Santé mentale : et si la pandémie avait eu raison des idées reçues

Illustration d'une femme isolée dans une bouteille à la mer
Illustration d'une femme isolée dans une bouteille à la mer - Malte Mueller
Illustration d'une femme isolée dans une bouteille à la mer - Malte Mueller
Illustration d'une femme isolée dans une bouteille à la mer - Malte Mueller
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Depuis plus de dix ans, les professionnels tirent la sonnette d’alarme mais c’est la pandémie qui a rendu audible l’urgence sur la Santé mentale en France.

Avec
  • Marion Leboyer psychiatre, directeur des départements universitaires de psychiatrie des hôpitaux Henri Mondor à Créteil, responsable des Centres Experts Autisme sans déficit intellectuel de la fondation FondaMental.

Après le premier confinement, un quart des Français interrogés souffraient de troubles anxieux. En 2020, le nombre de tentatives de suicide chez les moins de 15 ans a doublé tandis que près de 20% des malades du Covid-19 ont eu plusieurs mois après le pic inflammatoire, des séquelles psychiques. Hors pandémie, les maladies psychiques touchent chaque année en France, une personne sur 5 soit 12 millions d’individus.

Enfin, 30% des postes de praticiens hospitaliers dans les services de psychiatrie restent vacants. `

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Ces chiffres ont l’avantage de dresser le tableau efficace d’une situation préoccupante. Depuis plus de dix ans, les professionnels tirent la sonnette d’alarme mais c’est la pandémie qui a rendu audible l’urgence sur la Santé mentale en France. D’abord parce que c’est tout le pays -et même le monde entier- qui est confronté à l’anxiété face à la mort ou aux confinements et plus uniquement des personnes considérées comme « fragiles ». Ensuite parce que l’inflammation liée au Covid-19 a des conséquences directes sur la santé mentale des malades.

Les maladies psychiques sont des maladies qu’il convient de traiter comme les autres et avec les autres. Il semblerait qu’en France, nous venions à peine d’en prendre conscience.

Ce qu'on observe dans le monde entier, ce n'est pas une spécificité française, avec des chiffres qui sont relativement voisins, c'est qu'à cause du Covid et des différentes périodes qu'on a vécu, il y a eu plusieurs types de conséquences. D'abord sur la population générale, il y a eu une augmentation extrêmement importante, pendant le premier confinement et qui s'est poursuivie, de cas de dépressions, de nouveaux cas de troubles anxieux, de phénomènes d'addictions et c'est quelque chose qu'on mesure encore à l'heure actuelle, en particulier chez les femmes, chez les jeunes (...) et puis chez les personnes en situation de précarité économique. 

Les grandes études scandinaves ont écrit et démontré depuis très longtemps que quand on est hospitalisé pour une infection grave on a une augmentation de risque de 60% de faire à la suite de cette infection une dépression. 

Il y a toute une série de conséquences auxquelles on n'a pas assez fait attention pendant le confinement qui auront des conséquences sur le long terme, parce que c'est des évènements extrêmement traumatisants et qu'on sait que les traumatismes, les stress sévères font le lit des pathologies psychiatriques parfois plusieurs années après. 

L'équipe