beaucoup d'inconvénients qui sont pour moi d'ordre politique. Je pense aux inégalités.

Le télétravail amplifie les inégalités structurelles qui sont déjà existantes. (...). Les inégalités professionnelles, scolaires, d'âge (...). Le télétravail est plus applicable pour les métiers de cadres... C'est un peu réducteur de dire que le télétravail créé des inégalités, il les amplifie mais il provient d'inégalités structurelles et sociales qui sont enkystées dans notre réalités sociale.